Burundi : les investissements épargnés par la crise politique ?

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Le président Pierre Nkurunziza est aujourd'hui dans le viseur des partis de l'opposition et des ONG locales qui l'accusent d'avoir profiter de la crise politique pour s'enrichir.
Le président Pierre Nkurunziza est aujourd'hui dans le viseur des partis de l'opposition et des ONG locales qui l'accusent d'avoir profiter de la crise politique pour s'enrichir. (Crédits : Reuters)
Les investissements affichent une courbe ascendante depuis début 2016, se félicitent les autorités burundaises. Mais cette tendance a-t-elle réellement un impact positif sur l’économie du pays de Pierre Nkurunziza plongé dans une crise politique depuis deux ans ? Eléments de réponse.

Création de centaines d'entreprises et de milliers d'emplois... Les investissements sont en hausse au Burundi depuis 2016, comme l'affirment les autorités du pays, notamment le directeur de l'Agence de promotion des investissements (API), Didace Ngendakumana.

«Depuis le début de l'année passée, nous relevons sans cesse que les résultats sur l'évolution des investissements au Burundi s'améliorent au jour le jour, car les statistiques en notre possession sont très satisfaisantes en ce qui nous concerne», s'est félicité lundi lors d'un point de presse, l'administrateur de l'établissement étatique, placé sous la tutelle directe du ministère burundais à la Présidence, chargé de la bonne gouvernance et du plan.

Une économie à genoux ?

Près de 500 entreprises enregistrées au niveau du Guichet unique de création des sociétés et l'engagement de créer plus de trois mille emplois est entre autres le résultat brandi par les autorités burundaises pour expliquer cette tendance à la hausse constatée notamment au cours du 3e trimestre 2017, sans préciser ni la provenance ni les secteurs auxquels ces investissements sont destinés.

Cependant d'autres chiffres pourraient bien noircir ce tableau. Boudé par les bailleurs de fonds internationaux qui ont suspendu leurs aides, le Burundi, plongé dans une crise politique depuis 2015, est aujourd'hui obligé de financer son budget à hauteur de 70%, au lieu de 50% depuis 10 ans.

Et ce sont les Burundais qui payent de leur poche cette facture très salée, car le gouvernement de Bujumbura, pour combler le déficit budgétaire, a mis en place une politique d'autorité conjuguée à une hausse des prix à la consommation. Le carburant, les haricots, le sucre ou encore le riz sont les principaux produits concernés. Résultat : avec une économie en chute libre, caractérisée par une décroissance de 7,4% en 2015 -selon certains analystes, les finances publiques et le secteur informel du pays le plus pauvre au monde «se portent très mal».

Pierre Nkurunziza épinglé...

La fin de cette douloureuse situation ne semble pas arriver de sitôt. Le président Pierre Nkurunziza, réélu en 2016 à la tête du pays après une troisième candidature jugée contraire à la Constitution par l'opposition et la société civile burundaise, est aujourd'hui accusé de piller les ressources de son pays. Dans un rapport intitulé The Plunder route to Panama et publié au mois d'octobre, un club de journalistes africains indique que le président burundais «aurait profité de la crise politique dans son pays pour s'enrichir de manière illicite». Des allégations fracassantes démenties par la présidence burundaise traitant les auteurs de cette enquête de «menteurs».

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