En crise avec l’UE, le Burundi se tourne vers la Turquie

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(Crédits : DR)
Le chemin de la Turquie. C’est la voie alternative que le Burundi a emprunté pour diversifier ses partenaires depuis sa brouille avec l’Union européenne qui lui a coupé les subventions pour non-respect des droits de l’Homme. Le parlement burundais vient de donner carte blanche au pouvoir de Pierre Nkurunziza d’entériner le projet d'accord de coopération commerciale et économique entre Ankara et Bujumbura.

La Turquie va-t-elle être un partenaire de substitution à l'Union européenne(UE) pour le Burundi ? Le pays de Pierre Nkurunziza vient en tout cas de faire un pas de plus vers la consolidation de ses relations avec le pays de Recep Tayyip Erdoğan.

Agriculture, éducation et investissements

Sans sourciller, les députés burundais ont adopté à l'unanimité, ce jeudi 27 juillet, un projet d'accord de coopération commerciale et économique pour « renforcer les relations amicales et d'améliorer la coopération commerciale et économique entre la Turquie et le Burundi », selon les termes d'Allain Aimé Nyamitwe, le ministre des Affaires étrangères, des relations extérieures et de la coopération internationale, grand défenseur du texte au parlement.

Ce vote vient entériner l'application de l'accord de coopération commerciale et économique signé en avril 2015 entre les deux pays, lors de la première visite d'un chef de la diplomatie burundaise à Ankara. Dans le fond, l'accord entend renforcer la coopération turco-burundaise dans les domaines agricole et culturel. Le texte va aussi introduire une facilitation pour la délivrance de visas diplomatiques et raffermir la coopération diplomatique dans les question bilatérales et multilatérales.

Dans le détail, des industriels turcs pourraient s'installer dans la Zone économique spéciale (ZES) à la frontière burundo-congolaise, des investisseurs turcs sont notamment attendus dans les domaines de l'agriculture et de l'élevage. Le Burundi qui s'engage à fermer le réseau des écoles Güllen, devrait les remplacer par des structures de la Fondation Maarif.

Un « cadeau » de Bujumbura qui a poussé la Turquie à revoir à la hausse le contingent d'étudiants burundais boursiers de l'Etat turc. Pour sceller cette nouvelle amitié, la compagnie aérienne turque Turkish Airlines devrait ajouter Bujumbura à sa carte des destinations au moment où Ankara devrait ouvrir une chancellerie à Bujumbura.

Amitié stratégique

L'amitié Bujumbura-Ankara n'est pas dénuée de calculs stratégiques. Elle permet à la Turquie, en plein déploiement de son soft-power pour séduire plusieurs pays d'Afrique, d'étendre son influence sur le Continent et d'étoffer son réseau d'alliés. Pour Bujumbura, la perspective ne manque pas de sel non plus.

Pierre Nkurunziza est en déliquescence avec l'Union européenne, son principal bailleur de fonds, et la Belgique, son ancien colonisateur. Depuis son maintien au pouvoir après épuisement de ses deux mandats constitutionnels, les deux puissances ont décidé de stopper leur aide à Bujumbura qu'ils accusent de violation des droits de l'Homme notamment une répression d'opposants avec qui Pierre Nkurunziza refuse de dialoguer, en dépit des médiations.

Il semble désormais que le Burundi asphyxié par cette coupure de l'aide européenne semble trouver dans l'accord avec la Turquie une bouée de sauvetage. Ankara a ici l'occasion de concrétiser sa promesse d'aider le pays à sortir de sa crise économique en injectant ses premiers millions d'investissement au Burundi. Une bouffée d'oxygène pour un pays presque exsangue.

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