Centrafrique : pénurie de sucre à cause de la guerre civile

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La situation de conflit armé et d’insurrection que la République centrafricaine a connue ces deux dernières décennies a eu des conséquences dramatiques sur la population, comme ici Bambari, aujourd'hui une ville sécurisée, mais dont la région avait connu d'intenses affrontements entre groupes armés rivaux.
La situation de conflit armé et d’insurrection que la République centrafricaine a connue ces deux dernières décennies a eu des conséquences dramatiques sur la population, comme ici Bambari, aujourd'hui une ville sécurisée, mais dont la région avait connu d'intenses affrontements entre groupes armés rivaux. (Crédits : MINUSCA)
La guerre civile qui fait rage en Centrafrique ne fait pas que des pertes humaines. Le conflit impacte négativement l’économie du pays, avec de graves pénuries en denrées alimentaires, notamment en sucre dans la capitale centrafricaine, Bangui.

Importé du Brésil ou du Gabon par la sucrerie centrafricaine, SUCAF, l'or blanc est «retravaillé» dans l'usine de la société nationale de Ngakobo, un village situé à l'est du pays. Le sucre est ensuite acheminé à Bangui pour emballage avant d'être écoulé sur le marché, ce qui n'est plus possible aujourd'hui.

La sucrerie est désertée par les travailleurs à cause du regain de violences déclaré dans la zone ces derniers jours. Résultat ? Le sucre n'est plus acheminé à Bangui et la denrée est devenue très rare sur le marché, notamment dans la capitale.

Les prix grimpent

 «Le sac de sucre de 50 kg qui se vendait à 30 000 Fcfa habituellement s'achète actuellement à 48 000», indique l'Agence de presse africaine APA. Or, peu de consommateurs de sucre ont les moyens de se payer un tel luxe.  Avec un revenu par habitant estimé à 581 dollars par an en 2017, selon les Nations Unies, la Centrafrique est le pays le plus pauvre au monde.

Il faut noter que ce n'est pas la première fois que la SUCAF, qui dessert presque toute la population centrafricaine, est confrontée à des difficultés d'ordre sécuritaire. En 2012, l'usine a été pillée et occupée pendant une année par les rebelles Séléka, un groupe armé à majorité musulmane. C'est seulement en 2014 que la sucrerie, dotée d'une capacité de production annuelle de 11 000 tonnes, a été remise en marche après que les rebelles aient été chassés de la zone.

Seulement aujourd'hui, malgré l'accord de paix signé à Rome le 19 juin dernier entre le gouvernement centrafricain et 13 groupes armés, c'est une nouvelle menace qui plane sur la sucrerie, notamment avec les violences au centre de la RCA. Au début du mois de juillet, des peuls et les membres de la milice «Antibalaka» se sont affrontés dans la ville de Zémio, située à 1 000 km de la capitale du pays, a constaté la force de l'ONU en Centrafrique (Minusca). Bilan : six morts et plus de 20 000 personnes déplacées, au moment où l'Assemblée nationale de la République centrafricaine s'apprête à mettre en place un comité de suivi de l'accord négocié par la communauté catholique Sant'Egidioe. Une décision qui serait vraisemblablement vaine au vu de l'ampleur de la situation dans le pays.

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