Le Mozambique cherche à reconquérir la confiance des investisseurs étrangers

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Maputo, la capitale du Mozambique.
Maputo, la capitale du Mozambique. (Crédits : Reuters)
Depuis un recul de sa croissance de plus de 50% en 2016, le Mozambique multiplie les efforts pour remonter la pente. Parmi les précieuses pistes du gouvernement, de nouveaux investissements directs étrangers (IDE) et la multiplication de partenariats entre entreprises locales et étrangères afin de booster les exportations. Ce sont là les principaux objectifs de la Foire agricole, commerciale et industrielle du Mozambique qui s’est ouverte ce lundi à Maputo.

L'événement se veut d'envergure. Et pour cause, il est ouvert solennellement ce lundi 28 août par le président de la République, Filipe Nyusi, en présence de plusieurs personnalités dont le Secrétaire d'Etat portugais aux internationalisations, Eurico Brilhante Dias. Pour sa 53e édition, la Foire agricole, commerciale et industrielle du Mozambique (FACIM) se veut unique, en ce sens que le pays mise sur l'occasion afin de jeter les bases d'une nouvelle piste vers la relance économique.

«Attentes énormes»

«Les attentes sont énormes, surtout dans un contexte de perturbation économique comme celui-ci. Explorer les partenariats pour notre secteur privé est un slogan», a déclaré à la presse locale Claire Zimba, directrice générale de l'Institut pour la promotion des petites et moyennes entreprises (Ipeme) et porte-parole du comité d'organisation.

Après plus d'une décennie de gloire, l'économie mozambicaine a subi un choc en 2016 suite au recul des cours des matières premières et surtout la perte de sa crédibilité née du scandale des dettes «cachées». Au mois d'avril dernier, la presse avait révélé une levée de fonds d'environ deux milliards d'euros contractée secrètement par le gouvernement, entre 2013 et 2014, pour financer entre autres un programme militaire secret. Résultat : les bailleurs de fonds internationaux, dont le FMI, ferment leurs vannes à Maputo, le pays se retrouve en défaut de paiement et cerise sur le gâteau, la croissance du PIB chute de 57,6% à 3,8% en 2016, contre 6,6% une année auparavant. Depuis le début de l'année en cours, le pays tente difficilement de remonter la pente et mise donc sur son secteur privé.

Echanges de bons procédés

Jusqu'au 3 septembre prochain, près de 1 900 hommes d'affaires de 29 pays vont networker avec les entrepreneurs mozambicains. Des expositions sont également organisées par des entreprises venant du Portugal, d'Allemagne, d'Italie, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de la Biélorussie, d'Angola, de Tanzanie, de Zambie et d'Afrique du Sud. Ces derniers sont d'ailleurs très impliqués et misent sur ce déplacement pour renforcer leur empreinte dans la sphère économique de leur voisin d'Afrique australe.

Dans un communiqué relayé par APO, le ministère sud-africain du Commerce et de l'industrie qui mène une délégation de 20 chefs d'entreprises assure que la mission consiste pour ces derniers à développer des marchés d'exportation pour les produits et services sud-africains et réaliser de nouveaux investissements directs étrangers au Mozambique, mais pas seulement.

«La FACIM nous permettra d'explorer les opportunités d'affaires au Mozambique afin d'élargir le marché de nos produits. Nous regardons au-delà du Mozambique, car il s'agit d'un salon international qui attire les exposants et les visiteurs de différentes régions du monde», a déclaré Irerio Bero, directeur marketing chez TruPVC Products, une entreprise de fabrication de plastique basée au Cap.

Si Maputo réussit son pari, le pays renouerait avec de meilleures performances économiques au cours des prochaines années et peut-être confirmerait les prévisions de croissance à partir de 2021, avancées par le FMI en janvier 2016, bien avant le scandale des dettes «cachées». En effet, l'Institution dirigée par Christine Lagarde disait s'attendre à une croissance annuelle de 24% entre 2021 et 2025 pour le Mozambique, grâce au gaz naturel. Pour l'instant, le pays reste encore loin d'une telle performance, mais le regain de confiance auprès de ses principaux bailleurs de fonds internationaux, l'affluence des investisseurs étrangers ainsi que le booste de la performance des entreprises locales, jumelés à d'éventuelles réformes pourraient lui être salutaires.

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Commentaires
a écrit le 29/08/2017 à 1:40 :
il est très facile de faire 6 % de croissance grâce au pétrole à 150 $ le baril, autre chose c'est de faire la m^me performance avec uniquement le secteur privé productif ,
celui-ci embourber dans la corruption, le manque d'infrastructures, les coupures électriques incessantes... ce défilé d'hommes d'affaires se tarit .
seuls quelques chinois , marocains et sud africains restent dans l'espoir d'une remontée des cours du brut et en corrolaire du gaz...

comme partout , la facilité a fini par endormir l'initiative.. le Mozambique pour s'en sortir seul sans FMI ni BAD, devra attendre l'épuisement de ses réserves.

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