SFBLSP-Burundi : une initiative pour l’autonomie financière de la femme

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Espérance Ntirampeba est la présidente de l'organisation Solidarité des Femmes pour le Bien Etre Social et le Progrès au Burundi.
Espérance Ntirampeba est la présidente de l'organisation Solidarité des Femmes pour le Bien Etre Social et le Progrès au Burundi. (Crédits : DR)
Initialement créée pour lutter contre le paludisme, le VIH et les violences faites aux femmes, SFBLSP-Burundi a, au fil des années, élargi sa mission à l’accompagnement des femmes vers une autonomie financière.

LTA : L'organisation Solidarité des femmes burundaises pour la lutte contre le sida et le paludisme (SFBLSP) a été fondée en 2004. En 2016, l'organisme est devenu Solidarité des Femmes pour le Bien Etre Social et le Progrès au Burundi. Quels sont aujourd'hui vos champs d'action ?

Espérance Ntirampeba : Notre organisation SFBSP-Burundi travaille sur la mobilisation des femmes pour les amener à une prise de conscience. L'objectif est d'aider les femmes de notre réseau à parvenir à une plus grande autonomie financière. Par ce mécanisme, Elles parviennent à subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles. SFBLSP-Burundi met particulièrement l'accent sur le renforcement de la capacité des femmes, en ce qui concerne des activités génératrices de revenus. Et nos actions auprès des femmes rurales sont principalement orientées vers une mobilisation sur des problématiques liées aux changements climatiques, pour trouver des solutions alternatives face l'impact des effets du changement climatique.

Par quels mécanismes, SFBLSP aide-t-elle ces femmes à devenir plus indépendantes financièrement ?

Nous leur octroyons des microcrédits rotatifs avec une approche de chaine de solidarité communautaire (CSC). Elles bénéficient également d'un renforcement de capacités et d'accompagnement des membres de la CSC. Nous avons aussi des formations au niveau des différents groupements de femmes et mettons en place des partenariats, des visites d'échanges pour rendre la CSC plus fonctionnelle. La CSC est considérée comme un puissant facteur de cohésion sociale, d'autopromotion et l'une des meilleures stratégies de développement rural au Burundi. Nos formations sont centrées sur le renforcement de capacité des femmes, sur le changement de paradigmes et de mentalité pour parvenir à leur autonomisation économique. L'objectif est de les rendre autonomes sur le plan financier. Mais mettons l'accent sur le renforcement de capacité des femmes sur la gestion des activités génératrices de revenus pour y parvenir.

 Comment décrirez-vous la situation de la femme au Burundi ?

La femme a toujours eu un rôle important dans la société burundaise. Elle est la pierre angulaire de la famille au Burundi. Cependant, la position sociale de la femme burundaise reste toujours inférieure à celle de l'homme malgré quelques améliorations qui s'observent actuellement. L'image que la société burundaise a à l'égard de la femme empêche à cette dernière d'évoluer rapidement vers une position sociale égale à celle de l'homme. La femme burundaise reste toujours cantonnée dans le rôle de la femme au foyer, la ménagère. Aussi en Burundi, l'agriculture occupe la plus grande partie de la population et la majorité des travailleurs agricoles sont des femmes, des jeunes déscolarisés sans autre emploi et des groupes marginalisés. Maintenant le défi est de faire de la femme Burundaise, la principale bénéficiaire de cette production agricole.

Quelles sont les améliorations notées au cours de ces dernières années sur le plan réglementaire, juridique, dans le statut de la femme burundaise ?

D'une manière générale, le 28 décembre 2017, l'Assemblée Nationale a voté une nouvelle loi portant cadre organique des associations à but non lucratif, afin de permettre un suivi régulier des activités des Asbl.  Cette nouvelle loi prévoit que le ministère ayant les Asbl dans ses attributions se réserve le droit de suivre et d'évaluer les activités de ces associations sur le  terrain, pour assurer un meilleur encadrement des Asbl. Sur le plan réglementaires, juridique, rien a changé,  le statut de la femme burundaise nécessite un renforcement et appui pour l'autonomisation économique et le développement.

Quelles sont aujourd'hui vos principales revendications ?

Nos principales revendications portent notamment sur la nécessité d'une meilleure ouverture de l'espace des droits humains. Au Burundi, l'espace politique est en train de relativement s'améliorer notamment les droits de la personne à la liberté d'association et de rassemblement non violent. Nous voudrions que le gouvernement prenne toutes les mesures permettant à chaque Burundais et chaque Burundaise d'exercer ses droits à la liberté d'expression, d'association et de rassemblement non violent. Cela devrait aider la femme burundaise d'être mieux accompagnée pour mener des activités génératrices de revenus dans la paix et la sécurité.

Propos recueillis par Maimouna Dia

Modifié le 18/02/2020

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a écrit le 19/03/2020 à 11:03 :
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