Burkina Fasso  : vaste opération contre la distribution de sachets plastiques non biodégradables

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Les sachets plastiques non biodégradables représentent un réel danger pour l'environnement et la santé publique.
Les sachets plastiques non biodégradables représentent un réel danger pour l'environnement et la santé publique. (Crédits : Reuters)
Pas moins de 104 entreprises de distribution de sachets plastiques non biodégradables ont été prises dans les filets des autorités burkinabè lors d'une vaste opération de contrôle dans deux villes du pays. Les sociétés incriminées risquent de lourdes amendes et leurs dirigeants des sanctions allant jusqu'à l'emprisonnement.

Quelque 104 entreprises de distribution de sachets non conformes à la loi au Burkina Faso iront défendre leur cause devant la justice dans les jours à venir. D'après un rapport du ministère burkinabè en charge de l'Environnement, ces sociétés ont été épinglées lors d'une vaste opération de contrôle à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, deux grandes villes du pays, alors qu'elles commercialisaient des sachets non biodégradables sur le marché local.

L'étude-contrôle qui s'est tenue du 25 au 29 septembre dernier intervient dans le cadre du projet national de traitement et de valorisation des déchets plastiques et a particulièrement consisté à contrôler toutes les entreprises qui ont obtenu l'homologation du département ministériel et à vérifier la provenance des sachets, pour celles qui s'en procurent auprès d'autres structures. Des dizaines d'entreprises actives dans plusieurs secteurs dont les pharmacies et les boulangeries ont été prises en compte dans le cadre de cette opération. Sur un total de 129 entreprises, seules 25 se sont révélées conformes à la loi.

D'après le ministre burkinabè de l'Environnement, Nestor Batio Bassiere, les agents en charge de l'opération avaient pour mission de vérifier la conformité des documents, pour les détenteurs de l'homologation, et de vérifier aussi, pour les revendeurs, que les structures productrices auprès desquelles elles s'approvisionnent, produisent réellement des sachets biodégradables.

Satisfait du résultat de l'opération, le ministre a annoncé, lors d'une conférence vendredi dernier, que des actions de contrôle et de sensibilisation vont se poursuivre à travers les 45 provinces du pays.

Pour une mise en œuvre efficace de la loi portant interdiction des sachets non biodégradables, Nestor Bassiere a rappelé les conditions inhérentes à cet objectif :  
 «Le renforcement des capacités des agents du ministère, avoir à disposition les appareils de test de biodégradabilité, et l'implication des services de douanes».

Jusqu'à 20 000 dollars d'amende et 5 ans de prison

Les 104 entreprises épinglées par l'opération du ministère de l'Environnement s'exposent à de graves sanctions prévues par la loi. D'après les autorités, ces sanctions vont de 2 000 à 20 000 dollars (1 à 10 millions de francs CFA) et d'une peine d'emprisonnement de 2 à 5 ans. 13 entreprises sur les 104 épinglées ont déjà été auditionnées et sanctionnées, et 65 autres auditions sont en cours, alors que le reste des auditions ne devrait pas tarder.

Adoptée en mai 2014, c'est en février 2015 que la loi portant interdiction de la production, l'importation, la commercialisation et la distribution des emballages et sachets plastiques non biodégradables sur son territoire est entrée en vigueur au Burkina Faso. Ce dernier avait ainsi rejoint d'autres pays africains comme la Côte d'Ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Rwanda, le Togo, le Tchad et la Tunisie dans cet effort de préservation de l'environnement et de la santé publique.

D'après les experts, les sachets plastiques non biodégradables mettent 400 ans à se dégrader pendant que les sachets biodégradables, mettent, eux, tout au plus 60 mois.

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