Congo : l'administration publique gangrenée par la corruption

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A Brazzaville, la commission congolaise de lutte contre la corruption a pointé du doigt la gestion «déplorable» du Centre hospitalier et universitaire, notamment sur la cas des fonds consacrés à l'achat des antirétroviraux.
A Brazzaville, la commission congolaise de lutte contre la corruption a pointé du doigt la gestion «déplorable» du Centre hospitalier et universitaire, notamment sur la cas des fonds consacrés à l'achat des antirétroviraux. (Crédits : Reuters)
Au Congo, la commission nationale de lutte contre la corruption, la fraude et la concussion vient de publier, la fin de la semaine dernière, son rapport sur les malversations financières dans le pays. L'institution dénonce de graves irrégularités dans la gestion financière. Des accusations qui viennent donner raison au Fonds monétaire international qui en avait déjà fait cas à l'issue d'une mission effectuée au Congo du 5 au 20 décembre 2017.

La gouvernance publique revient encore une fois au-devant de la scène au Congo. Dans un rapport sur l'état de la corruption dans le pays, la Commission nationale de lutte contre la corruption, la fraude et la concussion congolaise a pointé du doigt de graves dysfonctionnements dans la gestion des fonds publics destinés au paiement des bourses des étudiants et des pensions de retraite.

La commission a insisté également sur la gestion «déplorable» du Centre hospitalier et universitaire (CHU) de Brazzaville où elle a relevé des incohérences dans la gestion des fonds consacrés à l'achat des antirétroviraux. Dans son rapport, la Commission explique que la subvention de l'Etat n'est pas dépensée de manière équitable.

«Sur une subvention de 4,8 milliards par an, la part réservée à l'achat de médicaments représente à peine 0,4 %, soit un total 19,44 millions. Les gestionnaires du CHU n'observent pas les règles de l'orthodoxie financière. À titre d'exemple, la majorité des paiements au bénéfice des différents fournisseurs a été faite sans pièces comptables, c'est-à-dire sans pièces justificatives», a déclaré le président de la Commission, Lamyr Nguelé.

Présentant les résultats de l'enquête effectuée par la commission qu'il préside, celui-ci a confié que son équipe a passé au peigne fin les ressources publiques afin d'endiguer la corruption qui sévit dans l'administration publique depuis plusieurs années déjà.

Pour remédier aux dysfonctionnements qui sévissent au CHU de Brazzaville, la commission a suggéré au ministère congolais de la Santé d'effectuer l'audit de la dette de l'établissement et qui s'élève à plus de 8,3 milliards de francs CFA à la date du mois de mars dernier.

Concernant les boursiers congolais en France et à Cuba, la commission a sollicité les autorités de faire la lumière sur les cas des étudiants fictifs et de détournements de bourses afin d'élaborer un fichier unique entre l'Office de gestion des étudiants et stagiaires (OGES) et la paierie du Congo à Paris.

Aides contre réformes

Le rapport de la Commission nationale de lutte contre la corruption, la fraude et la concussion congolaise vient confirmer les conclusions du Fonds monétaire international (FMI) qui a déjà attiré l'attention des autorités du pays sur les dangers de ce fléau. «La faiblesse des organismes de lutte contre la corruption et des statistiques limite la mise en œuvre des lois et règlements, et augmentent les vulnérabilités économiques», peut-on lire dans la déclaration de la délégation du FMI qui a séjourné du 5 au 20 décembre 2017 à Brazzaville.

L'institution financière précise que les autorités congolaises devraient opérer des réformes immédiates en matière de gouvernance pour espérer un changement positif dans la gestion des ressources publiques. «Ces réformes devraient inclure la mise en place d'un ensemble d'organes indépendants de lutte contre la corruption, la déclaration d'actifs pour les hauts fonctionnaires, la mise en place et le renforcement de mécanismes de contrôle de certaines structures publiques, notamment les sociétés pétrolières publiques et les grands projets d'investissement», a conseillé Abdoul Aziz Wane, chef de la mission du FMI à Brazzaville.

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