Gabon : le président veut un gouvernement «restreint et plus intègre»

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(Crédits : DR)
Le président gabonais s’est adressé à la nation dans la soirée du samedi 8 juin, à l’occasion des dix ans de la disparition de l’ancien chef d’Etat, Omar Bongo Ondimba. Dans son message, Ali Bongo qui s’exprimait pour la première fois depuis presque six mois a fortement critiqué la gestion des affaires de l’Etat. Il a en ce sens appelé à la formation d’un nouveau gouvernement plus «restreint et plus intègre».

Le président Ali Bongo Ondimba a de nouveau parlé ! Le chef de l'Etat gabonais qui ne s'est pas exprimé depuis près de six mois suite à son accident vasculaire et une convalescence de plusieurs mois, s'est exprimé dans la soirée du samedi 8 mai, au cours d'un message à la nation prononcé en marge de la commémoration des dix ans de la disparition de son père, l'ancien président Omar Bongo. Dans son message diffusé sur les ondes des médias publics, le président Ali s'est d'abord revenu sur sa situation personnelle. «Comme vous le savez, je viens de traverser une période difficile de ma vie», a fait savoir le chef de l'Etat, pour qui «vaincre de telles épreuves renforce votre détermination à poursuivre vos aspirations, et à tout mettre en œuvre pour les concrétiser». Pour y parvenir, a poursuivi Ali Bongo, «des choix décisifs s'imposent, qui nécessitent d'analyser et d'évaluer non seulement le chemin parcouru, mais aussi nos modes de fonctionnement et les faiblesses de notre système».

Avec des propos que ne lui renieraient pas ses principaux détracteurs, le président Ali Bongo s'est montré très critique envers la gestion des affaires de l'Etat.

«Il est capital pour notre Nation d'en finir, une fois pour toutes, avec la corruption qui gangrène nos institutions. Il est capital d'en finir avec la mauvaise gestion, la mauvaise gouvernance, qui nous empêchent d'avancer et nous interdisent de récolter les fruits des efforts colossaux et multiformes que l'Etat a consentis », a déclaré le président Ali Bongo, dans son message à la nation.

Le chef de l'Etat a cité l'exemple des «hôpitaux de dernière génération» qui ont été construits pour permettre à la population d'avoir accès à des soins de qualité, mais qui aujourd'hui ne fonctionnent pas en raison d'une mauvaise gestion. Il a également dénoncé l'état actuel des établissements scolaires qui ont été pourtant rénovés pour offrir aux élèves un environnement sain et de qualité pour de meilleurs apprentissages. «Les exemples sont multiples. Partout c'est la même gabegie, la même négligence, le manque de civisme et de promotion du vivre ensemble», a relevé le chef de l'Etat gabonais qui a souligné qu'ils sont nombreux, «à constater et à dénoncer les dérives de notre société».

Réformes en profondeur

Sur la base du constat qu'il a lui-même dressé et qui rejoint en grande partie ceux de l'opposition et de la société civile, le président Ali qui parait plus en forme que ses précédentes sorties, a insisté sur la nécessité d'un changement. « Nous ne pouvons poursuivre sur cette voie. Nous ne pouvons continuer à bafouer impunément notre identité, nos lois, nos valeurs », a-t-il indiqué, soulignant qu'il faut des réformes en profondeur.

Parmi les réformes, le chef de l'Etat a plaidé pour l'intensification de celles amorcées en 2018 et qui concernent l'Etat et les finances publiques, ainsi que l'accélération de la réforme de l'éducation afin de favoriser une meilleure insertion professionnelle. Il a également appelé à diversifier les modèles économiques pour favoriser la création d'emplois, toujours plus nombreux et de qualité, ce qui pour lui est une absolue priorité car « le chômage, l'oisiveté, l'absence de perspectives d'avenir sont un fléau, une gangrène, un poison qui mine toute société ». Le président Ali a aussi plaidé pour conforter le modèle social gabonais, « en le rendant plus sain et plus équitable », ainsi que la modernisation de la gouvernance avec une « obligation de rendre compte ».

Changement de gouvernance

Pour le président Ali Bongo, la responsabilité de la situation actuelle du pays incombe de prime à bord à la classe politique.

« La classe politique dans son ensemble, loin d'assumer son rôle de prise en charge de l'intérêt général, s'est fourvoyée. Au Gabon, les politiciens songent d'abord à leurs intérêts égoïstes, à leurs carrières comme à leurs enrichissements personnels, avant de penser à faire le bien de la population », a critiqué le président gabonais.

Le chef de l'Etat gabonais a par conséquent estimé que « le ménage doit être fait au sein de notre classe politique au sein de laquelle le mot éthique doit résonner avec force ». Dans la même lancée, il s'est attaqué à la gouvernance qui doit, elle aussi, « être réformée, modernisée pour être adaptée aux exigences de notre époque ». En ce sens, il a annoncé avoir au Premier ministre, «de former un nouveau gouvernement plus restreint, constitué d'hommes et de femmes qui vivent la chose publique comme un sacerdoce, prêts à donner la priorité à l'intérêt général, et capables de faire preuve d'exemplarité, de probité, d'éthique».

A l'évidence donc, on s'achemine dans les prochains jours à la constitution d'une nouvelle équipe gouvernementale alors que l'actuel cabinet dirigé par Julien Nkoghe Bekale, n'est en fonction que depuis cinq mois.

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