Macron Président : florilège des réactions des chefs d’Etat africains

 |   |  798  mots
(Crédits : Reuters)
Après une fulgurante ascension, Emmanuel Macron devient le huitième président de la Ve République en battant sa rivale d’extrême-droite, Marine Le Pen. Pour les cinq prochaines années, les pays africains devront composer avec le plus jeune président élu de France. De Dakar à Djibouti, de Rabat à Libreville, les chefs d’Etat africains ont réagi par lettre ou sur les réseaux sociaux. Voici un florilège de leurs qualificatifs à l’endroit du nouveau locataire de l’Elysée.

Dans l'esprit des chefs d'Etat africains, la gêne se mêle à l'optimisme face aux résultats de la présidentielle française. La gêne viendra de l'âge d'Emmanuel Macron. A 39 ans, le nouveau locataire de l'Elysée renverra sa jeunesse dans le reflet du miroir des présidents africains. Cette image commence à faire rêver les jeunes du continent qui se voient déjà sur un fauteuil présidentiel sans devoir passer par les partis traditionnels.

Sentiments contrastés chez les chefs d'Etat africains

Ce sentiment de gêne s'accompagne d'optimisme et... d'attentes. La nomenclature de l'équipe de gouvernance d'Emmanuel Macron, sa politique à l'égard de l'Afrique, les sherpas de ses dossiers du continent dessineront le futur de la relation avec le continent. Alors forcément, à l'heure de réagir à l'entrée au palais de la Rue du Faubourg-Saint-Honoré, ces deux sentiments ont dû s'entrechoquer dans la tête des chefs d'Etat du continent.

A Dakar, Macky Sall (55 ans) a été le premier à réagir sur le continent. Il «souhaite plein succès dans ses nouvelles fonctions» au nouveau président français après lui avoir envoyé une lettre de félicitations dans laquelle il lui indique sa disposition à continuer la coopération avec la France.

En Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara (75 ans) a lancé un message de félicitations à Macron pour «sa brillante victoire à l'élection présidentielle française». Toujours en Afrique de l'Ouest, le Togolais Faure Gnassingbé (50 ans) a été plus prolixe avec ses trois tweets très remarqués pour adresser au candidat élu d'«En marche !», ses «vœux de réussite, dans cette nouvelle mission, au service d'une France forte et engagée».

C'est par la voie d'un message officiel que Mohammed VI, le Roi du Maroc, a tenu à féliciter le nouveau président. Le message royal souligne que l'élection d'Emmanuel Macron «couronne [son] parcours politique».  Et le Roi de poursuivre: «C'est aussi un hommage rendu à vos hautes qualités humaines et intellectuelles par le peuple français qui, fidèle aux nobles valeurs qui fondent l'identité de votre pays, a fait le choix du progrès, de l'ouverture et de la confiance en l'avenir».

L'absence de certains présidents, une aubaine pour leurs opposants

En Afrique anglophone, le Gambien Adama Barrow y est allé de son petit commentaire simple (en anglais), félicitant le «président élu et le peuple de France».

Par contre, en Afrique centrale, les comptes Twitter présidentiels sont restés muets. Pas un tweet du Camerounais Paul Biya, ni un gazouillis d'Ali Bongo Ondimba, encore moins du Congolais Joseph Kabila Kabange qui ont imité leur homologue de Brazzaville, Denis Sassou NGuesso. Ont-ils préféré la voie de la lettre diplomatique d'usage pour adresser leurs félicitations à leur nouveau partenaire ? Il faudra écumer les sites des présidences pour en avoir la confirmation.

En tout cas, des opposants ont profité de cette brèche pour bien se faire voir. Au Gabon, Jean Ping, qui signe comme le «président élu» du Gabon, a publié une longue lettre de félicitations non sans faire le parallèle entre la nouvelle ère de l'élection présidentielle française et son «élection» par le peuple gabonais à la présidentielle contestée du 27 août 2016.

En RDC, l'opposant en exil Moïse Katumbi a profité de l'annonce des résultats pour décocher des flèches à l'endroit de Joseph Kabila, maintenu au pouvoir en dépit de l'expiration de son second et dernier mandat. Tout en félicitant Emmanuel Macron «pour sa victoire», il ose une pique sur l'alternance politique d'une RDC aux prises avec la crise politique qui dure depuis décembre 2016. «L'alternance est en marche en France. Bel exemple de démocratie pour la RDC!», écrit l'opposant.

 Au Burundi, Pierre Nkurunziza indique avoir suivi la soirée électorale avec «grand intérêt». Il conclut son tweet par ce message : «Je félicite Emmanuel Macron pour cette victoire méritée».

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 18/05/2017 à 8:04 :
Macron préside les français, ceux-ci demanderont des comptes rapidement... Macron sait en tant que banquier combien de dettes nous doivent les africains , Sénégal en tête, combien nous coute par an maintenir les francs CFA -XOF/XAF (4milliards d'euros), combien nous coûte les opérations de maintien de la paix au sahel,Mali, Tchad, Centrafrique.... un retrait des troupes, un retour au laisser-faire et tant pis si les chinois ou marocains prennent la place, les Africains devront se débrouiller avec ces nouveaux partenaires bien moins précautionneux et insensibles aux thèses de la spoliation et la victimisation.
a écrit le 08/05/2017 à 13:45 :
Macron a été élu pour présider aux destinés des français. Point.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :