Niger : Issoufou promet de résister à la tentation du 3ème mandat

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(Crédits : Reuters)
C’est une position singulière pour un chef d’Etat. Du rwandais Paul Kagamé qui a déjà sauté le pas, au Mauritanien Ould Abdelaziz en passant par le Guinéen Alpha Condé à qui on a prêté le projet, plusieurs chefs d’Etat africains font face à la tentation de faire sauter le verrou constitutionnel du troisième mandat. Au milieu des ballons de sonde des uns et de la volonté aux autres, Mahamadou Issoufou va céder le fauteuil en 2021, à la fin de son second et dernier mandat.

La position est tranchée pour le chef de l'Etat nigérien. Élu en mars 2011 puis réélu pour un second quinquennat en 2016, Mahamadou Issoufou a clairement indiqué au détour d'une interview accordée à nos confrères du magazine Marchés financiers, son intention de céder le fauteuil au terme de son second mandat, en 2021.

 « Je suis en train d'exercer mon dernier mandat. En 2021, j'organiserai des élections transparentes et passerai le témoin à celui que les Nigériens auront choisi », a lancé le président nigérien au cours de son interview.

La raison de cette position ? « Je pense qu'il faut respecter les constitutions. Et d'ailleurs, quand je me suis présenté aux élections, j'ai fait la promesse qu'un de nos objectifs était de consolider l'ordre démocratique et les institutions démocratiques et républicaines dans le pays. Et cela ne peut se faire en détricotant les constitutions à chaque fois », a justifié Mahamadou Issoufou.

Souvent pour prolonger, certains présidents africains sont des habitués des réformes constitutionnelles pour faire sauter le verrou qui empêche de briguer un troisième mandat. Pour ne pas rendre la question récurrente, d'autres présidents ont tout simplement enlevé la limite d'âge quand ils n'ont pas tout simplement fait sauter la limitation du nombre de mandats à faire. Fait rare sur le continent, Patrice Talon du Bénin, plus radical peut-être voulait régler le problème en instaurant un mandat unique

Un souci de passer à la postérité

Sous un faisceau de spéculations et de surenchères politiciennes avec les opposants, le projet de modification de la constitution pour se maintenir au pouvoir a été prêté à Alpha Condé de la Guinée ou encore plus récemment à Mohamed Ould Abdelaziz de la Mauritanie pour un troisième mandat. En rupture, Mahamadou Issoufou vient de faire la promesse de résister à cette tentation.

Mais, le président nigérien avait-il besoin de le marteler là où la constitution de son pays limite le nombre de mandats à deux seulement ? La réponse à cette question apporte peut-être l'explication. Il faut souligner ici que l'insistance du président nigérien traduit ici un désir d'inscrire son nom dans la postérité dans un pays où les militaires se sont souvent relayés pour renverser des présidents en place.

Au Niger où les politiques vivent avec l'angoisse de voir surgir un coup d'Etat qui introduit une instabilité politique, Mahamadou Issoufou veut devenir le premier président à avoir rendu le pouvoir de façon transparente et pacifique. Et si sa motivation inspirait d'autres de ses pairs ?

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Commentaires
a écrit le 31/03/2017 à 19:57 :
Même si la Constitution du Niger limite à deux le nombre de mandats présidentiels, il n'est pas inutile de lever l'équivoque sur l'intention (réelle ou supposée) qu'on pourrait prêter au président.

D'ailleurs, plusieurs présidents ont entretenu le floue et les rumeurs en ne se prononçant. Le choix de clarifier les choses très tôt une bonne chose à mon avis.

Ça coupe l'herbe sous les pieds des opposants.

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