Gabon : les têtes continuent de tomber dans l'opération "mains propres" de Bongo

Ali Bongo Ondimba démarre fort son second mandat. Le locataire du Palais du bord de mer a engagé une vaste opération "mains propres" d'assainissement de la gestion publique baptisée "Mamba". Les arrestations se succèdent laissant planer le spectre d'un début de "chasse aux sorcières".
Ibrahima Bayo Jr.

4 mn

(Crédits : Reuters)

Les têtes continuent de tomber au Gabon dans le cadre d'un « assainissement » de la vie politique et économique. Dernier en date, Alain Paul Ndjoubi Ossam a fait les frais de l'opération « Mamba » de lutte contre la corruption et les détournements de hautes personnalités de l'Etat.

Des ministres du sérail, tombés en disgrâce et écroués

Remplacé par son adjoint depuis sa mise à pied, fin février par le premier ministre, le désormais ex-directeur général des Douanes a été écroué après son arrestation intervenue dimanche dernier. Son placement sous mandat de dépôt entre dans le cadre d'une information judiciaire ouverte par un juge d'instruction pour « détournement de deniers publics et faux en écriture » présumés, selon une information diffusée par Steeve Ndong Essame Ndong, le procureur de Libreville.

Avec sa surprenante mise aux arrêts, l'ex-directeur général de la Douane rejoint une longue liste de puissants de la République tombés dans une brutale disgrâce. Magloire Ngambia, un ancien ministre sous le premier mandat d'Ali Bongo a été arrêté, le 10 janvier dernier sous les accusations de détournements d'une somme qui s'élèverait à 500 milliards de Fcfa.

Ministre sans interruption pendant 6 ans, Magloire Ngambia avait intégré le cercle restreint d'Ali Bongo en devenant son conseiller spécial à la présidence après un passage dans une dizaine de ministère. Il est aujourd'hui détenu à la prison centrale de Libreville.

Deux jours plus tard, c'est autour d'Etienne Dieudonné Ngoubou, ministre du pétrole et des hydrocarbures sous le premier septennat d'Ali Bongo, d'être arrêté avant d'être incarcéré à la tristement célèbre prison « Sans-famille » de Libreville. L'ex-ministre de l'or noir dans cette pétro-république d'Afrique centrale est accusé de malversations et de montages financiers dans dans le cadre d'une enquête sur la gestion de l'argent public destiné aux travaux hydrauliques.

Les deux ministres du sérail Bongo rejoignent dans l'établissement pénitentiaire, Blaise Wada, coordonnateur d'un projet d'assainissement des vieux quartiers de Libreville et de Port-Gentil, accusé de détournements. Une dizaine de cadre de l'Urbanisme ont été également entendus dans le cadre de la même enquête.

La « chasse aux sorcières » a-t-elle commencé ?

Ces arrestations et gardes-à-vue ont été exécutées dans la cadre de l'opération « mains propres » dénommée « Mamba ». Lancée à la fin du premier mandat d'Ali Bongo Ondimba, cette opération vise à réprimer les détournements de biens publics et de corruption, supposément commis par des hauts cadres et personnalités politiques et acteurs économiques.

L'opération s'est plongée dans les dossiers de personnalités « aux poches longues », accusés d'avoir supposément détourné des fonds publics dans l'exercice de leur fonction passée ou actuelle. Curieusement, ce début de purge a visé en premier lieu d'anciens hommes du sérail.

Aujourd'hui, son rouleau semble vouloir emporter deux personnalités proches de l'opposition. La purge se serait-elle muée en « chasse aux sorcières » ? En tout cas, la justice gabonaise tient en ligne de mire, Franck Ping, fils de Jean Ping, candidat malheureux à la présidentielle d'août 2016. Elle a lancé un mandat d'arrêt à l'encontre du jeune homme de 46 ans.

Le fils du principal rival d'Ali Bongo est poursuivi pour « des faits de corruption active », selon le procureur de Libreville sans préciser si l'affaire avait un rapport avec l'affaire Sinohydro dans laquelle il est soupçonné d'avoir touché des rétro-commissions pour l'attribution de marchés publics à cette société chinoise.

Limogé en 2à15, Alfred Mabicka Mouyama, l'ancien directeur général de La Poste Gabon, « poursuivi pour des faits de détournement de fonds », est également sous le coup d'un mandat d'arrêt. Pour se défendre, l'homme a tenu une conférence à Paris où il s'est réfugié et publié un livre intitulé : « La Poste au Gabon : controverses et manipulations politiques ». Dans son ouvrage incendiaire, il cite le nom Emmanuel Issoze Ngondet comme le grand bénéficiaire de détournements de subventions dédiées à La Poste Gabon et qui ont conduit à ses travers financiers. L'homme cité, ministre du Budget entre 2011 et 2012, n'est autre que l'actuel Premier ministre. L'opération « Mamba » n'a pas encore fini de faire parler d'elle!

Ibrahima Bayo Jr.

4 mn

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Commentaires 2
à écrit le 09/04/2017 à 18:21
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À quand les directeur de banque surtout à la B G D

à écrit le 04/03/2017 à 13:33
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il est bien temp bravo Mr l'e president. j'espere qu'e l'és conscience ce reveil.? l'à cangrene d'u continent sont les dirigents eux memes. a qui l'e tours.?

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