Nigeria : la Banque centrale joue la prudence et maintient inchangé son taux de référence

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(Crédits : Reuters)
La sortie de récession de l’économie nigériane ne semble pas avoir totalement rassuré la Banque centrale nigériane qui a maintenu son taux d’intérêt de référence à 14%. Pour la Banque, l’économie reste menacée par des tendances inflationnistes, alors que le taux d’inflation reste loin de l’objectif à un chiffre fixé par l’exécutif.

La Banque centrale nigériane vient de déjouer tous les pronostics en maintenant son taux d'intérêt de référence à 14% et ce malgré le ralentissement des taux d'inflation. «L'objectif est d'atteindre un taux d'inflation à un chiffre, d'accélérer la croissance économique et de rétablir la confiance des investisseurs, de manière à consolider les flux de capitaux étrangers», a précisé Godwin Emefiele, gouverneur de la Banque centrale du Nigeria (CBN).

Sérieux risques d'inflation

La CBN a pour rappel maintenu son taux de référence à 14% pendant près de 2 ans. Depuis, le pays est sorti de la récession en 2017 et le taux d'inflation s'est depuis inscrit à la baisse. Une tendance qui s'explique par la reprise de la production de brut et le rebond des prix mondiaux du pétrole. Cette amélioration ne semble pas avoir rassuré la CBN dont le gouverneur estime qu'il existe encore de «sérieux risques d'inflation».

Le taux de 12,48% demeure par ailleurs loin de l'objectif à un chiffre que s'est fixé la Banque centrale. Le retard pris pour le vote du budget 2018 a également motivé la décision de garder le taux de référence inchangé. Tout le défi pour l'Exécutif réside dans le maintien de la stabilité des taux de changes. D'ailleurs, la CBN reste confiante par rapport aux mesures de consolidation de la monnaie mise en œuvre par le gouvernement, notamment les fameux guichets de change et ce malgré qu'elles soient en partie critiquées par le FMI et la Banque mondiale.

Buhari lie son destin à celui de la croissance

 A l'approche des présidentielles prévues dans neuf mois, dont la campagne sera en grande partie circonscrite au volet économique, les problèmes d'amorçage d'une réelle diversification du tissu économique ou encore les dépenses engendrées par la situation sécuritaire sont autant de risques qui guettent la croissance nigériane.

Le président Muhammadu Buhari a par ailleurs déjà annoncé que la reprise économique constituera son principal thème de campagne pour les élections à venir. L'assainissement de la gouvernance du secteur des hydrocarbures devra également faire partie des chevaux de bataille que Buhari utilisera pour briguer un second mandat.

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