Safaricom : Bob Collymore sur le départ, Nairobi milite pour qu’un Kényan lui succède

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A 60 ans, Bob Collymore quittera la direction générale de Safaricom en août prochain. Le processus de sa succession avancerait au ralenti, car le gouvernement voudrait un Kényan à ce poste.
A 60 ans, Bob Collymore quittera la direction générale de Safaricom en août prochain. Le processus de sa succession avancerait au ralenti, car le gouvernement voudrait un Kényan à ce poste. (Crédits : DR)
Bob Collymore reprenait du service en août dernier à la tête de Safaricom, après un an d’absence pour des raisons médicales. Celui qui dirige d’une main de maître depuis neuf ans le leader kényan des télécoms prépare désormais sa retraite anticipée. Le processus traînerait cependant parce que le gouvernement insiste pour qu’un Kényan lui succède. Explications.

Au Kenya, c'est l'un des sujets qui titille les milieux d'affaires ces dernières semaines. Bob Collymore s'apprête à quitter son poste de PDG de Safaricom. La chasse de têtes est lancée depuis pour dénicher son remplaçant, un processus qui serait retardé, car le gouvernement -actionnaire à hauteur de 35%- insiste pour que son successeur soit Kényan. Ce qui serait une première.

« Malgré les nombreuses spéculations autour du sujet, Safaricom n'a jamais officiellement évoqué son départ. Ce qui est certain, c'est que le contrat prolongé de M. Collymore prend fin en août prochain et il a décidé de ne pas le renouveler. En réalité, il n'y a pas que le gouvernement qui veut que ce soit un Kényan, l'avis est partagé même par une partie du secteur privé ici au Kenya », explique à La Tribune Afrique une source proche des milieux d'affaires.

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Après neuf mois d'absence pour des raisons de santé, ce n'est qu'en août dernier que Bob Collymore a repris du service à la tête de Safaricom. En effet atteint d'un cancer qu'il évoque régulièrement en public, Collymore voudrait à présent prendre sa retraite.

Une direction forte en appelle une autre plus forte

Fondée en 1997, l'entreprise a seulement connu jusqu'ici deux leaders : son fondateur, l'homme d'affaires sud-africain Mickael Joseph et Bob Collymore -né au Royaume-Uni et élevé au Guyana- qui a pris les rênes de l'entreprise en novembre 2010. Il a conduit l'explosion de M-Pesa, la fameuse application qui a révolutionné le mobile money en Afrique, inspirant de nombreuses autres innovations du genre. Durant son mandat, le cours de l'action de Safaricom à la Nairobi Stock Exchange (NSE) a grimpé de plus de 400%, influençant directement sa cote de popularité.

Pour l'exercice 2018, la firme a annoncé 63,4 milliards de shillings kényans (environ 626,1 millions de dollars) de bénéfice net, soit une hausse de 14,7%. En mars dernier, la firme s'est donnée une nouvelle dimension avec un accord stratégique noué avec le géant Alibaba. Dans le dernier classement Forbes des 500 meilleures entreprises au monde, Safaricom est la seule entreprise africaine du top 100. Des performances reconnues par le président Uhuru Kenyatta qui a récemment nommé Bob Collymore au conseil d'administration de la Vision 2020 du Kenya.

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La question de sa succession pourrait faire débat justement parce que depuis l'année 2000, le britannique Vodafone en est l'actionnaire majoritaire (40%). Mais il semble que Nairobi y soit très attaché vu ce que représente cette entreprise en termes de réussite kényane.

Quoi qu'il en soit, le défi du successeur de Bob Collymore sera de perpétuer le leadership de l'opérateur télécoms en Afrique de l'Est et porter le groupe à l'échelle panafricaine, dans un contexte où Safaricom cherche depuis peu à poser le pied ailleurs sur le Continent, notamment en Afrique de l'Ouest. Une chose est certaine, les marchés seront très attentifs au passage de témoin à la tête du géant kényan.

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Des noms circulent

A Nairobi, il se dit beaucoup de choses sur son potentiel remplaçant. Selon nos sources, circule actuellement le nom d'Isaac Awuondo, un ténor de la finance, patron de la Commercial Bank of Africa (CBA) et président du conseil d'administration de la Kenya Airports Authority (KAA), mais le suspens reste entier.

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