[Afrique-France] Des hommes de réseau (1/12) Franck Paris : l'homme du « nouveau paradigme »

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(Crédits : DR)
D'une prudence de sioux, l'homme affiche une volonté de sortir du système de «banque des faveurs» instauré par ses prédécesseurs, tout en ménageant certaines présidences dont il connaît le rôle prescripteur. Franck Paris, le très discret «Monsieur Afrique» au sein du Château de l’Élysée, premier visage de la seconde partie de notre dossier spécial Afrique-France.

« Fais confiance, mais vérifie ». C'est peu dire que le passage de Franck Paris par la DGSE, en tant que N°2 de la Direction du Renseignement, a ciselé la manière dont il se projette et conçoit son rôle de « M. Afrique » au sein du château de l'Élysée. Jusqu'à sa nomination par Emmanuel Macron pour diriger le très stratégique bureau sis au 2, rue de l'Elysée -jadis, occupé par un certain Jacques Foccart- il n'existait pour ainsi dire aucune photo du nouvel homme fort des relations entre la France et l'Afrique.

A la manœuvre lors des déplacements du « Patron » sur le Continent, et notamment lors de la sortie approximative d'Emmanuel Macron au Burkina qui avait offensé son hôte Roch Michel Kaboré, Franck Paris travaille sans relâche à faire la pédagogie de la doctrine de l'hôte de l'Elysée afin de faire avancer notamment le dossier ultra-brûlant du contrôle des flux migratoires.

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D'une prudence de sioux, l'homme affiche également une volonté de sortir du système de « banque des faveurs » instauré par ses prédécesseurs, tout en ménageant certaines présidences dont il connaît le rôle prescripteur. Une tâche pas aisée à un moment où Paris clame partout vouloir instaurer un nouveau paradigme entre la France et le Continent et où des voix fortes venant du sud, telle celle du Ghanéen Nana Akufo-Addo, viennent critiquer l'approche dominante et bousculer l'agenda macronien en Afrique.

Parcimonieux en audiences, l'homme tranche également avec la « réceptionnite » de nombre de ses prédécesseurs, qui avaient pris l'habitude de recevoir les hauts dignitaires africains lors de leurs séjours dans la capitale française. Ceci alimente les frustrations des membres des cercles de pouvoir en Afrique, friands de passages par la « case Elysée », généralement synonyme d'anecdotes et de chuchotements indiscrets à ramener au pays.

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>>> Première partie de notre dossier spécial Afrique-France : LES FAISEURS DE PONTS

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