Rwanda : après Xi Jinping, l'Indien Narendra Modi fait escale chez Kagamé

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Le Premier ministre indien, Narendra Modi, et le président rwandais, Paul Kagamé, à leur arrivée le 24 juillet 2018 dans un village à Rweru, dans le district de Bugesera au Rwanda.
Le Premier ministre indien, Narendra Modi, et le président rwandais, Paul Kagamé, à leur arrivée le 24 juillet 2018 dans un village à Rweru, dans le district de Bugesera au Rwanda. (Crédits : Reuters)
En route pour le 10e Sommet des BRICS, le Premier ministre indien a effectué une visite au Rwanda avant de se rendre en Ouganda. Comme pour le président chinois, Kigali est presque un passage obligé dans la guerre de positionnement que se livre les économies émergentes sur le continent africain.

Ballet diplomatique à Kigali ! En trois jours, la capitale rwandaise a accueilli deux chefs d'Etat parmi les cinq que compte le bloc des BRICS. En route pour Johannesburg en Afrique du Sud où se tient, du 25 au 27 juillet, le 10e Sommet des principales économies émergentes du monde, le président chinois et le Premier ministre indien ont conduit des mini-tournées africaines avec une escale chez Paul Kagamé, le chef de l'Etat rwandais et président en exercice de l'Union africaine (UA).

C'est d'abord Xi Jinping qui a foulé le sol rwandais, dimanche 22 juillet, en provenance de Dakar où il a passé deux journées. Comme au Sénégal, et par la suite en Afrique du Sud, les deux pays ont signé de nouveaux accords bilatéraux destinés à renforcer les relations économiques ainsi que les échanges bilatéraux. Le partenariat sino-rwandais s'est enrichi de 15 nouveaux accords estimés à plusieurs dizaines de millions de dollars et s'étendant à divers domaines notamment les infrastructures, les nouvelles technologies, les services financiers ou l'agro-industrie et le transport. Des accords qui vont permettre d'accroître le volume des échanges entre les deux pays qui s'est déjà élevé à quelques 157 millions de dollars en 2017. « La signature de ces accords bilatéraux témoigne de ce qui est possible entre nos deux pays. Mais aussi entre la Chine et le continent africain », s'est réjoui le chef de l'Etat rwandais à l'issue de la signature des nouveaux accords.

Kigali, passage presque obligé

Les drapeaux chinois qui flottaient dans les principales artères de la capitale rwandaise ainsi que les effigies à l'image des deux chefs d'Etat n'ont même pas fini d'être enlevés qu'atterrissait à l'aéroport de Kigali, l'avion du Premier ministre indien. A la tête d'une importante délégation d'hommes d'affaires, et lui aussi en route pour Johannesburg, Narendra Modi est arrivé lundi dans la soirée au Rwanda où il a été également reçu en grande pompe par le président Kagamé. L'occasion aussi pour les deux pays de paraphés de nouveaux accords de coopération en vue de promouvoir leurs échanges. Parmi les accords bilatéraux, des lignes de crédit pour un montant de 200 millions de dollars destinés au développement des systèmes d'irrigation et à l'extension de la zone économique spéciale de Kigali.

Le Premier ministre indien Narendra Modi a d'ailleurs profité de sa visite, pour se consacrer à une vieille tradition locale en faisant un don de 200 vaches à des familles rurales du village de Rweru, près de Kigali. Un geste qui, au delà de ses objectifs socio-économiques, témoigne de la volonté de l'Inde de faire du Rwanda et partant de l'Afrique, un partenaire de premier choix qui mérite toutes les attentions.

Le passage à quelques heures d'intervalle du président chinois et du Premier ministre indien témoigne de la montée en puissance du Rwanda comme une des cibles les plus prisées dans la guerre d'influence et de positionnement que se livrent les puissances émergentes en Afrique. Outre le leadership de son charismatique président, et la présidence actuelle de l'UA qu'assume Paul Kagamé, le petit pays d'Afrique de l'Est attire toutes les convoitises du fait du dynamisme de son économie qui affiche ces derniers temps, l'un des rythmes de croissance les plus importants du continent.

Les mini-tournées africaines effectuées par Xi Jinping et Narendra Modi illustrent par ailleurs la place de plus en plus prépondérante que prend le continent dans les échanges internationaux, un rôle de plus en plus stratégique pour l'économie mondiale et auquel les BRICS entendent bien se servir de tremplin pour défendre leurs intérêts géopolitiques et commerciaux.

Après son escale rwandaise, le Premier ministre indien s'est d'ailleurs envolé pour l'Ouganda chez Yoweri Museveni où il n'est pas arrivé les mains vides. Les deux pays ont en effet et également signé des accords de coopération dont l'ouverture en faveur de l'Ouganda, de deux lignes de crédit dont la première d'un montant de 141 millions de dollars pour renforcer le taux d'électricité du pays et la seconde d'un montant de 64 millions pour le développement de la production agricole. De la diplomatie économique qui profite au continent avec les investissements qui pleuvent et qui constituent le vrai enjeu stratégique pour l'Afrique dans le contexte mondial actuel.

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