[SERIE WEB] Les startups changeront-elles le futur de l'agrobusiness africain  ?

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(Crédits : Reuters)
Agriculture numérique, image SAT, IoT, drones, logiciels, robots, applications innovantes,.. Pendant une semaine, La Tribune Afrique braque les projecteurs sur des startups qui innovent pour faire avancer les secteurs agroalimentaire et agricole sur le continent. Découvrez dans cet épisode de notre Spécial Agrobusiness comment l'« agritech » permettra dans un avenir proche à la fois de nourrir la population mondiale et préserver les ressources vivrières et quel est le potentiel et les facteurs clés de succès des agro-startups en Afrique.

L'humanité est confrontée depuis plusieurs décennies à une situation sans précédent, où le risque de pénurie alimentaire n'est pas seulement lié aux aléas climatiques et à l'occurrence de catastrophes naturelles, mais également à la constante démographique moderne qui fera que nous serons plus de 11 milliards de Terriens à la fin du siècle, dont 4 sur 10 seront des Africains.

Un terrain fertile pour l'« agritech »

Aussi, sur cet arrière-plan omniprésent, se dessinent aujourd'hui les contours d'une nouvelle révolution, autant grisante que vitale, et ce pour l'Afrique plus que pour nul autre continent. Il s'agit en l'occurrence du mariage -programmé - entre ce qu'il y a de plus «naturel» dans l'activité économique humaine, l'agriculture, et l'expression la plus évoluée de ses capacités de création « artificielle ». En effet, l'«agritech» ou agro-technologie, est désormais identifiée comme une composante essentielle de la solution qui permettra à la fois de nourrir l'humanité entière et préserver les ressources vivrières. Evidemment, l'enjeu pour l'Afrique est encore plus marqué, vu la situation alimentaire dont continuent à souffrir actuellement ses populations et qui risque de s'exacerber avec le dérèglement climatique. Or, la voie salutaire des agro-technologies nécessite la prolifération des véhicules qui peuvent en porter les idées et les innovations : les agro-startups. Ces jeunes pousses innovantes qui s'activent sur le terrain des chaînes de valeur agricoles, se concentrant sur des problématiques précises pour la plupart, ou même repensant structurellement les modes de fonctionnement pour les plus disruptives d'entre elles.

Une action transversale sur la chaîne de valeur

Le paradoxe en Afrique, c'est que les éléments pouvant freiner le développement des jeunes pousses sont les mêmes qui constituent l'objet des innovations sur lesquelles elles sont susceptibles de se pencher, notamment dans le domaine agricole. Dans ce sens, l'on peut identifier deux catégories d'agro-stratups qui réussissent. Les premières, dominantes en nombre, identifient une problématique spécifique dans la chaîne de valeur, et tentent d'y apporter une solution innovante, en mettant à profit les nouvelles technologies. Les secondes, moins nombreuses, mais dont l'impact sur le marché est démultiplié, considèrent la chaîne de valeur de manière globale, et apportent une «révolution» systémique aux modes de fonctionnement.

De l'avis des experts, les startups qui échouent sont celles qui ne considèrent pas le terrain, ses besoins et contraintes, et qui pensent que se contenter d'une démarche du haut vers le bas, en tentant de mettre en œuvre des idées théoriques ou abstraites, même si ces dernières peuvent être brillantes.

Les connexions du futur

Quelle que soit son approche, une agro-startup s'attaque, en partie ou dans son ensemble, aux lacunes des chaînes de valeur agricoles, avec un objectif d'optimisation, au profit des deux extrémités de la chaîne : le fermier-producteur et le consommateur. En Afrique, l'agriculteur vivrier et familial représente l'écrasante majorité de la production alimentaire locale, même si les grandes exploitations et quelques grands propriétaires fonciers gagnent du terrain.

Pour atteindre le consommateur final et vivre de son travail, le fermier a besoin d'un éventail d'éléments : le financement pour assurer son activité (et son quotidien) et l'assurance pour sécuriser sa récolte et ses revenus ; les intrants biologiques (semences, plants, ...) et chimiques, ainsi que l'équipement pour lancer et entretenir sa campagne ; un savoir-faire intellectuel et technique ; et des moyens logistiques et commerciaux pour atteindre le marché et ainsi le consommateur final. Entre les deux extrémités de cette chaîne, une infinité de maillons s'entrelacent, et l'agro-startups interviennent alors sur un ou plusieurs d'entre eux.

Aujourd'hui, se sont encore les solutions les plus simples et les plus proches du terrain qui fonctionnent le mieux, et l'usage de technologies actuelles reste le plus facilement adopté par les cibles. Au Nigéria, plus de 4 millions de personnes ont bénéficié d'un programme de portefeuilles mobiles pour l'octroi de subventions à l'achat d'engrais, entraînant ainsi en seulement 2 ans, une chute de 300 à 22 dollars du coût de l'engrais pour l'agriculteur. L'agriculture numérique en Afrique est déjà en marche.

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Commentaires
a écrit le 24/11/2017 à 9:00 :
Je suis d'accord avec votre enthousiasme si c'est pour faire une agriculture de qualité non empoisonnée par le lobby de l'agro-industrie.

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