Violences xénophobes  : quand les sud-africains insultent la mémoire de Mandela  !

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Un homme brandissant ces papiers d'identité sud-africains pour éviter le lynchage de la foule, lors d'une manifestation xénophobe à Pretoria le 24 février dernier.
Un homme brandissant ces papiers d'identité sud-africains pour éviter le lynchage de la foule, lors d'une manifestation xénophobe à Pretoria le 24 février dernier. (Crédits : Reuters)
Depuis plusieurs jours, les « Townships » sud-africains sont à feu et à sang dans une poussée de fièvre xénophobe. Cette phrase qui rappelle les heures les plus sombres de l'apartheid décrit pourtant la réalité actuelle au pays de « Madiba ». Plus de vingt ans après l'adoption du drapeau arc-en-ciel, l'Afrique du Sud renoue avec les pires affres de son passé et cette fois c'est la communauté noire qui est à mettre en cause.

Depuis deux semaines, une foule en colère cible régulièrement les immigrants africains en Afrique du Sud leur reprochant de « voler le travail des locaux », d'être la principale cause de la prostitution et du trafic de drogue..., bref de tous les maux dont souffre la société. Une colère d'une violence inouïe, comme en témoignent les nombreuses vidéos devenues virales montrant des étrangers lynchés, au sens propre du terme.

La réaction des pays d'origine de ces ressortissants ne s'est pas fait attendre. Ainsi, après le Nigéria qui a protesté de manière virulente en convoquant l'ambassadeur sud-africain, c'est au tour du Congo de monter au créneau en demandant des explications sur la mise à mort d'un citoyen congolais samedi dernier au Cap. Les chancelleries des pays concernés appellent leurs concitoyens à la vigilance et exigent une réaction officielle des autorités sud-africaines.

Lire aussi : Le Nigeria met en garde l'Afrique du Sud contre les attaques visant ses ressortissants

Pourtant ces dernières sont loin de répondre favorablement à ces doléances. Pire, dans ce qui ressemble à une stratégie de l'autruche, elles préfèrent éluder la question, et ce jusqu'au plus haut sommet de l'Etat. Le Président Jacob Zuma a ainsi demandé aux médias de ne pas qualifier ces violences de xénophobes.

Un président « aux abois » et un bouc émissaire « commode »

Il faut dire que le président sud-africain est en proie à de sérieuses difficultés jusqu'au sein même de son parti l'ANC. Rattrapé par les scandales à répétition, il ne veut surtout pas s'attirer les foudres des populations en colère. Car si ces dernières expriment leur mécontentement avec autant de virulence, c'est bien parce qu'elles souffrent des effets d'une situation économique de plus en plus critique. Alors, il est de bon temps pour le Président en exercice de se défausser de ses responsabilités en accompagnant de son silence complice la désignation de ce bouc émissaire « commode » qu'est l'étranger.

Cela fait déjà quelques années que ce filon politique a d'ailleurs été investi par certains membres de la classe dirigeante sud-africaine. Le parti « South Africa First », créé en 2013 par d'anciens membres exclus de l'ANC, est l'expression politique la plus aboutie de la mise à profit de cette haine croissante de l'étranger. Ses membres font partie des leaders des manifestations xénophobes actuelles et entendent en faire une caisse de résonance pour des revendications qui veulent faire écho au glissement vers les extrêmes en cours aux Etats Unis et en Europe.

Le gouvernement avait d'ailleurs drastiquement durci sa politique d'immigration en 2014 et opère régulièrement des expulsions de migrants irréguliers de son territoire. De quoi donner du crédit aux voies les plus extrêmes et renforcer le sentiment de haine xénophobe qui s'exprime avec de plus en plus de régularité à travers ces expéditions punitives.

Campagnes de boycott des entreprises sud-africaines

Le risque est majeur pour la nation arc-en-ciel. D'abord sur le plan interne, en divisant encore plus une société qui a beaucoup de mal à refermer les plaies d'un passé pas si lointain. Ensuite sur le plan international, en accusant un déficit d'image certain auprès des pays dont sont originaires les ressortissants et où des campagnes de boycott sont lancées contre les grandes compagnies sud-africaines. Ironie de l'histoire, c'est grâce à une campagne de boycott mondiale que le régime de Pretoria avait été obligé de rompre avec l'apartheid.

Le moment est donc suffisamment grave pour que toutes les forces vives du pays soient mises devant leurs responsabilités par la communauté internationale. Si le contrôle des frontières relève de la manière la plus absolue de la souveraineté nationale, et que le combat contre la criminalité est une prérogative étatique incontestable, la dignité humaine n'est à bafouer nul part sur terre et encore moins au pays de Mandela, qui a appris au monde qu'il ne faut faire l'économie d'aucun sacrifice pour qu'elle soit dûment respectée. « Tout homme ou institution qui essaiera de me voler ma dignité perdra », disait Madiba. Cela vaut aussi et surtout pour les héritiers de la jeune nation qu'il a fondé...

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Commentaires
a écrit le 11/03/2017 à 11:29 :
Les sud-africains font campagne contre Israël en taxant ce pays d'apartheid alors que l'apartheid c'est eux qui la pratique! En Israël les arabes ont tous les droits , trop même sont soignés , logés , éduqués et ont même un arabe comme un juge à la court suprême. C'est un procureur arabe qui à envoyé un président de la république ( Kasav) en prison pour viol!!!
a écrit le 05/03/2017 à 16:27 :
Javelé les d'autre pays d'Afrique de tuer tout les sud-africain qui y regide
a écrit le 05/03/2017 à 8:55 :
On invite a partager un repas quand c'est suffisant pour au moins deux, et si on s'invite forcément pour ce repas qui ne suffit pas au propriétaire, on peut s'attendre a être invité à prendre la porte de gré ou de force
a écrit le 05/03/2017 à 8:54 :
On invite a partager un repas quand c'est suffisant pour au moins deux, et si on s'invite forcément pour ce repas qui ne suffit pas au propriétaire, on peut s'attendre a être invité à prendre la porte de gré ou de force
a écrit le 04/03/2017 à 17:53 :
Vous ète sur que ce n'est pas la lose
a écrit le 04/03/2017 à 0:39 :
Mandéla est la vraie cause de ses violences et futures que connaitra le pays dans la mesure où il a posé l'équation "colonisation =indépendance". A partir de cette équation, la minorité blanche détient tous les secteurs d'activités économiques pendant que la majorité de la population s’accroupit dans la pauvreté et le chômage. Alors bravo à Robert Mugabé qui a redistribué les terres aux autochtones pour éviter le syndrome Sud-Africain. Oui, Mandéla a sauvegardé sa dignité au détriment de celle du peuple sud-africain

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