RDC : journées ville morte, Kabila bride Internet

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(Crédits : Reuters)
Alors que l’opposition organise deux journées « ville morte » à partir d’aujourd’hui mardi pour la publication d’un calendrier électoral et le départ de Joseph Kabila, les autorités congolaises demandent aux opérateurs de téléphonie mobile de réduire au minimum l’accès à l'Internet dans le pays. Détails

C'est un message claire, condensé dans une petite lettre d'une dizaine de lignes. Facebook, Whatsapp, Twitter le réseau professionnel LinkedIn... Au total, dix-huit réseaux sociaux sont concernés par la mesure restrictive de l'Autorité de régulation des postes et télécommunications du Congo (ARPTC).

Alors que débute aujourd'hui en RDC les deux jours de manifestations de l'opposition, mardi 8 août et mercredi 9 août, le pourvoir réduit l'accès aux réseaux sociaux. Les opérateurs de téléphonie en République démocratique du Congo ont été priés par les autorités, selon un courrier parvenu à l'AFP, de baisser le débit internet sur tout le territoire national de la République démocratique du Congo.

Dans le courrier adressé lundi au directeur général d'Orange à Kinshasa, l'ARPTC s'inquiète de l'utilisation abusive des images via les réseaux sociaux. Pour parer aux éventuelles dérives sur la toile, le régulateur a demandé aux opérateurs de prendre « dès réception de la présente, les mesures techniques préventives susceptibles de réduire au strict minimum la capacité de transmission des images » via internet, jusqu'à nouvel ordre. « Vous recevrez, par la même voie, instruction de revenir à la normale dès que possible », indique l'ARPTC.

L'opposition réclame le départ de Kabila qui veut « s'éterniser » au pouvoir

La lettre adressée aux opérateurs a été rédigée à la veille des deux jours de manifestions de l'opposition qui réclame la publication d'un calendrier électoral et le départ du président Joseph Kabila dont le deuxième mandat a pris fin le 19 décembre 2016. Au pouvoir depuis 2001, Kabila a refusé de céder le pouvoir à la fin de son mandant.

Un accord prévoyait des élections d'ici à la fin de 2017 mais les autorités ont fait savoir qu'elles seront sans doute retardées en raison des violences qui sévissent dans la région du Kasaï. Un alibi selon l'opposition qui voit dans cette volte-face une volonté pour Kabila de s'éterniser au pouvoir. Du coup, pouvoir et opposition sont à couteaux tirés. La RDC s'est retrouvée dans une impasse politique.

D'ailleurs, la situation est très tendue ces derniers jours. Lundi 7 août, à la veille de la manifestation de l'opposition, des coups de feu ont été entendus près de la prison centrale et dans d'autres quartiers de la capitale du pays. Un bilan fait état de plusieurs morts. Selon les explications du porte-parole de la police nationale, douze personnes ont été tuées par des balles perdues dans une vague de violences à Kinshasa.

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