RDC : l’opportun soutien de Zuma et Dos Santos à Kabila

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Constitutionnellement, le président de la RDC, Joseph Kabila, n'est pas éligible à un troisième mandat à la tête du pays.
Constitutionnellement, le président de la RDC, Joseph Kabila, n'est pas éligible à un troisième mandat à la tête du pays. (Crédits : Présidence congolaise)
L’Angola et l’Afrique du Sud viennent d’apporter un soutien diplomatique de taille à la République démocratique du Congo (RDC). Les chefs de la diplomatie des trois pays qui viennent de tenir un sommet tripartite à Luanda ont salué l’évolution de la situation politique en RDC et surtout se sont insurgés contre les sanctions décidées par certaines puissances occidentales à l’encontre de proches de Joseph Kabila. Sur le terrain pourtant, la situation semble loin de s’apaiser, comme en témoigne l’attaque qui a visé ce vendredi le grand marché central de Kinshasa.

C'est dans les moments les plus difficiles qu'on reconnaît ses vrais amis ! Le chef d'Etat congolais Joseph Kabila, vient d'en avoir la preuve avec le soutien diplomatique que viennent de lui apporter le président angolais José Eduardo Santos et son homologue sud-africain Jacob Zuma.

A l'issue d'une session extraordinaire du Conseil des ministres du mécanisme tripartite Angola, RDC et Afrique du Sud, les chefs de la diplomatie des trois pays ont convenu, le 13 juillet à Luanda, d'une déclaration qui soutient le régime de Kabila face aux sanctions occidentales, notamment de l'Union européenne et des Etats-Unis qui ont dernièrement visé ses proches.

Le mécanisme de concertation tripartite qui a vu le jour en août 2013 a été donc activé pour l'occasion et à l'issue de sa réunion, il a salué «l'amélioration substantielle» de la situation politique et sécuritaire en RDC. Sur la base de l'analyse de la situation politique faite par le chef de la diplomatie congolaise, Léonard She Okitundu, sur l'évolution du processus électoral en RDC avec 33 millions d'enrôlés jusqu'à ce jour et les efforts du gouvernement en faveur du retour de la paix dans le Kasaï, le Conseil extraordinaire des ministres a salué «les progrès positifs enregistrés», tout en rassurant le régime de Kinshasa de son soutien.

Les deux parties se sont surtout insurgées contre ce qu'elles ont qualifié d'«ingérence extraordinaires dans les affaires d'un Etat membre de l'Union africaine» en référence aux sanctions visant une vingtaine de personnalités proches de Kabila, décidées dernièrement par l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis. Elles ont également rappelé «le principe de souveraineté des Etats membres et de non-ingérence», la déclaration a appelé les pays ou organisations responsables de ces sanctions de les retirer et d'éviter de prendre à l'avenir «pareilles mesures afin de privilégier une approche de dialogue et de respect mutuel avec la RDC».

Pour le régime de Kinshasa, il s'agit d'un soutien diplomatique de taille à l'heure où l'opposition politique compte sur ces sanctions et les pressions extérieures afin d'isoler le président Kabila et l'obliger à respecter les termes de l'accord politique de décembre dernier.

Il y a quelques jours, le chef de l'Etat congolais avait tenté d'obtenir un soutien pareil au sein de l'Union africaine lors de son dernier sommet d'Adis Abeba où il s'est rendu pour la première fois depuis des années. L'organisation continentale a certes rejeté le principe des sanctions occidentales, mais n'a pas clairement apporté son soutien à Kinshasa. Le président Joseph Kabila qui était le 25 juin dernier en visite à Pretoria, s'est donc rabattu sur ses principaux alliés dans la région.

Psychose à Kinshasa

Sur le front interne, la situation reste pourtant toujours confuse. En plus de l'incertitude qui plane sur la tenue des élections avant la fin d'année comme convenu, la situation sécuritaire reste tendue dans le Kasaï et même à Kinshasa. Le vendredi, une attaque d'individus armés, mais encore non identifiés qui se sont attaqués en plein jour au marché central de la capitale économique, s'est soldée par au moins deux morts et de nombreux blessés.

Plusieurs sources locales attribuent les faits aux éléments de la secte politico-mystique Bundu dia Kongo, auteurs déjà de l'attaque spectaculaire du 17 mai dernier à la prison de Makala, toujours à Kinshasa au cours de laquelle près de 4 000 détenus se sont enfuis, notamment le chef spirituelle de la secte.

La situation reste toujours incertaine dans le pays avec les inquiétudes que vient de soulever le président de la commission électorale sur les risques d'un prolongement de la période électorale au-delà de 2017 et donc d'un prolongement du bail de Kabila à la tête de la RDC.

Si le président Kabila semble prendre l'avantage sur le front intérieur, les menaces extérieures visant à le contraindre à quitter le pouvoir se sont multipliées ces derniers temps. Afin d'atténuer ces pressions, Joseph Kabila a fait appel au soutien de ses pairs africains en envoyant plusieurs missions sillonner l'Afrique pour plaider sa cause.

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