Afrique du Sud : vers une dépénalisation du cannabis ?

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Des manifestations brandissant des pancartes appelant à la légalisation du dagga, le 6 mai 2017 dans la ville du Cap, en Afrique du Sud.
Des manifestations brandissant des pancartes appelant à la légalisation du "dagga", le 6 mai 2017 dans la ville du Cap, en Afrique du Sud. (Crédits : Reuters)
Le débat sur la dépénalisation du cannabis est relancé en Afrique du Sud. Comme chaque année, des milliers de personnes ont battu le pavé pour faire légaliser le chanvre indien. Mais cette fois-ci, la justice est de leur côté et cela pourrait accélérer les choses.

C'est dans le verdict déjà contesté par le gouvernement de la Haute cour de la province du Cap occidental que les organisateurs de la marche ont pioché leurs arguments. Fin mars, ce tribunal avait estimé dans sa décision que l'arrestation d'une personne pour consommation ou même auto-culture à son domicile constituait une violation de la liberté individuelle. Cette décision unique dans la jurisprudence du pays avait ensuite répandu ses effluves dans tout le pays, si bien que ce samedi 6 avril, des milliers de personnes sont descendus dans les rues de Cap pour lancer le débat sur la dépénalisation du cannabis.

Cette manifestation de grande envergure n'est pourtant pas la première du genre. Chaque année en Afrique du Sud, des marches sont organisées et des pétitions lancées pour pousser dans le sens de la légalisation du cannabis. Les voix des manifestants se joignent désormais à celle du défunt député d'opposition du Inkatha Freedom Party (IFP), Mario Oriani-Ambrosini, emporté par un cancer du poumon et qui avait porté, à bout de bras, un projet de légalisation du cannabis à usage industriel et médical.

Cependant, le combat pour une dépénalisation du cannabis à usage médical, industriel ou encore récréatif est loin d'être gagné. La décision de la Haute cour doit encore être validée par la Cour constitutionnelle sud-africaine. Dans le reste de la procédure, même si la Cour constitutionnelle donne son aval, il faut encore un délai de deux ans pendant lequel le parlement devrait légiférer pour faire amender toutes les lois qui seraient contraires à la légalisation.

Une possibilité que le gouvernement sud-africain n'envisage pas encore, puisqu'il s'est opposé à la décision brandie comme argument par les pro-dépénalisation. Pour prolonger le feuilleton judiciaire, l'Etat pourrait utiliser toutes les voies de recours afin de faire annuler cette décision du tribunal du Cap.

Timide législation en Afrique

Connu dans le pays sous le nom de «dagga», le cannabis est étudié en Afrique du Sud par plusieurs instituts gouvernementaux et des ONG pour tenter de mesurer les effets de cette «drogue douce». Le Parlement avait même donner son feu vert pour une législation destinée à encadrer la culture de la «dagga», dont l'huile, très populaire dans le pays, est utilisée en thérapie.

Et pourtant, les zones dites de «Ceinture de dagga» comme les provinces de KwaZulu-Natal et du Cap oriental subissent régulièrement la répression de la police antidrogue. A l'approche des périodes de récolte du cannabis, des hélicoptères de la police déversent des herbicides destinés à éliminer les plants de cannabis. Une technique de lutte antidrogue dénoncée par les organisations animales et de protection de l'environnement.

Sur le continent, le cannabis n'a pas tellement la cote. Plusieurs pays ont lancé de timides expériences à l'instar de la Zambie, qui envisage d'octroyer des licences de culture du cannabis à usage thérapeutique, et le Malawi qui se penche actuellement sur l'usage industriel de l'herbe. On est encore loin de voir émerger «l'Uruguay de l'Afrique», un pays qui a voté la dépénalisation du cannabis. En attendant, le débat légalisation ou pas enfume l'espace public africain sans plus.

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Commentaires
a écrit le 07/05/2017 à 22:32 :
OK pour ne pas punir, mais ok pour une large information du public sur les faits suivants :
« Dans les sixties (les années 1960 à 1970), le taux de THC avoisinait les 1 % mais le plus souvent 02, 03%.
Actuellement, on a couramment dans la rue des taux allant jusqu’à 20-25%
voire 30-35 dans certaines villes. La plus forte connue aujourd’hui est de 51,2% !
Bref cela représente près de 100 fois la concentration en THC des années 60.
Mais on aujourd’hui des « extraits » comme l’huile (60% environ),
le BHO 70 %, les Shatters (Wax) 80-90 %) et enfin récemment les « Dragon
Balls » qui titrent 99% de THC !!! Résultat : les lobes préfrontaux
du cerveau sont abîmés dès la première consommation, et il n’est pas prouvé qu’ils puissent redevenir normaux. Cela entraine donc des crises mentales qui vont devenir psychotiques, c’est-à-dire que la personne va ressentir des compulsions à détruire des choses, des gens, ou à se détruire elle-même »

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