Congo : déçu par le pétrole, le gouvernement joue la carte du tourisme

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La ministre du Tourisme congolaise, Arlette Soudan-Nonault, se donne comme objectif de hisser la contribution au PIB du secteur.
La ministre du Tourisme congolaise, Arlette Soudan-Nonault, se donne comme objectif de hisser la contribution au PIB du secteur. (Crédits : DR)
Alors que l’économie congolaise pourrait connaitre une deuxième année successive de récession selon les prévisions de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), le pays tente de multiplier les pistes de sortie. En première ligne, le tourisme. Brazzaville prépare activement ses premières assises touristiques qui se tiendront les 17 et 18 juillet prochains avec, entre autres, la présence attendue du secrétaire général de l’Organisation mondiale du tourisme (OIT), le Jordanien Taleb Rifai.

« Je veux [...] rendre crédible la destination Congo. J'y travaille chaque jour », déclarait la ministre du Tourisme du Congo, Arlette Soudan-Nonault en juillet 2016, soit deux mois après nomination. Aujourd'hui, un an plus tard, la ministre prépare activement les premières assises du Tourisme qui auront lieu des 17 et 18 juillet prochains à Brazzaville, avec la présence attendue du secrétaire général de l'Organisation mondiale du tourisme (OIT), le Jordanien Taleb Rifai. Objectif : démontrer le potentiel de la destination Congo et attirer des investisseurs nationaux et étrangers.

Pour une contribution de 10% dans le PIB d'ici 2021

Soudan-Nonault et son équipe ont mis sur pied un plan directeur prévoyant de nouveaux investissements, tout en s'appuyant sur les acquis du pays à savoir les trois grands parcs nationaux abritant des espèces protégées, ainsi que les réserves de gorilles comme celle de Lésio Louna, au nord de Brazzaville. C'est l'une des réserves de gorilles les plus importantes du pays et le deuxième fleuve le plus puissant au monde (des chutes ou encore des grottes).

A en croire la ministre par ailleurs, le Congo qui dispose d'un « parc hôtelier de 5000 hôtels » n'a pas à craindre pour son offre en la matière. Depuis l'année dernière également son département prépare la mise en place d'un guichet unique des systèmes du tourisme, de l'hôtellerie et des loisirs. Et tout cela rentre dans son plan directeur qui vise à porter à 10% la contribution du tourisme dans le PIB d'ici 2021, contre 3% actuellement.

« Sur les cinq ans qui suivent il nous faut, tel que nous l'avons chiffré, plus de 17,6 milliards de Fcfa [soit près de 448 000 dollars, ndlr]. Tout est chiffré parce que chaque projet répond à un coût », a déclaré la ministre ce week-end devant la presse, rapporte RFI.

Retrouver la route de l'équilibre

Longtemps resté mineur dans les objectifs globaux de développement du pays, le tourisme se profile désormais comme une composante clé de la stratégie de diversification économique du Congo. Et pour cause, l'économie nationale pourrait de nouveau être en récession en 2017 et ce, pour la deuxième année consécutive. En effet, l'activité pétrolière qui, jusque-là, représente 60% du PIB tourne à un extrême ralenti depuis l'importante dégringolade du cours du baril de pétrole, grevant tous les indicateurs macro-économiques. Résultat : l'économie congolaise en 2016 a affiché -2,8% de croissance.

La Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC) prévoit une légère amélioration cette année, mais cela ne devrait pas permettre au pays de Denis Sassou Nguesso de sortir de la récession. En effet, selon l'institution sous-régionale, la croissance du PIB au Congo serait de -1,9% en 2017. Pour Brazzaville, il y a urgence, une urgence déjà déclarée lors du sommet de crise des Etats membres de la Communauté économique et monétaire des Etats de l'Afrique centrale (CEMAC) qui s'est tenu à Yaoundé en décembre dernier. C'est d'ailleurs ce qui explique la mise du Congo sous-programme du FMI.

Depuis quelques années, la diversification économique au Congo fait ainsi l'objet de nombreuses recommandations. Jusque-là, très peu d'action concrètes ont vu le jour. L'orientation du  département du tourisme pourrait faire des émules d'autres départements et secteurs. En attendant, la piste touristique sera désormais suivie de près.

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