RDC  : sur fond de chute du franc, les hôpitaux publics assurent le service minimum

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(Crédits : Ambassade RDC/ Bruxelles)
Les médecins congolais ont poursuivi lundi une grève avec service minimum, entamée vendredi dans les hôpitaux publics de la capitale Kinshasa, pour interpeller les autorités sur la baisse de leur pouvoir d'achat sur fond de chute du franc congolais. En cause, une monnaie nationale qui a perdu plus de 50% de sa valeur depuis l'année dernière.

Au pays de Joseph Kabila, les crises se multiplient, mais ne se ressemblent pas. Cette fois-ci, ce sont les médecins qui ont décidé de battre le pavé pour alerter le gouvernement sur leur situation socio-économique devenue plus que précaire.

Le franc recule de 55% de sa valeur

En effet, depuis vendredi dernier, les médecins congolais observent un mouvement de grève pour attirer l'attention de l'Exécutif sur les néfastes conséquences de la chute la monnaie nationale sur leur pouvoir d'achat. «Les médecins ont perdu plus de la moitié de leur pouvoir d'achat», confie Dr Mankoy Badjoky, président du Syndicat national des médecins (SYNAMED). «Cette grève vise à mettre le gouvernement devant ses responsabilités face au pouvoir d'achat des médecins», poursuit-il en expliquant la raison derrière cette décision. Ce début de semaine encore, le corps médical maintenait sa décision de grève, tout en assurant le service minimum dans les hôpitaux publics de la capitale congolaise, Kinshasa.

Depuis le début de la crise des prix sur le marché international, la monnaie congolaise comme beaucoup d'autres sur le Continent, continuait sa chute. La valeur du franc congolais a reculé de plus de 55% par rapport au dollar depuis la fin de 2016. Cette chute a vite impacté le taux d'inflation, avec des conséquences directes sur le pouvoir d'achat des populations qui arrivent à peine à assurer le quotidien face à la montée vertigineuse des prix des denrées sur le marché local.

Des pourparlers avec l'espoir de trouver une issue à cet imbroglio

Face à l'urgence de la situation, et par peur des conséquences que la grève pourrait générer, le gouvernement a vite pris la décision d'entamer le dialogue avec les grévistes.

«Nous sommes en concertation avec le gouvernement. Nous maintenons le service minimum dans les hôpitaux publics en attendant l'aboutissement des négociations», a déclaré le Dr Mankoy Badjoky.

Toutefois, les médecins restent confiants quant aux propositions que devrait mettre le gouvernement sur la table des négociations. D'ailleurs, L'Exécutif aurait mesuré pleinement les conséquences de la grève sur une population majoritairement pauvre, notamment dans la grande capitale Kinshasa (10 millions d'habitants).

Des indicateurs économiques et politiques dans le rouge

La situation économique de la RDC est au plus bas depuis que le président Joseph Kabila a refusé de quitter le pouvoir, le 20 décembre 2016, date de la fin son mandat. Alors qu'il ne peut plus se représenter, Kabila est aujourd'hui dans un bras de fer avec la communauté internationale, amenant par la même occasion plusieurs institutions financières internationales à s'éloigner du pays. Le gouvernement congolais s'est même adressé à un fonds d'investissement russe afin de tenter une levée de fonds pour sauver le peu qui reste d'une  économie aujourd'hui totalement ravagée.

Un scénario qui n'est pas près d'aboutir, tant que la crise politique perdure. D'ailleurs pas plus loin que ce 22 juillet, la mise en place d'une instance de sortie de crise (Conseil national de suivi de l'accord du 31 décembre 2016), installée par les autorités, a vite été rejetée par les principaux mouvements d'opposition. Une décision qui n'augure rien de bon dans un pays qui risque de se retrouver, économiquement surtout, livré à lui-même.

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