RDC : 33 millions d’inscrits pour des élections improbables d’ici fin 2017

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Le second mandat du président Joseph Kabila est arrivé à terme au mois de décembre 2016, comme le stipule la Constitution du pays.
Le second mandat du président Joseph Kabila est arrivé à terme au mois de décembre 2016, comme le stipule la Constitution du pays. (Crédits : Reuters)
Vers un report des élections de fin d’année en RDC ? La perspective qui se dessine semble aller dans le sens d’une réponse positive à cette question, pourtant cruciale, pour la première transition démocratique pacifique dans le pays. Dernier indice en date, cette brouille entre les autorités congolaises et l’Organisation internationale de la francophonie. Les premiers ont démenti le contenu d'un rapport présenté par cette dernière, indiquant qu’en dépit de couacs recensés, les élections pourraient être tenues fin 2017. Un voile d’incertitudes vient encore s’abattre sur la tenue du scrutin dans les délais.

Les Congolais l'appellent le «glissement», cette propension de Joseph Kabila à rester maître du temps et du calendrier électoral. Même après l'expiration de son bail constitutionnel prolongé à la faveur de l'accord de la Saint-Sylvestre, le chef de l'Etat congolais pourrait bien rester au pouvoir au moins jusqu'en 2018.

Impossible de tenir les élections d'ici la fin de l'année

La tenue du scrutin pour choisir à ce dernier un successeur sur le fauteuil du Palais de la Nation semble compromise. «Les paramètres en notre présence nous donnent plus ou moins des raisons de penser qu'en décembre, il ne sera probablement pas possible de tenir [les élections générales, NDLR] cette date», fait savoir, vendredi 7 juillet, Corneille Nangaa, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), en visite à Paris à nos confrères de TV5.

Les raisons pour Corneille Nangaa tiennent à des difficultés d'organisation et des retards accumulés. Dans ce pays de 80 millions d'habitants, si 33 millions d'électeurs, soit 78% du corps électoral, sont inscrits sur les listes électorales, une partie des électeurs n'a pas été enrôlée, notamment dans les régions de Kamiji, de Luilu, le Lomami et dans le Kasaï (central et oriental).,

Dans cette dernière région qui représenterait «10% du corps électoral», les opérations d'inscription ont accusé du retard en raison de la situation sécuritaire. Malgré une accalmie observée depuis quelques semaines, la situation dans ces zones est très délicate. Accusées de faire un usage excessif de la force sur fond d'exactions, les Forces armées de RDC (FARDC) tentent d'y mater les milices Kamwina Nsapu.

Parmi les écueils à l'organisation des élections générales (locales, législatives et présidentielle) avant la fin de l'année, l'absence d'un calendrier électoral clair en raison de la non désignation du président du Conseil national de suivi de l'accord (CNSA), chargé de la supervision du processus électoral, comme fixé par l'accord de la Saint-Sylvestre. A couteaux tirés, le pouvoir et l'opposition n'arrivent pas à s'entendre sur le mode de désignation d'une personnalité pour tenir ce rôle.

L'OIF pas convaincue

Malgré tous ces obstacles, l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui a envoyé une mission d'experts en RDC à la demande de la CENI, estime que les élections peuvent se tenir d'ici la fin de l'année comme initialement prévu, si la Commission fait davantage d'efforts pour accélérer le processus d'enrôlement.

Pour l'organisation présidée par Michaëlle Jean, il faut aussi combler ce vide législatif concernant les règles de répartition des sièges qui doivent être bien définies, sans oublier la mise en place d'un système de détection des doublons et défaillances qui pourraient entacher la transparence du scrutin.

Il ne reste plus qu'à convaincre les autorités congolaises que les élections peuvent se tenir dans les délais. Mais les prétextes semblent déjà pleuvoir avec ces difficultés économiques qui ont motivé l'introduction par Kinshasa d'une demande d'aide auprès des Occidentaux.

Un prétexte de plus pour Joseph Kabila de ne pas organiser les élections, selon sa promesse, lors de son discours à la Nation en avril dernier. Aucunement pressé, le chef de l'Etat s'apprête à acter son «glissement».

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