Huile d’olive : la Tunisie veut retrouver ses performances d’antan

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(Crédits : DR)
Après avoir mis en avant son expertise en matière d’huile d’argan à Londres en mars dernier au Salon international de l’agro-alimentaire et des boissons, la Tunisie prépare minutieusement son salon international de l’huile d’olive qui se tiendra à Sousse dans une semaine. Au moment où ce pays d’Afrique du nord référence mondiale historique de l’huile perd de la vitesse en matière production, Tunis tente de tout mettre en œuvre pour redresser la barre.

Les premiers chiffres de la saison viennent de tomber. Et ils sont encourageants, mais loin d'être suffisants. De novembre 2016 (date du lancement de la saison) à fin mars 2017, la Tunisie a exporté 50 000 tonnes d'huile d'olive pour un retour pécuniaire de 500 millions de dinars, a déclaré le PDG de l'Office national de l'huile, Chokri Bayoudh. Une performance en deçà des 70 000 tonnes et 700 millions de dinars ciblés.

Pour ce qui est de la production, l'Office a confirmé l'importante baisse de la production envisagée depuis début janvier dernier. L'institution s'attend à seulement 100 000 tonnes d'huile d'olive produites pour la saison 2016/2017, soit 55% en moins que la moyenne annuelle nationale (180 000 tonnes) enregistrée au cours de la dernière décennie. D'après les autorités, cela s'expliquerait essentiellement par la sécheresse qui a prévalu en début de saison. Et sans les terres irriguées, la situation aurait pu être encore plus catastrophique.

« 80% de la production nationale de l'huile d'olive provient essentiellement, du secteur irrigué, qui a sauvé cette campagne », expliquait M. Bayoudh, dans un entretien accordé à l'agence de presse tunisienne.

« Après la pluie vient le beau temps »

« Après la pluie vient le beau temps », dit-on. Ainsi pour la prochaine saison, le patron de l'Office national de l'huile s'est montré très optimiste, estimant, lors de son passage sur une station radio tunisienne, que la saison 2017-2018 serait exceptionnelle, en termes de production et d'exportation. Il voit même déjà la Tunisie en train de réduire la marge considérable prise par ses plus grands concurrents sur les marchés internationaux, à savoir l'Italie et l'Espagne.

La Tunisie maintient sa position de premier exportateur d'huile d'olive à travers le monde avec comme premier marché l'Union européenne, suivie des Etats-Unis. Mais le pays est, depuis, sérieusement challengé par l'Italie et l'Espagne. Sur le plan de production, ce pays d'Afrique du nord emboite le pas au royaume ibérique et se positionne n°2. Cependant, Tunis a bien conscience que sans un boost conséquent de ses activités en interne d'abord, il risque de perdre son positionnement de référence dans un contexte où tous les pays du monde entier ne lésinent plus sur les efforts qui puisse les positionner dans un domaine quelconque.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle l'huile d'olive était le produit phare de la Tunisie au Salon international de l'agroalimentaire et des boissons à Londres en mars dernier. Un événement où les opérateurs tunisiens s'étaient également donné pour mission de toute mettre en œuvre pour attirer davantage la clientèle anglaise. Pour l'instant, difficile de savoir si la démarche a porté les fruits escomptés. Toutefois, une autre occasion s'offre à la Tunisie, cette fois à domicile au Salon international de l'huile d'olive qui aura lieu du 20 au 23 avril prochain à Sousse. Les organisateurs y attendent 120 exposants venant d'Europe et du Moyen Orient notamment.

Des investissements en vue

Il y a environ six ans, l'une des plus grandes préoccupations de Tunis était de relever son positionnement sur le marché de l'huile d'olive conditionné. Le pays gagne peu à peu la bataille, mais les proportions restent encore minimes. Au cours de la période 2011-2016, les exportations d'huile d'olive conditionnée ont grimpé à 20 000 tonnes, contre 7 000 tonnes sur la période 2006-2011. Et selon l'ONH, l'objectif est de passer à 40 000 tonnes d'exportation d'huile d'olive conditionnée sur la prochaine période (2016-2020).

Une réalisation qui passera par l'investissement. Dans ce sens, les autorités de tutelle ont déjà sollicité un prêt de 240 millions de dinars auprès de la Banque mondiale pour le soutien des projets privés dans la plantation des oliviers, le développement ou renforcement des ressources forestières, ainsi qu'au soutien des citoyens désireux de réaliser ou développer des infrastructures dans ce secteur. L'institution de Bretton Woods étant prête à débloquer les fonds, l'option doit être validée la semaine prochaine par les députés de l'assemblée des représentants du peuple (ARP), rapporte la presse locale.

Parallèlement, les opérateurs tunisiens multiplient les efforts pour se frayer des brèches sur de nouveaux marchés. Après la Grande Bretagne, toujours au mois de mars, ils ont lancé une offensive sur le Japon. Une délégation venue tout droit de Tokyo a fait le déplacement pour tâter le terrain et affiner des projets d'investissement notamment dans les activités de valorisation, d'emballage et d'export de l'huile d'olive tunisienne vers le Japon. Autant de pistes que Tunis entend explorer pour retrouver ses performances d'antan.

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Commentaires
a écrit le 17/04/2017 à 18:56 :
La vraie huile d'Argan est au Maroc !! Chez les Berberes du Souss (Sud du Maroc). Sa fabrication est une tradition ancestrale.
Rendons a Cesar ce qu'il lui appartient. C'est vrai que les voisins du Maroc ont tendance a tout copier des Marocains.
a écrit le 17/04/2017 à 14:09 :
Bonjour,

à ma connaissance il n y a pas d'arganier en Tunisie, cet arbre ne pousse qu'à la région de souss au Maroc.

je pense qu'il faut vérifier vos sources.

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