Sénégal  : 2.000 km de lignes moyenne-tension pour brancher les campagnes

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(Crédits : Reuters)
Les autorités sénégalaises viennent de lancer 2.000 kilomètres de réseau moyenne tension. Destinée à atteindre 2.800 localités dont 1.800 villages à électrifier en cette année 2017, cette opération entre dans le cadre du Programme d'urgence d'électrification rurale et est évalué à près de 110 milliards de francs FCA.

Les efforts pour une électrification rurale complète au Sénégal se poursuivent. A la faveur d'une tournée économique dans le nord du pays, les autorités sénégalaises viennent de procéder au lancement d'un réseau moyenne-tension de 2.000 kilomètres qui devra servir à atteindre 2.800 localités dont 1.800 villages du pays. Le réseau contribuera à électrifier ces zones dans le cadre du programme d'urgence d'électrification rurale.

Il s'agit de l'une des « des composantes de notre Programme d'urgence d'électrification rurale qui doit nous projeter sur l'objectif stratégique de 60%, à la fin 2017, du taux d'accès à l'électrification rurale au Sénégal », a expliqué le président sénégalais Macky Sall.

Un gros investissement en l'avenir. Selon le président, ce projet d'un coût global de 110 milliards de francs CFA compte pour l'électrification rurale qui est d'une importance capitale pour l'émergence du Sénégal. Actuellement seuls 33% de Sénégalais sur plus de 10 millions d'habitant ont accès à l'électricité, avec un taux disparate de 57% en milieu urbain pour 10% en milieu rural. Dans son plan Sénégal émergent (PSE), le gouvernement avait identifié l'énergie comme une priorité constituant le socle même de l'émergence du pays. Ce lancement du réseau électrique de 2.000 kilomètres de moyenne-tension permettra donc de tenter de relever le plus vite possible le défi de développement du Sénégal à travers celui de la nécessité de l'accroissement important du taux d'électrification dans les zones rurales et périurbaines.

Cependant, toujours dans le secteur de l'électricité, dans un contexte de montée constante de la demande en électricité en milieu urbain, le pays doit faire face au défi de la mobilisation des investissements indispensables pour l'ambition du pays, contenu dans le PSE. Ce dernier point inquiète les institutions internationales, surtout quand on ne sait pas comment le Sénégal va mobiliser les 110 milliards de francs CFA.

Le FMI inquiet

Dans le cadre de l'électricité, talon d'Achille des gouvernements sénégalais et chapitre important dans le PSE, ces derniers temps le Sénégal a contracté beaucoup de dettes. Récemment, c'est la Banque européenne d'investissement (BEI) qui lui accordait une aide de 49 milliards de Fcfa pour la modernisation de son réseau de transport et de distribution de l'électricité. La Chine, l'Inde, la Banque africaine du développement (BAD), la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), la Banque islamique... ont déjà été sollicitées. Pour le FMI, le risque est gros.

« On observe un recours accru à d'autres bailleurs de fonds (la Chine et l'Inde) et à des sources plus coûteuses d'emprunts extérieurs pour financer les projets d'investissement dans le cadre du PSE. Compte tenu de cette évolution, les autorités devront veiller à ce que la stratégie de gestion de la dette prenne en compte les trois principaux risques qui pèsent sur la viabilité de la dette, à savoir la composition des financements, les opérations du Trésor et les engagements conditionnels », a recommandé le Fmi.

Selon l'institution, le service de la dette, sur l'ensemble de la dette publique, devrait atteindre 25,4 % des recettes publiques en 2016 et plus de 35 % en 2017 et 2018, principalement du fait des nouveaux emprunts intérieurs relativement coûteux contractés en 2016.

Annoncé pour faire partie des pays champions de la croissance économique du continent noir entre 2016 et 2018, avec un chiffre de 6,7% à 6,9%, le Sénégal n'a pas droit à l'erreur s'il veut garder son niveau. Autant l'électrification contribue à l'émergence du pays, autant une mauvaise gestion de la dette pourrait plomber cette émergence.

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a écrit le 09/03/2017 à 20:17 :
Programme extrêmement ambitieux pour un pays ne disposant pas, du moins jusqu'à maintenant de ressources énergétiques avérées, dans son sous-sol. Pour un pays dont les délestages étaient il y a peu très emblématiques, l'affichage de telles ambitioms est à saluer. Le pétrole et le gaz viennent à peine d'être mis au jour et ne rapporteront de revenus, que je saches, pas avant 2020. C'est tout de même un gigantesque effort à saluer qui, s'il s'accomplit, couronnera une ambition de visionnaire. Il est à souhaiter que cette ambition ne verse pas dans la démesure et ne compromette pas la marche en avant de ce pays, notamment au regard de son ratio d'endettement. j’espère que les dirigeants sénégalais en fixant leurs objectifs et leurs choix, l'ont fait en toute lucidité dans le but d'assurer un développement ultérieur suffisamment maitrisé et ascendant. Ceci étant et comparativement à un pays producteur de pétrole comme la République du Congo mon pays, la réussite de cette performance en si peu de temps par le Sénégal, établira encore une fois aux yeux de l'opinion africaine l'incurie des gouver nants actuels du Congo empêtrés dans un endettement abyssal où chaque nouveau né vient au monde (dans le noir le plus total) avec une dette d'environ 3.500 $US. Bravo le Sénégal et HONTE au Congo !

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