L'esprit de solidarité, ingrédient manquant aux politiques de soutien à l'international  ? [Tribune]

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*Par Jean-Michel Huet, associé BearingPoint avec Ludivine Le Marc et Eléonore Miedan-Gros, consultantes BearingPoint.
*Par Jean-Michel Huet, associé BearingPoint avec Ludivine Le Marc et Eléonore Miedan-Gros, consultantes BearingPoint. (Crédits : DR.)
Pour transformer le «french bashing» en «french fab», le gouvernement français s'est employé depuis 2013 à fédérer les entreprises nationales sous la bannière tricolore en déployant plusieurs initiatives censées redorer la marque France sur les marchés étrangers. Pourtant, malgré les politiques de sensibilisation et les organismes d'accompagnement dédiés, les entreprises françaises sont toujours frileuses à l'idée de se lancer à l'international. Si plusieurs groupes français pèsent déjà sur les marchés étrangers, les PME et ETI ne parviennent pas à s'y imposer. Quelle est la différence entre les messages publics et la réalité perçue par les entreprises ? De quoi ont-elles réellement besoin pour avancer en confiance à l'international ?

A l'international, les entreprises françaises ont besoin de sécurité et de réglementation.

Dans un contexte international tendu, marqué par des crises politiques complexes et par la menace terroriste, les sociétés qui travaillent à l'international font face à de multiples risques sécuritaires. Inattendus, parfois violents lorsque surviennent des évènements politiques, des émeutes ou même des conditions de guerre, il est donc primordial pour l'Etat français d'y apporter une réponse rapide et efficace.

Toutefois, la sécurité joue à parts égales avec les mesures réglementaires et financières dans le sentiment de confiance des entreprises. Compte tenu des incertitudes portant sur les normes de consommation et de production, la France a posé des principes clairs : les accords commerciaux soutiennent la création d'emplois et le niveau d'activité, tout en intégrant pleinement les normes sociales et environnementales.

Le temps de la «diplomatie des petits fours» est-il vraiment révolu ?

Certaines entreprises indiquent que les mesures diplomatiques, politiques et culturelles ont également un fort impact dans l'accompagnement à leur développement. En effet, depuis 2012, la France a fait de la diplomatie économique sa stratégie de long terme. Efficaces et reconnues, nos ambassades ont par exemple contribué à la conclusion de 225 contrats de plus de 10 millions d'euros en cinq ans. La culture française, très appréciée dans le monde entier, facilite la prise de contact et permet de communiquer de manière non risquée et non menaçante. Lorsque les intérêts s'opposent, les contacts culturels forment un coussin d'intérêts communs et de bonne volonté qui permet aux pays de trouver un terrain d'entente.

Le tiercé gagnant des organismes d'accompagnement des entreprises françaises à l'international

Des institutions solides aux organismes déployés sur le terrain, les entreprises valorisent l'accompagnement de BPI France (38% des répondants), de Business France (36%) et du MEDEF international -ex aequo avec les cabinets de conseil (26%) selon l'Observatoire du développement international BearingPoint- HEC. Ce n'est pas surprenant puisqu'ils proposent des accompagnements très structurés qui, tout en répondant à des besoins différents, s'avèrent complémentaires. Les associations d'entreprises avec des focalisations géographiques sont également des acteurs importants, celle qui obtient le meilleur résultat étant le CIAN cité par 10% du panel alors qu'elle ne couvre qu'un continent, l'Afrique.

Volontaires internationaux en entreprises et entreprises françaises : du win win !

Enfin, l'initiative qui impacte le plus positivement le développement international des entreprises est de loin le VIE (volontariat international en entreprise). Contrat permettant aux entreprises de confier à des jeunes une mission professionnelle à l'étranger, c'est une formule très attractive pour les entreprises puisqu'elle allège considérablement les démarches administratives, mais également pour les jeunes diplômés en leur offrant une expérience à l'international dans d'excellentes conditions.

Les conseillers du commerce extérieur sont également très plébiscités. Réseau constitué de 4 000 personnes du monde de l'entreprise, aussi bien en France que dans 149 pays, ils proposent de conseiller bénévolement des entrepreneurs, notamment des PME, afin d'œuvrer à la promotion du commerce extérieur.

Quel est l'ingrédient manquant pour que la recette soit parfaite ?

Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin : les entreprises françaises ont besoin d'étoffer les réseaux et la solidarité tricolore sur les marchés extérieurs. Des PME aux grands groupes, il est recommandé de se serrer les coudes et s'entraider davantage en partageant par exemple leurs réseaux commerciaux ou d'experts, leurs moyens et leurs expériences. Ces solutions permettent non seulement d'accroître mutuellement les réseaux des entreprises, mais surtout de faciliter les rencontres et les partenariats entre PME/ETI et les grandes entreprises, déjà implantées sur les marchés étrangers et qui pourraient être intéressées par les offres souvent innovantes et disruptives de ces petites structures.

A la conquête des marchés étrangers, on ne saurait que trop conseiller de chasser en meute sous la bannière tricolore !

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*Par Jean-Michel Huet, associé BearingPoint avec Ludivine Le Marc et Eléonore Miedan-Gros, consultantes BearingPoint

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