Ghana : le taux de chômage explose à 12%

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(Crédits : Reuters)
Le chômage au Ghana touche un million et demi de personnes âgées de plus de 15 ans, soit un taux national de 11,9%. Selon le rapport du Ghana Statistical Service (GSS), près d’un million et demi de chômeurs ont été recensés d’après les résultats d’une étude démographique réalisée en 2015 mais qui n’a été publié que cette semaine. Des données loin d’être obsolètes surtout qu’elles mettent en lumière, l’ampleur prise par le phénomène surtout chez les jeunes.

Le Ghana Statistical Service (GSS), le service national en charge de la production des données statistiques officielles, a rendu public en fin de cette semaine les résultats de l'étude qu'il a réalisée en 2015 sur la population active du pays. Il s'agit de la première étude du genre menée dans le pays et qui a fait ressortir que près d'un million et demi de ghanéens de plus de 15 ans sont au chômage soit près de 12% de la population active du pays. Selon les mêmes données, 14 millions de ghanéens sont employés et 3 millions n'ont pas pu être identifiés et ne sont donc pas pris en compte.

Dans les détails, il ressort également que ce sont les femmes qui sont les plus affectées par le manque d'emploi puisque dans le pays, plus de 700 000 femmes, soit 12,5% alors que le nombre de chômeurs de sexe masculin s'élève à 500 000, soit 11,5%. Pourtant, selon l'étude, les femmes constituent la plus importante frange de la population ghanéenne qui est de  27.669.000 d'habitants dont 47,7% d'hommes et 52,3% de femmes.

D'après les explications fournies par Owusu Kagya du Service statistique du Ghana et qui a présenté le rapport, près d'une personne sur six des 733.522 chômeurs recensés se trouvaient dans les zones urbaines. Le rapport relève également que le taux de chômage était relativement plus élevé chez les personnes ayant fait des études que chez les personnes n'ayant pas suivi d'études.

Emploi vulnérable et informel

La majorité des personnes actives recensées occupent un emploi vulnérable alors que près de cinq millions disposant d'un emploi sont des travailleurs autonomes. « Plus de la moitié des femmes soit 64,8% qui travaillent actuellement sont des travailleurs indépendants dont le nombre est relativement faible en tant qu'employés rémunérés », a détaillé Owusu Kagya.

Autre fait majeur relevé par l'étude, le marché du travail ghanéen est par une prédominance du secteur privé informel, « contrairement à ce qui a été observé dans le passé où l'agriculture et les activités connexes étaient le principal employeur de la population active ».

Ils sont, en effet, 4,2 millions de personnes, soit plus de la moitié des personnes employées à l'heure actuelle qui travaillaient dans le secteur informel privé alors que «les entreprises agricoles n'ont engagé que 2,1 millions de personnes».

Un taux assez alarmant

Cette étude sur la population active  est  la première enquête autonome au Ghana sur  le taux de chômage et la situation du marché du travail. Elle a relevé que le chômage était en hausse dans le pays, ce qui n'est pas une surprise puisqu'il a été même érigé en priorité par les nouvelles autorités du pays.

Cependant, il met en évidence l'ampleur prise par le phénomène qui affecte particulièrement les jeunes puisque les 12% actuels correspondent au double du chiffre enregistré sur la période  2012/2013 où le taux de chômage n'était officiellement que de 5,8%. Il est vrai qu'à l'époque, l'économie ghanéenne surfait sur un taux de croissance à deux chiffres et surtout le service en charge des statistiques a fait évoluer depuis, ses critères de définitions du travail et du chômage.

Dans un cas comme dans l'autre, l'étude apporte un nouvel éclairage sur l'évolution du marché du travail et devrait permettre au gouvernement de mettre en place les politiques adaptées en matière d'emploi.

Des statistiques actualisées pour des réponses adaptées

C'est du reste ce qu'a reconnu le ministre de l'Emploi et du travail qui assistait, jeudi dernier, à la présentation officielle du rapport et qui a insisté sur la nécessité d'une enquête annuelle sur la population active pour traiter avec précision les questions de chômage dans le pays. Selon l'agence officielle Ghana News, Ignatius Baffour Awuah, a promis que  le gouvernement va faciliter ce travail, en augmentant notamment le financement au budget du GSS mais aussi en mettant à sa disposition les moyens logistiques nécessaires.

C'est la seule solution selon le ministre ghanéen, qui va permettre à son département de s'appuyer sur les résultats des différents rapports en matière d'emploi, pour mettre au point des plans, des programmes et des politiques ciblés en matière d'emploi et de travail, lesquels refléteraient la véritable situation de l'emploi aux niveaux national, régional et des districts.

« La valeur des résultats des études comme celle-ci est telle que si ils ne sont pas livrés à temps, ils ne nous seront d'aucune utilité car l'étude peut ne pas être pertinente pour la prise en compte des réponses à apporter à certaines questions au moment de sa publication », a estimé à juste titre, le ministre Ignatius Baffour Awuah qui a de ce fait encouragé les experts à poursuivre leurs efforts de recherche mais surtout à faire en sorte que les résultats soient publiés à temps afin d'adapter les solutions des services publics aux réalités du terrain.

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