Afrique de l’Est : des infrastructures transfrontalières pour consolider l’intégration

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(Crédits : DR)
Les chefs d’Etat de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est (EAC) se sont engagés à promouvoir davantage leur intégration à travers le développement des infrastructures structurantes. La décision a été prise à l’issue de leur 19e sommet qui s’est achevé ce weekend à Kampala en Ouganda, et qui a été consacré justement aux voies et moyens de trouver les financements nécessaires pour accompagner la dynamique d’intégration économique qu’ils ont enclenché depuis des années et qui fait de la sous-région, la plus intégrée du continent. Plusieurs projets phares ont déjà été identifiés et devront nécessiter une enveloppe de près de 78 milliards FCFA.

La Communauté des Etats de l'Afrique de l'Est (EAC) met le cap sur le développement des infrastructures transfrontalières et structurantes afin de promouvoir davantage l'intégration sous-régionale. A l'issue du 19e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'organisation qui vient de se tenir à Kampala en Ouganda, les pays membres de l'organisation ont décidé de rehausser leurs dotations budgétaires afin de financer le développement des infrastructures à l'intérieur de leurs frontières nationales mais aussi des projets transfrontaliers.

Le sommet qui a été placé sous le thème de l'approfondissement et de l'élargissement de l'intégration par le développement des infrastructures et de la santé dans les Etats de l'EAC a pris fin avec une position conjointe des leaders de l'organisation sur « la mobilisation politique en faveur des projets phares régionaux, des engagements de financement et des accords de Partenariat public et privé ». Il s'agit selon le secrétariat général de l'EAC, de « pouvoir accélérer la réalisation des objectifs de développement de la stratégie de développement de l'organisation régionale ».

Selon l'organisation, l'intégration de la région ne sera possible qu'avec le développement d'une infrastructure partagée et d'un engagement politique des dirigeants. Lors du sommet, le président du Kenya Uhuru Kenyatta a par exemple plaidé pour un renforcement de l'intégration régionale afin qu'elle puisse devenir une plus grande économie attrayante et compétitive, ce qui constitue un préalable pour rivaliser avec les autres géants économiques.

« Si nous voulons rivaliser avec les géants économiques du monde, nous devons être des géants nous-mêmes ».  Uhuru Kenyatta.

 Le Président Kenyatta et le président ougandais Yoweri Museveni se sont d'ailleurs retrouvé dans la ville de Busia pour l'opérationalisation d'un poste frontière unique destiné à faciliter la circulation des marchandises et des personnes entre les deux pays. L'installation de ce poste frontalier unique, un geste symbolique, fait partie des mesures prises par le Président Kenyatta et ses homologues des autres pays de l'EAC pour promouvoir le marché-unique et consolider davantage le libre-échange. Des installations similaires seront mises en place à tous les points de passage aux frontières de la région.

Une stratégie d'intégration à 78 milliards de dollars

Selon les explications de Monica Azuba Ntege, ministre ougandaise des Travaux publics et des transports, et présidente du Conseil sectoriel de l'EAC pour les transports, les projets de développement des infrastructures en cours devaient relier les États partenaires et créer un marché commun solide dans la région avec en ligne de mire, l'instauration effective de la grande zone de libre-échange. Actuellement, la communauté cherche 78 milliards de dollars pour financer des projets phares sur les infrastructures.

Lors de la table-ronde sur les infrastructures en marge de la retraite conjointe des chefs d'État des CEA sur les infrastructures et le financement de la santé à Kampala, la ministre Ntege a déclaré que le développement d'infrastructures et de systèmes énergétiques efficaces, interconnectés et modernes impacte positivement le commerce, la circulation des personnes, l'industrialisation, les chaînes de valeur, l'emploi ainsi que les investissements qui prépareraient les économies régionales au décollage socio-économique. Elle a révélé que lors des trois retraites précédentes qui ont été axées sur le développement et le financement des infrastructures, les chefs d'État avaient priorisé la mise en œuvre de 72 projets, répartis en 286 sous-projets sur une période de 10 ans et qui devraient se terminer en 2025. « Les projets couvrent les routes, les chemins de fer, les ports maritimes, les voies navigables intérieures, la production et le transport d'énergie électrique et les infrastructures pétrolières et gazières » a déclaré la ministre dont le pays assure actuellement la présidence de l'organisation.

Le secrétaire général adjoint de l'EAC pour la planification et les infrastructures, Steven Mlote, a déclaré que le développement des infrastructures constitue le moteur du développement socio-économique de la région et devrait donc continuer de bénéficier du soutien politique au plus haut niveau des chefs d'État de l'organisation. «Par conséquent, cette table ronde donne aux États de l'EAC, l'occasion de présenter aux partenaires de développement et investisseurs potentiels, les opportunités d'investissement majeures dans les infrastructures ferroviaires, portuaires, routières, fluviales, énergétiques et civiles» a-t-il expliqué. Parmi les projets infrastructurels majeurs, le chemin de fer à voie standard (SGR) qui passera par le Kenya, l'Ouganda et le Rwanda et qui nécessitera un financement de 25,7 milliards de dollars et l'oléoduc Hoima-Tanga en Afrique de l'Est qui reliera l'Ouganda et la Tanzanie.

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