Présidentielle 2020 : Guillaume Soro, en pole position pour un destin présidentiel

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(Crédits : Reuters)
A l’image de Laurent Gbagbo et de Pascal Affi N’Guessan, certains sont encore suspendus aux horloges judiciaires ou partisanes. D'autres, comme Alassane Ouattara ou Henri Konan Bédié, tergiversent. Lui a fini par mettre les formes sur ce que l’on subodorait déjà. A 47 ans, Guillaume Soro a officialisé le week-end dernier sa candidature à la présidentielle d’octobre 2020. Parmi les premiers à lever les doutes, l’ancien président de l’Assemblée nationale se place en pole position de la course à la succession du président sortant.

Depuis qu'il est redescendu du perchoir de l'Assemblée nationale, tous les pas de Guillaume Soro étaient en fait un galop d'entraînement dans son intention de participer à la course pour la présidentielle 2020 : ses études doctorales en finances à Harvard, son roadshow à l'intérieur du pays. Et tout comme sa tournée diplomatique, et dernièrement ses « crush-party », ces rallyes à l'international (Europe, Etats-Unis) pour communier avec ses sympathisants devaient servir à lui tailler un costume de présidentiable qu'il a enfin décidé d'endosser ce samedi 12 octobre à Valence en Espagne.

Choisi par des partis pro-Soro

« Il y a des partis politiques qui sont pro-Soro, qui m'ont déjà choisi pour être leur candidat. Donc, je serais candidat », a lancé Guillaume Soro au milieu des hourras et des applaudissements. Peu avant son départ de la présidence de l'Assemblée nationale, plusieurs mouvements « soroistes », ensuite transformés en partis, avaient essaimé en Côte d'Ivoire pour réclamer la candidature de l'ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo, puis d'Alassane Ouattara. Mais l'ancien leader rebelle avait joué la carte du silence. Jusqu'à cette rencontre avec ses soutiens de la diaspora ivoirienne vivant en Espagne.

Curieusement, l'annonce de Guillaume Soro a peu surpris. Après avoir établi le contact avec le camp de Laurent Gbagbo, Affoussiata Bamba Lamine en avait balisé le terrain. Le bras droit de l'ex-président de l'Assemblée nationale avait multiplié les déclarations incendiaires contre la Commission électorale indépendante (CEI) et dénoncé des risques de fraudes qui pourraient réunir tous les ingrédients d'une crise post-électorale. Si l'on écume les derniers tweets de Guillaume Soro, les signes transparaissaient d'une candidature du président du Comité politique, son mouvement politique. Pouvait-il en être autrement pour celui qui s'est assis sur presque tous les fauteuils confortables du pouvoir ?

Après avoir contribué à l'arrivée au pouvoir d'Alassane Ouattara, Guillaume Soro s'est brouillé des années plus tard avec son mentor lors de la mise en place du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie (RHDP), cette vaste coalition que le président sortant a fini par mettre en place au détriment de ses alliances politiques. Aujourd'hui, le député de Fersékédougou se dit persécuté par le pouvoir en place qui tente de l'humilier. En témoigne, selon son entourage, le pilonnage de sa tentative de prise de la présidence de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, mais aussi des crocs-en-jambe pour le renouvellement de son passeport ou des tentatives de blocage de ses visas.

Tout sauf RHDP, le calcul de Guillaume Soro

Ils en veulent aussi pour preuve l'éloignement de cadres qui lui sont fidèles. Il y a aussi cette étrange tentative d'arrestation en Espagne à quelques heures avant sa rencontre avec la diaspora ivoirienne. Guillaume Soro explique qu'en début de semaine dernière, des policiers présumés d'Interpol se sont présentés à son hôtel aux fins de procéder à son arrestation avant d'être renvoyés. Au-delà du buzz, l'officialisation de la candidature de l'ex-président de l'Assemblée nationale est un coup d'éclat politique signé « Bogota », l'autre surnom de Guillaume Soro.

Maintenant que sa candidature est publique, il peut user de l'imparable argument selon lequel les contrariétés du pouvoir à son égard sont des attaques ad hominemdestinées à barrer la route au destin présidentiel qu'il s'est tracé. Au-delà de la victimisation supposée, la candidature de Soro est une confirmation de son divorce avec Alassane Ouattara après sa démission de la présidence de l'Assemblée nationale qui en avait donné un aperçu. Le dessein pourrait aussi être plus inavoué. Ancien seigneur de guerre, un des acteurs majeurs de la crise postélectorale de 2010, ses différentes responsabilités gouvernementales ou politiques l'ont toujours préservé de citations pour s'expliquer dans ses responsabilités supposées lors de ses événements. Il n'est pas exclu donc que cette candidature soit un moyen de se négocier une porte de sortie honorable.

Au milieu des tergiversations des uns ou des écueils qui bloquent les candidatures des autres, sa candidature lui permet de lancer une campagne avant l'heure, se plaçant en pole position dans la course à la succession d'Alassane Ouattara. Le calcul de Guillaume Soro est simple. « [...] si je gagne au premier tour, honnêtement, je serais content. Mais s'il y a un deuxième tour, celui d'entre nous qui aura le plus de points, il aura le soutien des autres ». Une posture semblable à un « tout sauf RHDP au pouvoir en 2020 ».

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Commentaires
a écrit le 25/10/2019 à 7:52 :
Je veux juste etre menbre actor des soroiste du Benin pour elections 2020

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