Présidentielle au Cameroun : la liste des candidats raccourcie à neuf

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L'élection présidentielle au Cameroun a été fixée au 7 octobre 2018.
L'élection présidentielle au Cameroun a été fixée au 7 octobre 2018. (Crédits : Reuters)
Après l’étape du dépôt, l’Elecam, la commission électorale camerounaise, s’était lancée dans l’analyse de conformité des candidatures. Ce mardi 7 août, elle raccourcit une liste préliminaire de vingt-huit candidats à neuf. Sauf si le Conseil constitutionnel ne valide d’autres candidatures rejetées, Paul Biya, le président sortant, devra affronter huit prétendants à sa succession lors de la présidentielle du 7 octobre 2018. Détails.

Ils ne seront plus vingt-huit, mais neuf candidats à la présidentielle du 7 octobre 2018. La liste préliminaire que l'Elecam, la commission électorale, avait publiée, il y a un peu plus de deux semaines, s'est raccourcie à neuf candidatures validées.

Aucune femme, un duel 100% masculin

Même si le Conseil électoral ne s'est pas entiché de détails sur les motifs des rejets de certaines candidatures, il a transmis à chaque candidat ajourné une lettre explicative. Une copie de cette lettre a également été transmise au Conseil constitutionnel pour l'en informer. Sur la liste semi-définitive publiée par le Conseil, Fon aura tout de même fait deux constats.

La présidentielle du 7 octobre 2018 au Cameroun sera un duel 100% masculin. Les candidatures de Habiba Issa et de Geneviève Zeh Amvene n'ont pas été retenues. On ne pourra donc pas savoir si elles seront plus chanceuses qu'Edith Kah Walla et Esther Dang, malheureuses 6e et 11e lors de la présidentielle de 2011. D'un autre côté, les neuf candidatures retenues se classent aisément entre la vieille garde politique (opposition et majorité comprises) et la relève.

Dans la catégorie de la vieille garde, il y a d'abord ceux qui ont roulé leur bosse en politique depuis des décennies. A 85 ans, aux manettes du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), le président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis 36 ans, veut son septième septennat.

Vers une candidature unique de l'opposition contre Biya?

Un fauteuil dont Garga Aman Adji, de l'Alliance pour la démocratie et le développement (ADD), et l'écrivain Adamou Ndam Njoy, de l'Union démocratique du Cameroun (UDC), veulent s'emparer. Il y a aussi les «vieux» qui tentent leur chance pour la première fois. A 64 ans , Maurice Kamto du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) et, à 65 ans, Akere Muna du Front populaire pour le développement (FPD), tous deux juristes sont dans la course.

Du côté de la relève, Joshua Osih, 49 ans, mettra dans la balance sa carrière dans les affaires pour porter les couleurs du Front social démocratique (SDF), le premier parti de l'opposition. Il ne sera pas seul à incarner ceux qui se «rêvent en Macron du Cameroun». Du haut de ses 38 ans, le journaliste Cabral Libii, avec son parti Univers, ou encore Serge Espoir Matomba (38 ans), du Peuple uni pour la rénovation sociale (PURS) se découvrent un sentier vers le Palais d'Etoudi.

Il faudra plus que de la jeunesse pour battre Paul Biya par les urnes qu'il a domptées six fois depuis ces trois décennies de règne, souvent face à une opposition désunie. Pour pallier cette critique, des manœuvres ont été entreprises pour une candidature unique de l'opposition. Le même scénario avait conduit à la spectaculaire défaite de Yahya Jammeh en Gambie. Même si les deux pays sont différents dans leur configuration, il ne faut pas exclure qu'un vent de changement se déplace d'Afrique de l'Ouest pour venir souffler au cœur de l'Afrique centrale.

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