Covid-19 : la Chambre africaine de l’énergie lance un appel pour appuyer les entreprises pétrolières

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(Crédits : DR.)
Avec un baril du pétrole sous la barre des 30 dollars, les acteurs de l’industrie pétrolière et gazière en Afrique sonnent l’alerte. A l’image des autres domaines fortement impactés par la pandémie de coronavirus, ils exhortent les Etats africains à soutenir le secteur via des annulations ou des reports d’impôts.

Les États africains devraient immédiatement aider les sociétés d'exploration pétrolière et de services locaux, avertit la chambre africaine de l'énergie, qui anticipe sur les difficultés d'un secteur fortement touché par la baisse des prix du pétrole. Depuis le début de la pandémie Covid-19, les cours du pétrole brut s'effondrent progressivement passant en une semaine de 62 dollars le baril à 57 dollars, pour atteindre 53 dollars le 2 mars, avant de descendre sous la barre des 30 dollars le 18 mars.

« La récession dans le secteur pétrolier s'observerait dans l'hypothèse d'une entrée dans un marché baissier avec un taux d'au moins 20 % du prix par rapport à un sommet récent », a prévu l'expert dans le secteur pétrolier Mahaman Laouan Gaya dans une tribune à LTA.

Un seuil largement franchi. À l'heure actuelle, l'Afrique devrait perdre plus de 110 milliards de dollars en taxes, exportations de pétrole, emplois et contrats avec des entreprises locales au cours des trois prochains mois, selon l'estimation de la chambre africaine de l'énergie. Et, les entreprises prennent déjà un coup dans leurs programmes d'exploration et doivent trouver des moyens de lever des capitaux pour réussir à forer des puits. L'institution lance un appel aux Etats africains pour trouver le moyen d'alléger les charges des opérateurs pétroliers et des sociétés de services locaux, face aux effets du coronavirus sur le prix du baril avec la baisse drastique de la demande mondiale. Parmi les solutions proposées, l'annulation ou des reports immédiats des paiements d'impôts pour une période pouvant aller jusqu'à trois mois aux sociétés de services appartenant à des Africains, aux sociétés d'exploration et de production locales et à toutes les sociétés internationales et locales travaillant sur des programmes d'exploration.

« C'est une période difficile pour le pétrole et le gaz africains. Si les prix du pétrole ne connaissent pas de hausse prochainement, il est probable que beaucoup d'emplois soient perdus dans de nombreux pays producteurs de pétrole et que les pays qui préparent leur entrée sur le marché dans les prochaines années soient aussi touchés », a déclaré NJ Ayuk, Président de la Chambre africaine de l'énergie et PDG du groupe Centurion Law.

Il a également précisé que des retards ou des annulations sont à attendre dans les décisions finales d'investissement et dans de nombreux projets gaziers. Ce qui aura un impact négatif sur de nombreuses entreprises et communautés africaines qui considèrent l'industrie comme source de développement de la classe moyenne. La mise la place de ces facilités pour les entreprises du secteur devrait permettre aux employeurs de payer les salaires, d'améliorer leur liquidité et de réduire certaines des pertes de revenus tout en minimisant les pertes d'emplois.

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 Les acteurs africains étaient déjà pénalisés par les faibles bénéfices et l'accès difficile aux capitaux pour les projets pétroliers et gaziers. Si la guerre des prix continue, de nombreux producteurs de champs marginaux cesseront probablement leurs activités, les programmes d'exploration seront interrompus, les cycles d'octroi de licences échoueront et les majors devront prendre les décisions difficiles de réduction des opérations, prédit le communiqué de la chambre africaine de l'énergie.

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