Avec l’acquisition de 50% de Mantis, AccorHotels prend une nouvelle dimension en Afrique du Sud

 |   |  1140  mots
Sébastien Bazin, PDG d'AccorHotels et Adrian Gardiner, fondateur et président de Mantis Collection.
Sébastien Bazin, PDG d'AccorHotels et Adrian Gardiner, fondateur et président de Mantis Collection. (Crédits : AccorHotels/Mantis)
Détenant déjà quatre hôtels en Afrique du Sud, le groupe Accor y renforce son empreinte avec l’acquisition de 50% des parts de Mantis Group, ce conglomérat hôtelier familial implanté sur les sept continents et qui a fait du « game reserve » et de la « sustainability conservation » sa marque de fabrique. Un deal qui dessine une nouvelle configuration du business du champion français au pays de Nelson Mandela et au-delà, aux côté de son nouveau partenaire.

Cette étape se veut historique, tant pour AccorHotels qui se renforce substantiellement sur le marché sud-africain, que pour Mantis Collection, resté jusqu'ici un business exclusivement familial. Et c'est Port-Elisabeth, cette ville de l'Eastern Cape et fief de la famille Gardiner, que les deux groupes hôteliers ont choisi pour révéler leur « partenariat stratégique ». Devant une centaine d'invités venus des quatre coins du globe, il est environ 9 heures -GMT+2- jeudi 5 avril, lorsque Paul Gardiner, Directeur marketing de Mantis Group et fils du fondateur et président, l'homme d'affaires sud-africain Adrian Gardiner, introduit ce qui sera le début d'une longue journée riche en découverte au cœur de l'un des family business les plus importants d'Afrique du Sud. « C'est un grand moment pour notre famille et nous en sommes très heureux », déclare-t-il.

« Accorhotels a racheté 50% de Mantis, c'est cela la grande nouvelle du jour », lâche finalement le père après plusieurs civilités. « Chez Mantis, nous avons toujours travaillé en famille et cet esprit demeurera, car avec AccorHotels, nous sommes désormais une famille », rassure-t-il, remerciant son épouse et ses proches qui « [lui] ont voué un soutien sans faille [...] et accompagné dans ce choix décisif ».

Renforcement d'empreinte

Leader français de l'hospitalité et sixième mondial avec plus 4000 établissements et 2500 résidences privées à travers le monde, AccorHotels -largement déployé en Afrique avec 114 hôtels répartis entre entre toutes les sous-régions du Continent- ne détenait jusque-là que quatre hôtels en Afrique du Sud : le majestueux Fairmont Zimbali Resort, le Mercure Johannesburg Bedfordview Hotel, le Mercure Johannesburg RandburgHotel et le Mercure Nelspruit Hotel.

« Nous avons reconnu depuis longtemps que nous n'étions pas assez présents en Afrique du Sud en termes de marque et de destination. [...] », a confié Sébastien Bazin, PDG d'AccorHotels dans un entretien avec La Tribune Afrique.

« Avec ce partenariat stratégique, nous renforçons l'empreinte du Groupe en Afrique, et nous associons à une marque aux racines et à l'histoire fortes, reconnue pour son engagement à préserver l'environnement naturel et ses références prestigieuses dans le secteur de l'hôtellerie ».

Croisières de luxe, ecolodges, réserves animalières...

Concrètement, ce partenariat octroie à Accor la main mise sur l'ensemble du business jusqu'ici pensé et exploité par Mantis. Pour rappel, ce jeune groupe officiellement fondé en 2000 est spécialisé dans l'hôtellerie, le voyage de luxe et le tourisme d'aventure et a fait du Game reserve et de la conservation sustainability sa marque de fabrique. Son réseau comprend 28 établissements exploités par l'enseigne, auxquels s'ajoute un réseau international d'hôtels et de résidences arborant le label Mantis.

« D'un point de vue mondial, le partenariat entre Accor et Mantis est celui d'un gros et d'un petit [en termes de réseau hôtelier], mais il est plus gros qu'Accor en Afrique du Sud », reconnait Bazin.

Outre ses boutiques hôtels, Mantis se distingue par ses croisières de luxe avec notamment son fameux bateau baptisé « Zambezi Queen », ses écolodges, et surtout ses importantes réserves animalières. Ce patrimoine désormais partagé par le couple franco-sud-africain a davantage été mis en exergue lors d'une visite guidée ouverte à la presse dans l'Eastern Cape profond -en marge de l'officialisation du partenariat bilatéral- à laquelle La Tribune Afrique a pris part. Ce sont plusieurs dizaines de milliers d'hectares souvent bordées par l'Océan indien et dans lesquels s'épanouissent girafes, zèbres, hyènes, rhinocéros, ... Equipés d'hôtels luxueux ou de standing upscale, ces établissements accueillent chaque année des clients fortunés venant des quatre coins de la planète.

Partenariats industriels 100% écolos, formation,...

Par ailleurs, le travail de Mantis en Afrique du Sud est accompagné par des partenaires écologiques qui investissent dans la recherche et développement afin de pousser en permanence dans l'innovation. C'est le cas de l'américain Ecoplanet Bamboo qui a implanté son bureau d'Afrique australe dans la Kowie Bamboo Farm, une ferme de bambou détenue en propre située dans l'Eastern Cape et qui fabrique papiers toilette, serviettes de table, boites de conserve ou emballages transparents à base de bambou.

De plus, la formation d'excellence aux métiers de l'hôtellerie fait partie intégrante l'engagement de Mantis avec la Stenden South Africa, un campus de la Stenden University of Applied Sciences aux Pays-Bas et dont Adrian Gardiner dirige le conseil d'administration. Située à Port Alfred, cette école supérieure forme à la gestion des catastrophes et à la gestion hôtelière de nombreux jeunes venant de toute d'Afrique australe.

Le ''+'' de Planet 21

C'est fort de tout ce bagage que ce conglomérat familial sud-africain est devenu une référence en Afrique et dans le monde. Il est le seul groupe hôtelier présent sur les sept continents y compris l'antarctique, comme aiment rappeler tous les documents sur l'entreprise. En 2017, Mantis a fait son entrée dans le top 10 des groupes les plus dynamiques du continent du W Hospitality et a décroché plusieurs distinctions internationales dont celle de la World's Leading Conservation Company ou encore le Best Global Luxury Hotel Group Africa. En faisant alliance avec Accor, Adrian Gadiner veut pousser plus loin la montée en puissance de son entreprise.

« Nous voulons emmener Mantis à un autre niveau. »

L'homme d'affaires sud-africain dit avoir été « fortement encouragé par l'engagement d'AccorHotels dans le développement durable », notamment au travers de son programme Planet 21. Pour rappel, il s'agit d'un programme quinquennal lancé en 2012 et revu pour la période 2016-2020, qui vise à réduire l'empreinte environnemental d'Accor principalement dans les domaines de l'alimentation et du bâtiment. Au-delà, « l'intérêt de cet accord pour le groupe Mantis repose sur l'accès aux puissants réseaux de distribution et à la couverture mondiale d'AccorHotels, qui nous permettront de développer les concepts d'hospitalité et les projets de développement durable auxquels nous avons consacré tant d'efforts », a expliqué Gardiner.

Cette alliance se voulant foncièrement win-win, elle donne également lieu à la naissance d'une ONG à but non lucratif baptisée Community Conservation Fund Africa (CCFA). Objectif : « amplifier l'engagement des deux groupes à prévenir le déclin accéléré de la faune sauvage en Afrique ». La nouvelle structure est constituée d'African Parks, de Tusk Trust et de la Wilderness Foundation (WF), ces deux dernières soutenues et parrainées par Mantis. « La majorité des grands groupes hôteliers à travers le monde sont en train de mettre l'accent sur la conservation. Et la clé pour l'avenir réside dans des partenariats comme ceux-ci [entre Mantis et AccorHotels », a commenté Andrew Muir, Directeur général de la WF. En rachetant une partie cette entreprise familiale, le leader français de l'hôtellerie s'engage toutefois à « préserver l'histoire, le style et l'authenticité de Mantis ».

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :