Le portugais Efacec, nouvel objet du bras de fer entre Joao Lourenço et Isabel dos Santos

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Efacec est une entreprise historique au Portugal, fondée en 1948 et active en Espagne, aux Etats-Unis, au Brésil, en Inde et en Afrique.
Efacec est une entreprise historique au Portugal, fondée en 1948 et active en Espagne, aux Etats-Unis, au Brésil, en Inde et en Afrique. (Crédits : DR)
Toujours dans le cadre de sa cure de l’économie et du milieu des affaires en Angola, le président Joao Lourenço, a ordonné le retrait d’ENDE –la société nationale de distribution de l’électricité- du tour de table d’Efafec, la plus grande compagnie portugaise d’énergie, d’ingénierie et de mobilité détenue majoritairement par Isabel dos Santos. La vente prochaine des parts sur le marché international est déjà envisagée.

« Nous avons été informés que le président de la République avait donné des instructions au ministère de l'Energie et de l'Eau pour le retrait d'ENDE [la société nationale de distribution d'électricité d'Angola, ndlr] d'Efacec », a déclaré Isabel dos Santos au journal économique brésilien Valor dans son édition de mercredi 15 août, rapporte APO.

Selon la femme d'affaires, le président angolais a donc ordonné le retrait d'ENDE du tour de table d'Efacec, la plus grande compagnie d'énergie, d'ingénierie et de mobilité au Portugal.

Considérée aujourd'hui comme un leader mondial du marché des infrastructures de recharge rapide pour véhicules électriques, Efacec est, pour rappel, une entreprise historique au Portugal, fondée en 1948 et active en Espagne, aux Etats-Unis, au Brésil, en Inde et en Afrique. Isabel dos Santos y jette son dévolu en juin 2015 et rachète -via son entreprise Winterfell Industries- 65% d'Efacec pour un coût de près de 200 millions de dollars. Une transaction souvent présentée comme un co-achat avec ENDE.

« Pas de fonds publics dans Efacec »

En août de la même année d'ailleurs, la presse locale fustigeait la fille de l'ex-président angolais, l'accusant de s'être offert cette méga-firme portugaise avec l'argent du contribuable angolais. Des soupçons qui naissent alors suite à un décret présidentiel autorisant ENDE à racheter 40% de Winterfell Industries, trois mois seulement après l'entrée de ce dernier dans le capital d'Efacec. Les soupçons davantage confortés par le caractère top secret du montant de ce deal. Mais, Isabel dos Santos a toujours nié l'emploi de fonds publics pour acquérir des parts dans Efacec, aujourd'hui encore plus.

« Efacec a été acheté pour 195 millions d'euros et ENDE a versé 16 millions d'euros. [...] On supposait qu'ENDE, détenant 40% du capital de Winterfell, paierait 40 millions d'euros. Mais cela ne s'est pas produit. Il n'a payé que 16 millions d'euros, sans jamais payer le montant total. Isabel dos Santos a dû avancer le reste de l'argent pour permettre à ENDE d'entrer dans l'affaire et détenir des actions », a-t-elle déclaré, soulignant que « chaque partenaire devrait faire sa part et payer ses actions » et qu'elle « n'a reçu aucune forme de financement public angolais », tant que manière direct qu'indirecte.

Vente prochaine des actions d'ENDE sur le marché international

Le processus de retrait d'ENDE du tour de table d'Efacec devra être enclenché incessamment. « Les actions d'ENDE seront vendues sur le marché international », a déclaré Isabel dos Santos, qui se vante de la bonne santé d'Efacec dont le bénéfice s'est accru de 75% en 2017 à 7,5 millions d'euros.

Après le limogeage d'Isabel dos Santos de la présidence de la Sonangol, après la révision de la loi sur le secteur du diamant pour mieux retourner les gains vers l'économie nationale, après l'annulation de la concession du port de Dande et plusieurs autres affaires en Angola, le président Joao Lourenço se montre décidé à en finir avec l'ère dos Santos et son lot de privilèges au bénéfice des enfants de son prédécesseur, en particulier Isabel dos Santos.

Dans un entretien exclusif avec La Tribune Afrique fin juillet, Isabel dos Santos mettait toute la pression dont elle est actuellement victime sur le dos des intérêts politiques. «Les décisions actuelles [...] sont motivées par des considérations politiques», déclarait la femme d'affaires.

Et dans ce bras de fer qui l'oppose depuis des mois au nouveau régime en place à Luanda, la milliardaire angolaise se veut tenace. Dans le cadre de la plainte pénale pour diffamation qu'elle a déposé contre son prédécesseur à la tête de la Sonangol, Isabel dos Santos n'aurait pas répondu à la première convocation du procureur général de la République (PGR), selon le média portugais Expresso. Une deuxième convocation devrait être émise prochainement. A suivre !

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