Tchad : pressé par le FMI, le gouvernement opère des ponctions sur les salaires

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(Crédits : DR)
Face à la crise économique que traverse le pays, notamment à cause de la baisse des prix du pétrole, le gouvernement tchadien a décidé d'opérer des ponctions dans les salaires de l'administration publique, où les fonctionnaires se verront retirer certains privilèges.. Une mesure qui s'inscrit dans le cadre de l'engagement pris par le Tchad de conclure un nouveau programme avec le FMI.

C'est une économie de 43 milliards de Fcfa qui est visée avant la fin de l'année et ce sont les fonctionnaires qui devront payer le prix, puisqu'ils se verront retirer plusieurs privilèges. Le gouvernement tchadien prévoit en effet de réduire les indemnités des fonctionnaires du corps de la police, ainsi que le montant de crédit ouvert à titre de dépenses communes. D'autres mesures comme le gel des frais de transport de juin à décembre 2017, la prise en compte des conclusions de l'audit des diplômes, l'application des effets du contrôle biométrique des agents de l'Etat et des conclusions de l'audit de la solde, seront également appliquées aux fonctionnaires.

Crise économique et sécuritaire

Au Tchad, le salaire minimum est de 60 000 Fcfa, mais la masse salariale est une véritable contrainte pour le budget de l'Etat. Pour apaiser les tensions sociales, les autorités tchadiennes ont procédé ces dernières années à des recrutements massifs dans la fonction publique. Estimée à plusieurs milliards de Fcfa chaque mois, la masse salariale limite les marges de manœuvre du gouvernement en matière de développement et d'investissement, alors que les défis auxquels le pays doit faire face sont très nombreux.

Ce projet de collecte budgétaire intervient dans un contexte difficile. Le pays traverse une période de vache maigre, marquée par des chocs qui affaiblissent les réserves de la trésorerie de l'Etat. Parmi ces chocs figure notamment la crise économique et sécuritaire persistante, caractérisée par «le maintien du cours du pétrole relativement bas et l'obligation de soutenir la lutte contre le terrorisme», se justifie le gouvernement tchadien.

Le déficit budgétaire se creuse

Mais d'autres détails techniques ont été avancés pour expliquer cette collecte budgétaire. Elle «s'inscrit dans le cadre de l'engagement pris par notre pays de conclure un nouveau programme avec le fonds monétaire international (FMI) appuyé par la facilité élargie des crédits», a expliqué la porte- parole du gouvernement Madeleine Alingué auprès de l'agence APA, avant d'ajouter que «les projections de la masse salariale réalisées sur la basse des salaires effectivement versés à la fin mai 2017 font ressortir une augmentation de 20,2%», alors que le pays doit combler un déficit budgétaire de plus de 200 milliards de Fcfa.

Selon le Fonds monétaire international, le déficit budgétaire du Tchad est passé de 9% à 12,5% en un an, en 2016. Pour les autorités tchadiennes «le recours à un collectif budgétaire s'avère donc nécessaire».

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Commentaires
a écrit le 21/06/2017 à 18:58 :
La masse salariale de la fonction publique du Tchad est de 370 milliards de F CFA pour 123 000 personnels civils et militaires.
Comment l'Etat tchadien peut faire une économie de 43 000 milliards de F CFA sur une telle somme !?
Il s'agit simplement de 43 milliards de ponction sur cette masse salariale. Il y a aussi trois zéros en trop au niveau du déficit budgétaire qui est de 200 milliards de F CFA et non la somme astronomique de 200 000 milliards de FCFA !!
Ces chiffres sont tellement énormes qu'ils auraient dû choquer votre rédacteur en chef !!
Prenez quand même soin de relire attentivement vos écrits, avant de les publier. Il y va de votre crédibilité.
Le comble dans cette gaffe est que votre article de presse est repris bêtement par la télévision Africa 24 !! Aucun sens des grandeurs !! Merci.

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