Mauritanie : Mohamed Ould Debagh interpelle le chef d'Etat-Major dans une lettre ouverte

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Mohamed Ould Debagh, vice-président du groupe BSA.
Mohamed Ould Debagh, vice-président du groupe BSA. (Crédits : DR)
Dans une lettre ouverte adressée au chef d'état-major général des armées de la Mauritanie, Mohamed Ould Debagh, vice-président du groupe BSA devenu opposant au régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz, a exprimé une déception vis-à-vis des autorités mauritaniennes. Rappelant ses nombreux services rendus, l'homme d'affaires a interpellé le patron de l'armée sur les agissements du chef de l'Etat.

Mohamed Ould Debagh estime que le gouvernement mauritanien a été ingrat envers lui. C'est ce qu'a affirmé le vice-président du groupe BSA dans une lettre ouverte adressée par l'intéressé au Chef d'état-major général de l'armée (CEMG). « Pour ma part, qu'ai-je obtenu en échange des multiples services rendus à la Nation? Ai-je été décoré ? Ai-je eu droit à une quelconque reconnaissance ? Le chef d'état-major des Armées m'a-t-il une seule fois téléphoné, pour m'exprimer sa gratitude ? A-t-il chargé quelqu'un de le faire ? A-t-il apprécié, à sa juste valeur, ces gestes citoyens et hautement patriotiques ? », interroge le responsable dans sa correspondance. Selon lui, au lieu d'obtenir de la gratitude auprès des dirigeants, il n'a eu que du mépris. « Depuis 2012, je n'ai connu qu'harcèlements, intimidations, filatures, interrogatoires, couronnés par plusieurs mois de prison en 2013 et un mandat d'arrêt en 2017 », affirme Ould Debagh à l'attention du CEMG mauritanien.

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Traqué depuis 2017 alors qu'il est désormais déclaré opposant au régime de Nouakchott, l'homme d'affaire a rappelé une liste « non exhaustive » de services rendus à la nation. « En plus de ces actions spécifiques à l'armée, notre Groupe s'est mobilisé aux côtés du Général Mohamed Ould Abdel Aziz, avant et après sa démission de l'armée, afin de contribuer à la stabilité du pays et au retour négocié et contrôlé au processus démocratique », note-t-il en autre citant à ce niveau, parmi tant d'autre, « la préparation et la prise en charge en 2009 des voyages d'Etat du Président Aziz en France et à Dakar, tout comme le transport du candidat Mohamed Ould Abdel Aziz et de sa famille, sillonnant toutes les capitales régionales, lors de la campagne électorale pour l'élection présidentielle de juillet 2009 ».

"Gouvernement corrompu"

Pour Debagh, ce traitement à lui infligé par Nouakchott n'est pas mérité. Il indique que malgré toutes ses interrogations, ni lui ni le Groupe BSA ne regrettent aucune action réalisée dans l'intérêt de la Nation. Il a réaffirmé sa disponibilité à se mobiliser aux côtés de la nation mauritanienne dès que besoin de se faire sentir. « Cependant, je reste convaincu que le plus grand de ces dangers, qui peut conduire à la dislocation de notre pays n'est autre que la présence à sa tête de Mohamed Ould Abdel Aziz. Je reste également convaincu que l'unique responsable de toute l'injustice dont je suis l'objet n'est autre que Mohamed Ould Abdel Aziz », a ajouté l'opposant au président mauritanien qui dénonce un régime corrompu.

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« Comme vous l'avez certainement constaté, mon général, jamais en Mauritanie un président de la république s'est autant si intimement impliqué dans l'accumulation ostentatoire des biens matériels, pour lui-même, sa propre famille et son clan », s'écrie Ould Debagh qui dénonce des faits de corruption assez graves au haut niveau de l'Etat mauritanien.

Le CEMG, un dernier recours

Face à cette situation, Debagh veut voir en la personne du CEMG, un dernier recours pour rétablir un bien-être en Mauritanie. « En fait, je suis de ceux qui, objectivement, considèrent que notre cher pays est géré directement et de manière ininterrompue depuis ce fameux 10 juillet 1978, par des juntes militaires issues de l'encadrement supérieur de notre armée nationale, avec cependant une parenthèse de quinze mois, entre mars 2007 et le 6 août 2008 », dit-il ajoutant qu'en « l'absence de toute possibilité de recours », il s'adresse à l'institution du CEMG, « garante en dernier recours de la stabilité dans notre pays ».

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Pour aider le CEMG à mettre en l'œuvre l'appel qu'il lui lance, le responsable à laisser entendre que son groupe et lui restait disponible à apporter l'aide nécessaire. « Mon Général, veuillez recevoir et à travers vous l'ensemble des officiers, sous-officiers et hommes de troupes de nos vaillantes forces armées, l'expression de mes sentiments respectueux et ma disponibilité et celle du Groupe dont je suis le Vice-Président à répondre à tout moment au devoir comme par le passé », a conclu Mohamed Ould Debagh dans sa lettre ouverte.

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