Angola / élections : dépouillement en cours, quelques couacs, pas de résultats

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(Crédits : Reuters)
Pas de chiffres sur la participation ou l’abstention encore moins de premières tendances. L’équation des résultats des élections générales du 23 août dernier risque de conserver ses inconnues tant aucun chiffre n’a encore jailli des urnes au lendemain du scrutin en Angola. Après une journée de vote difficile pour les 9 millions d’électeurs, dans un calme escorté de couacs, les Angolais sont toujours dans l’expectative pour connaître la composition de l’Assemblée nationale mais aussi et surtout l’homme qui va présider à leurs destinées pour les cinq prochaines années.

Les résultats, même provisoires, se font attendre en Angola. Malgré un dépouillement des bulletins qui a débuté, ce mercredi 23 août, tout de suite après la fermeture des bureaux de vote, la commission électorale n'a communiqué jusque-là aucun chiffre du scrutin.

Pas l'ombre d'un chiffre sur le scrutin

Du vote des 9 millions d'électeurs dans les bureaux des 18 provinces du pays, on ne connaît ni le taux de participation, ni le taux d'abstention encore moins les premières tendances qui se dégagent de ces élections générales destinées à choisir les députés de l'Assemblée nationale et le président de la République.

Mais de l'avis de plusieurs observateurs notamment des correspondants de plusieurs médias internationaux, l'affluence n'était pas au rendez-vous chez les électeurs qui semblaient résignés face à une élection sans suspense, presque jouée d'avance.

Même si l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita), le principal parti d'opposition, la Casa-Ce, une coalition d'opposants, sortaient en tête lors du dépouillement de certains bureaux, le MPLA (au pouvoir) est assuré de conserver sa majorité au parlement et donc de ravir le fauteuil du Palais Rose de Luanda.

Beaucoup de couacs pour l'élection du présumé futur président

Néanmoins, l'opposition de même que plusieurs observateurs dénoncent des couacs lors des opérations de vote. Bien avant l'ouverture des bureaux, l'Unita dénonçait des irrégularités dans le processus électoral. Ce mercredi, il a signalé des bourrages d'urnes de la part du parti au pouvoir notamment dans la province de Huambo (sud-est).

Autre couac relevé, le transfèrement d'électeurs d'une province à l'autre. Comme pour les élections de 2012, plusieurs citoyens angolais n'ont pu exercer leur droit de vote. Lorsqu'ils sont arrivés au lieu supposé être leur bureau de vote, ils se sont vu indiquer un autre bureau distant de plusieurs dizaines de kilomètres pour glisser leur bulletin dans l'urne. Cette situation a découragé de nombreux électeurs, ce qui risque de gonfler le taux d'abstention.

De son côté, la commission électorale angolaise a indiqué n'avoir relevé aucun incident majeur pendant le vote. Pourtant, le vote a été prolongé dans 3 des 18 provinces en raison de retards dans la livraison du matériel électoral. Une quinzaine de bureaux de vote n'a pas pu ouvrir à Benguela (nord-ouest) et Luande Norte. L'explication pourrait venir de ce crash d'avion survenu à Moxico -province d'origine du fondateur de l'Unita, la plus grande du pays- alors qu'il transportait du matériel de vote.

Election ou succession ?

Malgré tous ces couacs organisationnels, la succession de José Edouardo Dos Santos, qui se retire de la vie politique angolaise après 38 ans de règne sur la pétro-république d'Afrique centrale, semble avoir été soigneusement préparée. Sauf grosse surprise, le MPLA (au pouvoir), dont est issu les deux seuls présidents que le pays a connu depuis son indépendance en 1975, est en passe de donner le troisième président du pays.

Depuis la dernière modification constitutionnelle, le président angolais est choisi au sein du parti qui remporte la majorité des sièges au parlement. De l'avis de plusieurs experts de l'Angola, Jao Lourenço, l'ancien ministre de la Défense devenu président du MPLA après le retrait du président sortant, devrait succéder à José Edouardo Dos Santos. A 63 ans, le présumé futur président angolais n'attend que la confirmation avec la publication, dans la journée, des résultats provisoires.

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