Digitalisation : la voie royale vers le développement économique et social de l'Afrique

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(Crédits : DR)
La transformation digitale ressort pour les responsables africains comme un véritable levier de développement. La réussite de ce chantier majeur passe, en revanche, par la convergence de plusieurs facteurs. Il s'agit notamment de l'adaptation de la réglementation, le financement ou encore la lutte contre la corruption. Analyse.

Passer le cap de l'ère 3.0 n'est plus un choix pour les autorités des pays africains. Il s'agit là d'un passage obligé pour garantir la réussite de la transformation économique et sociale à laquelle aspire le continent. La révolution numérique et l'adoption de la population africaine de nouveaux modes de communication et d'utilisation de l'information devraient faciliter cette transformation. Des secteurs tels que la finance ou encore les télécoms ont déjà ouvert la voie au monde digital. Les institutions du continent devraient ainsi accompagner ce changement en apportant des solutions concrètes et en mettant en place les outils à même de faciliter l'implémentation de ce chantier majeure.

Les préalables sont déjà là

Les africains n'ont jamais été aussi connectés. Et les chiffres le prouvent : 16 % des Africains ont eu accès à Internet en 2016. Le continent compte d'ailleurs 60 millions d'internautes réguliers. Et ce n'est que le début : à l'horizon 2025, c'est près de la moitié de la population africaine qui sera connectée. Des préalables qui permettent aux autorités africaines d'envisager avec beaucoup de sérénité l'avenir numérique. D'ailleurs, le manque de structures et de systèmes déjà établis, souvent étiqueté comme handicap, ressort, dans ce cas de figure comme une véritable force. Car dans le cas des chantiers digitaux, les patrons et autres responsables publics n'ont pas à chambouler les rouages fonctionnels déjà en marche pour transiter vers des outils dématérialisés. Ce qui rend l'adoption des outils numérique beaucoup moins ardue en comparaison avec les pays développés. Il est également beaucoup plus facile de former des ressources humaines qui ne s'étaient pas habitué à des process, aujourd'hui, destinés à la disparition. Inutile alors de parler de la fameuse « conduite de changement », de « reengeneering » ou encore de « Kaizen ».

Des défis persistent

L'Afrique émerge ainsi comme un véritable cas d'école en la matière. Mais il ne faut pas s'en arrêter là. Le continent doit optimiser l'utilisation de ces nouveaux outils pour accélérer son développement. « Le poumon de la croissance du monde »- d'ici 2050, 50% de la croissance démographique mondiale devrait venir d'Afrique, selon PwC- doit ainsi faire face à de nouveaux défis pour réussir sa transformation. Pouvoirs publics et secteurs privés sont désormais acculés à assurer la convergence du volet réglementaire vers ce nouveau modèle de développement. Car si les outils technologiques peuvent être implémenté facilement, les risques juridiques, la mise à niveau des infrastructures et le financement sont autant d'obstacles qui doivent être franchis.

Nouvelles règles du jeu

L'utilisation des NTIC (Nouvelles technologie de l'information et de la communication) fait de l'Homme africain un citoyen averti. Les établissements publics doivent d'emblée aligner leurs systèmes internes et externes sur une population de plus en plus au fait de la modernisation. Les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) poussent également les décideurs à innover et s'améliorer constamment. Les autorités africaines se retrouvent face à des opérateurs qui ont su pousser la personnalisation de l'offre jusqu'à son paroxysme grâce à leurs algorithmes et autres technologies de Data Mining, exploitation des données de masse (Big Data) ou encore l'analyse prédictive (Analytics). Le « citoyen-internaute » peut désormais exiger un service plus adapté et surtout rapide. Ce qui donne du fil à retordre aux acteurs publics et même privés qui ont été jusque-là confortablement installés dans des schémas plus ou moins classiques. Pour les intervenants des institutions, il ne s'agit donc pas seulement de changer de « canal » et ils en sont bien conscients. C'est tout le « business model » qui doit être revu. Une chose qui ne va peut être menée dans l'immédiat. Une approche progressive est donc de mise quand il s'agit de mener à bien l'épineux chantier de la digitalisation.

Vieux démons

Passer à l'ère numérique oblige, en revanche, l'Afrique à faire face à ses vieux démons. La corruption en est un. Car, la digitalisation implique une meilleure traçabilité des opérations sans parler de l'immédiateté de l'information et du service, deux corolaires de la transformation digitale. Exit les voies labyrinthiques pour avoir accès à un service auprès de l'administration publique. La transformation digitale implique également plus de transparence. L'accès à l'information devient d'emblée mois ardu. C'est à ce niveau, que le changement des mentalités doit être opéré. Et c'est à niveau là que les responsables du continent sont attendus au tournant. Ce serait le gage d'une volonté sans faille à aller de l'avant.

A l'ère des transformations digitales, les dirigeants recherchent plus que jamais à gagner la confiance de leur public.

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