Nigéria-Corruption : l’entreprise pétrolière nationale ébranlée par un nouveau scandale

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Dr Maikanti Baru, PDG de la NNPC
Dr Maikanti Baru, PDG de la NNPC (Crédits : DR)
La NNPC, l’entreprise pétrolière nationale nigériane est de nouveau secouée par de sérieuses présomptions de malversations qui impliquent son PDG Maikanti Baru. C’est le ministre du pétrole Ibe Kachikwu qui a saisit le président Buhari sur l’approbation par le PDG de la NNPC, d’une série de contrats dont la valeur a été estimée à plus de 25 milliards de dollars, sans passer par l’aval du conseil d’administration. Un coup dur pour l’administration fédérale qui tente de contenir le scandale au moment où l’entreprise publique annonce avoir réalisé des ventes record de sa production à l’international.

La Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), la compagnie pétrolière publique, est à nouveau engluée dans un scandale de malversations financières  qui ébranle toute l'administration du président Muhammadu Buhari, lui qui a fait de la lutte contre la corruption, son cheval de bataille. Cette fois, c'est le PDG de la NNPC, Maikanti Baru, qui est visé par les accusations portées par le ministre du pétrole Emmanuel Ibe Kachikwu.

Tout est parti d'une lettre, qui a fuité dans la presse locale, adressée par le ministre au président Buhari pour l'avertir de certaines pratiques peu orthodoxes ayant cours au sein de l'entreprise publique notamment cinq contrats dernièrement passés par le PDG pour un montant estimé à plus de 25 milliards de dollars. Selon le ministre Kachikwu qui a flairé le lièvre, la passation de ces contrats a été faite sans l'approbation et ni même connaissance du conseil d'administration de la NNPC, ce qui constitue une entorse à la réglementation et aux procédures en vigueur dans le pays et particulièrement au sein de la compagnie publique.

Dans sa missive, le ministre du pétrole n'a pas manqué de dénoncer également le climat assez délétère qui règne au sein de l'entreprise avec « une gestion non transparente et un climat de peur », un contexte à mettre à l'actif de l'actuel PDG, Maikanti Baru, qui plus est, fait preuve d'insubordination à l'égard de la tutelle selon toujours le ministre.

Buhari à l'épreuve sur fonds de règlements de compte

L'affaire a vite fait de cristalliser l'actualité du pays provoquant une véritable polémique qui se répercute au sein de l'administration fédérale. Ce n'est pas la première fois que la NNPC est secouée par de scandales de corruption mais c'est la première fois qu'une affaire d'une telle ampleur est dévoilée sous le mandat de Buhari. D'autant que c'est lui qui a nommé, en début juillet 2016 l'actuel PDG de la NNPC, en remplacement d'Emmanuel Ibe Kachikwu qui n'est autre que le ministre accusateur et surtout le président a fait de l'assainissement de l'industrie pétrolifère ainsi que de la lutte contre la corruption, la priorité de son mandat.

C'est donc sur fonds de règlement de compte entre Kachikwu et Baru que l'administration Buhari tente de gérer le scandale qui a été déjà saisi comme brèche par l'opposition pour porter un coup dur au pouvoir d'Abuja en appelant à la suspension de l'indélicat PDG.

Ce vendredi, les deux protagonistes de l'affaire étaient en réunion au sommet à Aso Rock, le siège de la présidence fédérale à Abuja. Pendant que le ministre était reçu par le président Buhari, le PDG de la NNPC était lui en conclave avec Yemi Osinbajo et pendant ce temps, le quartier général de la NNPC était bouclé par un important dispositif de forces de l'ordre.

Jusqu'à présent, aucune décision officielle n'a été prise mais des pétitions circulent déjà pour demander la suspension de Maikanti Baru, un ancien de la NNPC tout comme le ministre Kachikwu. Le 1er octobre dernier lors de la célébration de la fête nationale Muhammadu Buhari a prononcé un message à la nation dans lequel il a réitéré son engagement à poursuivre son opération « mains propres » qui vise particulièrement certains administrations et entreprises publiques dont la NNPC, appelant la justice à sévir contre tout agent de l'Etat impliqué dans des malversations financières où la dilapidation des deniers publics.

Cette affaire intervient au moment où la NNPC annonce avoir enregistré des recettes records de l'ordre de 471 millions de dollars pour le mois de juillet contre 219 millions en juin dernier. La performance a toutefois été complètement éclipsée par le nouveau scandale qui ébranle l'une des plus importantes entreprises publiques du pays.

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