Afrique du Sud : un nouveau scandale de trafic d'influence frappe le géant technologique SAP

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(Crédits : Ralph Orlowski)
Les liens de la famille Gupta avec le clan du président Jacob Zuma reviennent une fois de plus au devant de la scène médiatique et politique en Afrique du Sud. Révélée par un centre de journalistes d'investigation, l'affaire dite #Guptaleaks implique, cette fois, SAP, le leader mondial de solutions informatique d'entreprises.

L'Afrique du sud se réveille sur un nouveau scandale. SAP, la société de solutions technologiques basée en Allemagne a suspendu quatre directeurs de sa filiale sud-africaine, en congé et a saisi leurs téléphones et ordinateurs portables pour les besoin de l'enquête ouverte suite à un scandale de trafic d'influence, impliquant la puissante famille Gupta, proche du président Jacob Zuma.

L'affaire a éclaté mardi dernier quand AmaBhungane, un centre à but non lucratif regroupant des journalistes d'investigation a reporté que le géant technologique européen aurait payé des pots de vin sous forme de commissions de vente à une entreprise liée à la famille Gupta, qui trône sur l'un des empires industriels les plus puissants en Afrique du sud. Selon l'enquête publiée dans les médias locaux et internationaux, SAP aurait ainsi conclut un accord de 1 milliard de rands (76 millions de dollars) avec la société ferroviaire et logistique Transnet et d'autres entreprises publiques.

AmaBhungane a publié son enquête en s'appuyant sur des preuves tangibles : des courriers électroniques et des documents officiels de l'entreprise. Le scandale ne se limite pas uniquement à la famille Gupta ou aux responsables de SAP South Africa, mais touche également certains membres du parti au pouvoir, ANC. Ce n'est pas la première fois que les Guptas sont accusés de profiter de leurs liens « amicaux » avec le président Jacob Zuma pour faire décrocher de gros contrats auprès d'entreprises publiques. Des accusations, qu'ils ont toujours nié, ont souvent divisé l'ANC et ont provoqué des appels à la démission du président. D'ailleurs le principal rival du clan Zuma dans la course à la présidence du parti et du pays, le vice-président Cyril Ramaphosa n'a pas manqué pour critiquer l'affaire en appelant à l'ouverture d'une enquête judiciaire.

Un passif lourd...

Rien que la semaine dernière, une affaire similaire avait touché un autre grand acteur multinational : le cabinet McKinsey. L'entreprise avait annoncé la suspension du directeur de son bureau sud-africain pour mener une enquête interne sur les liens entre McKinsey et Trillian Capital, une société détenue par Salim Essa, l'un des plus importants associés des Guptas.

Quant à SAP, tout porte à croire qu'elle ne compte pas laisser l'affaire passer. Tout en tenant au principe de la présomption d'innocence de ses quatre cadres supérieurs, dont elle a d'ailleurs tut l'identité, la société allemande a embauché un cabinet d'avocats international indépendant basé aux États-Unis pour mener une enquête externe en parallèle à l'enquête interne. Ce besoin de transparence intervient après que SAP avait été épinglé dans une affaire similaire au Panama où elle a dû payer pas moins de 3,7 millions de dollars d'amende à la US Securities and Exchange Commission, l'autorité américaine de réglementation et de contrôle des marchés financiers, étant cotée à New York et Francfort.

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