Développement urbain : le Fodeva, un Fonds prometteur pour les villes africaines annoncé pour 2019

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Réunis lors d'une rencontre à Marrakech au Maroc en novembre 2017, une vingtaine d'experts et de spécialistes ont confirmé la mise en place d'une stratégie de collecte de fonds qui alimentera le FODEVA dès 2019.
Réunis lors d'une rencontre à Marrakech au Maroc en novembre 2017, une vingtaine d'experts et de spécialistes ont confirmé la mise en place d'une stratégie de collecte de fonds qui alimentera le FODEVA dès 2019. (Crédits : Reuters)
Bientôt un fonds de développement des villes africaines. Porté par l'organisation "Cités et gouvernements locaux unis d'Afrique", le fonds est annoncé pour 2019. Pour arriver à le mettre en place, les initiateurs comptent lever dans une première phase environ 3 milliards de dollars avant fin 2019. Le fonds permettra aux collectivités territoriales africaines d'émettre des obligations sur les marchés financiers internationaux.

Les villes africaines veulent se doter des moyens nécessaires pour relever les défis de la décentralisation et de la gouvernance des collectivités locales. Pour arriver à cette gestion harmonieuse et à leur autonomisation financière pour leur développement, un fonds dénommé Fonds de développement des villes africaines (FODEVA), vient d'être créé au Maroc par le comité exécutif de cités et gouvernements locaux unis d'Afrique (CGLUA). Le Continent noir disposera désormais d'un Fonds qui lui servira de véhicule de financement de ses collectivités territoriales.

Ce mécanisme permettra aux villes d'émettre des obligations sur les marchés financiers nationaux ou internationaux sur une durée de 7 à 15 ans pour financer les projets de développement. Réunis lors d'une rencontre à Marrakech au Maroc en novembre 2017, une vingtaine d'experts et de spécialistes de haut niveau ayant pour but de mettre en place une stratégie de collecte de fonds qui devra permettre le développement des villes africaines d'ici 2019, ont pu donner leur point de vue sur le FODEVA. Selon eux, ce fonds doit répondre à un double besoin : promouvoir les destinations des collectivités territoriales d'Afrique auprès des investisseurs, mais aussi de préparer la capacité d'absorption et de gestion de la dette par ces collectivités.

Selon des sources proches du dossier, au cours du processus de constitution du fonds, une première levée de démarrage d'environ 3 milliards de dollars sera faite avant la fin de l'année 2019. Elle ciblera les collectivités ayant une capacité de remboursement avérée. En attendant, la feuille de route pour la création du fonds portera sur la définition de la structure du capital, du portefeuille de risques et sur les possibilités de synergies avec les outils nationaux existants. Un instrument sur lequel travaille un groupe d'experts et qui sera présenté au prochain Sommet Africités qui se tiendra en décembre 2018 à Brazzaville.

Au-delà des besoins financiers, des défis démographiques

Les villes africaines ont plusieurs défis à relever pour attirer des investisseurs qui devront participer à leur développement. Ces défis se présentent sous plusieurs formes. Le rapport, Stocktaking of the Housing Sector in Sub-Saharan Africa, prévient qu'à l'horizon 2050 l'Afrique pourrait compter près de 4,5 millions de nouveaux résidents dans les zones d'habitation informelles, dont la plupart ne peuvent s'offrir un logement ou obtenir un prêt hypothécaire.

Mieux, selon les estimations de l'ONU, la population des villes africaines sera alors multipliée par trois ! L'organisation estime que parmi les 1,2 milliard d'habitants supplémentaires que devrait compter l'Afrique subsaharienne d'ici 2050, les deux tiers seront des urbains. Pour elle en 2030, Lagos (Nigeria) et Kinshasa (RD Congo) deviendront des mégalopoles de plus de 20 millions d'habitants. Plusieurs conséquences découlent de ces prévisions pour les services publics relatifs à l'eau, l'électricité, les télécommunications, les transports, l'éducation mais également le climat.

Sur ce dernier point, rappelons que le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) indique que la consommation d'énergie des zones urbaines en Afrique subsaharienne est aujourd'hui responsable de 64 à 74 % des émissions de CO2 de la région. Voilà d'autres problèmes sur lesquels ce fonds va devoir se pencher, notamment en aidant au financement, pour permettre aux villes africaines de devenir dans un futur proche des villes inclusives.

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Commentaires
a écrit le 07/11/2017 à 17:00 :
Personnellement, je trouve formidables toutes ces initatives de développement :-)

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