CEDEAO : Démarrage d’un sommet tourné vers la Guinée Bissau

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(Crédits : DR.)
Les chefs d’Etats ouest-africain se réunissent aujourd’hui à Abuja à l’occasion du Sommet de la Cedeao. Cette réunion sera l’occasion pour le tandem guinéo-togolais composé des présidents Alpha Condé et Faure Gnassingbé d’essayer de trouver une issue à la crise politique qui déchire la Guinée Bissau depuis 2015.

La capitale nigériane Abuja accueille aujourd'hui, samedi 16 décembre, le cinquante deuxième sommet des chefs d'Etats de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Cette réunion qui devait se tenir dans un premier temps dans la capitale togolaise, Lomé a été délocalisée à Abuja le 21 novembre dernier. Un changement de lieu qui s'explique par la capacité de résilience dont a fait preuve l'opposition togolaise, investissant depuis des mois les rues de Lomé pour réclamer une réelle alternance politique.

Un sommet dans le sommet

La pression de la rue n'aura pas empêché Faure Gnassingbé, qui fait donc lui-même face à une crise politique, de faire le déplacement à Abuja où il devrait notamment assister le président guinéen, Alpha Condé dans sa mission de médiation en Guinée Bissau. Ce petit pays d'Afrique de l'Ouest traverse une crise politique depuis la destitution en août 2015 par le président de José Mario Vaz de son Premier ministre de l'époque, Domingos Simoes Pereira, leader du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC).

Menées par Alpha Condé, les négociations entre la Présidence et l'opposition visent à demander de nommer un nouveau Premier ministre et un gouvernement comprenant des membres du PAIGC. Ce qui a débouché sur la nomination d'Umaro Sissoco Embalo à la tête d'un nouveau gouvernement, qui a été aussitôt rejeté par le PAIGC. Ce blocage a poussé le président Vaz à inviter des membres de l'opposition à une rencontre en marge de Sommet de la Cedeao pour trouver une issue au blocage politique.

Un mini-sommet Bissau-guinéen est d'ailleurs prévu en marge de la réunion des chefs d'Etats ouest-africains. Les différentes parties de la crise en Guinée Bissau devront revoir toute la situation en s'aidant des conclusions de rapport qui devra être présenté par la Commission d'évaluation de la Cedeao. Une étude qui pourrait permettre aux protagonistes de cette crise de dépasser les entraves à un accord, notamment le choix d'un Premier ministre sous consensus, la formation d'un gouvernement d'union ou encore le retour inconditionnel de 15 membres du PAIGC en Guinée Bissau.

L'occasion ratée pour Rabat

L'ordre du jour du sommet prévoit notamment des discussions autour du projet de réforme institutionnelle, la mise en œuvre de la politique industrielle commune de l'organisation ou encore la présentation du plan d'action 2018-2022 portant sur la traite des personnes.

Ce sommet a par ailleurs été marqué avant son démarrage par le report de l'adhésion du Maroc à la Communauté, bien que les Chefs d'Etats ouest-africain avaient accordés leur accord de principe à l'entrée du Royaume à la CEDEAO. L'adhésion marocaine à la CEDEAO devrait avoir lieu en 2018, lors d'un sommet extraordinaire. Ce report peut s'expliquer par les réserves exprimées par le Nigeria, qui malgré un réchauffement récent des relations diplomatiques avec le Maroc, ne pouvait ignorer un important front interne historiquement hostile au Maroc.

La raison officielle invoquée par la CEDEAO est une « contrainte technique », à savoir le retard pris par Rabat pour produire dans les temps l'étude d'impact de l'entrée du Maroc dans la Communauté. Un motif qui semble avoir été accueilli avec compréhension par Rabat qui a dépêché son équipe diplomatique au sommet et a réitéré sa volonté à se conformer aux modalités techniques qui conditionnent son adhésion au marché commun ouest-africain.

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