Zimbabwe : l’armée maintient Mugabe, mais « saisit » le pouvoir

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Des unités blindées patrouillant dans les rues de la capitale zimbabwéenne Harare, ce 15 novembre 2015.
Des unités blindées patrouillant dans les rues de la capitale zimbabwéenne Harare, ce 15 novembre 2015. (Crédits : Reuters)
La confusion régnait encore ce matin au Zimbabwe où l’armée a pris le contrôle de la télévision publique et quadrille le quartier administratif de la capitale Harare. Un haut gradée s’est exprimé hier dans un message télévisé précisant «que ce n’est pas une prise de pouvoir militaire», mais une sorte de contre-purge.

«Nous souhaitons assurer la nation que son excellence le président de la République du Zimbabwe et commandant en chef des forces de défense du Zimbabwe, le camarade RG Mugabe et sa famille sont sains et saufs et que leur sécurité est garantie. Nous ne ciblons que des criminels autour de lui qui commettent des crimes qui causent des souffrances sociales et économiques dans le pays afin de les traduire en justice», a rapporté hier le général-major Sibusiso Moyo, chef du corps de l'intendance, dans une allocution télévisée, diffusée dans la nuit du 14 novembre.

Pour l'heure, la présidence sud-africaine a fait savoir, dans un communiqué, que Robert Mugabe serait en bonne santé et confiné dans ses appartements. Une information dévoilée par le président Jacob Zuma, après une discussion téléphonique avec son homologue zimbabwéen. Par ailleurs, le président Zuma a dépêché aujourd'hui même ses ministres de la défense et de la sécurité d'Etat au Zimbabwe. Selon les médias, les deux envoyés devront rencontrer le président Mugabe ainsi que les officiers supérieurs de l'armée zimbabwéenne.

L'armée brouille les cartes

Le général-major Sibusiso Moyo a également précisé que ce mouvement de l'armée vise à protéger les fonctionnaires de la purge qui touche la sphère politique «Nous sommes contre cet acte d'injustice et nous avons l'intention de protéger chacun d'entre vous contre cela», a déclaré Moyo, en assurant que l'armée voudrait d'abord garantir l'indépendance de la justice «sans crainte d'être gênée comme cela a été le cas avec ce groupe de personnes». Le message télévisé du haut gradé de l''armée zimbabwéenne visait également les parlementaires, lorsque Moyo a déclaré que les militaires s'engageraient à permettre à ces derniers de «servir leurs circonscriptions politiques respectives selon des principes démocratiques».

Lire aussi : Zimbabwe : l'armée sort de ses casernes. Que se passe-t-il à Harare ?

L'allocution du général-major comportait par ailleurs des appels au calme en direction de la population, exhortant les civils à «continuer leurs activités habituelles». Les partis politiques ont pour leur part été invités à maintenir le calme dans leurs rangs. Pour les militaires, «qu'il soit clair que ce n'est pas une prise de pouvoir militaire du gouvernement. Ce que font actuellement les forces de défense du Zimbabwe, c'est de pacifier une situation politique, sociale et économique dégénérée dans notre pays qui, si elle n'est pas corrigée, pourrait entraîner un conflit violent».

La faction G40 dans la ligne de mire

L'armée a par ailleurs appelé l'ensemble de ses éléments à rejoindre «immédiatement» leurs casernes, tout en menaçant les autres forces de sécurité d'accueillir toute provocation avec une réponse «appropriée». Pour l'heure, des soldats et véhicules blindés quadrillent toujours la capitale Harare, bloquant l'accès aux bureaux du gouvernement, le Parlement et les tribunaux. L'agence Reuters a indiqué ce matin l'arrestation d'Ignatius Chombo, ministre des Finances et membre de la faction G40 du parti au pouvoir ZANU-PF, dirigé par la Première dame Grace Mugabe.

L'agence de presse fait également cas d'explosions qui auraient secoué le centre de la capitale la nuit du 15 novembre, alors que l'AFP rapporte des échanges de feu nourris dans les alentours de la résidence privée de Robert Mugabe. Jusqu'à la publication de ces lignes, seul le secrétaire général de la Jeunesse du parti au pouvoir s'est exprimé publiquement, accusant l'armée de se soustraire à la Constitution.

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Commentaires
a écrit le 15/11/2017 à 17:42 :
septembre 2017:
Zimbabwe : un rapport accablant sur le détournement de l'argent du diamant par le régime de Mugabe
http://afrique.latribune.fr/politique/2017-09-11/zimbabwe-un-rapport-accablant-sur-le-detournement-de-l-argent-du-diamant-par-le-regime-de-mugabe-749797.html

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