Congo : un don de 34 milliards de Fcfa inquiète les sino-sceptiques

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Le palais du parlement de Congo-Brazzaville.
Le palais du parlement de Congo-Brazzaville. (Crédits : DR.)
La Chine vient d'octroyer au Congo-Brazzaville un don de 34 milliards de francs CFA pour financer la construction de son futur siège du parlement. Néanmoins, le geste de Pékin ne fait pas l'unanimité, notamment parmi la classe politique et dans les rangs des droits-de-l'hommistes.

C'est un autre grand geste en Afrique noire. La Chine vient d'accorder au Congo-Brazzaville un don de 34 milliards de francs (58 millions d'euros) pour la prise en charge intégrale des travaux de construction du nouveau siège du parlement. La cérémonie de pose de la première pierre de l'édifice a été présidée ce 22 mai par le président de la république, Denis Sassou Nguesso et côté chinois, par le vice-ministre du Commerce, Qian Keming.

«Ce projet participe à ouvrir la capitale à la modernité... [Il] reste un des plus grands projets de coopération réalisés par la Chine en Afrique au sud du Sahara sous forme de don», a déclaré Jean-Jacques Bouya, ministre congolais de l'Aménagement du territoire.

Dans le même sillage, l'ambassadeur chinois en poste à Brazzaville, Xia Huang, s'est montré satisfait des relations entre les deux pays : «Si ce jalon a pu être jeté dans les conditions les plus favorables, c'est grâce à une évolution rapide des relations amicales entre nos deux pays au cours des dernières années».

Un don polémique

Toutefois, au lieu de s'en réjouir, certains Congolais, notamment parmi la classe politique, n'arrivent pas à trouver consensus autour du don chinois, à l'instar de Clément Miérassa, président du Parti social-démocrate congolais qui s'interroge sur les conséquences de ce geste de Pékin :

«J'espère que cet investissement chinois n'aura pas à l'avenir un impact sur la dette du Congo qui a déjà explosé».

L'inquiétude de Miérassa est assez compréhensible : face à la chute des prix sur les marchés internationaux, additionnée aux conditions climatiques qui impactent la production agricole, la dette du Congo a augmenté et le pays est obligé de suivre des régimes imposés par les institutions internationales pour pouvoir résister.

A en croire d'autres contestataires, ce type de financement a souvent une contrepartie qui consiste en la livraison de matières premières dont recèlent les pays africains. Mais mieux encore, d'autres sont allés jusqu'à juger inopportun un projet pareil : «Un nouveau siège pour un Parlement, ce n'est pas prioritaire », a avancé Trésor Nzila, directeur exécutif de l'Observatoire congolais des droits de l'homme, avant d'ajouter :

«La priorité pour nous, c'est la résolution de la crise qui secoue le Pool depuis une année et l'amélioration de la situation des droits de l'homme dans son ensemble».

Le droits-de-l'hommiste fait référence à un département au sud du pays, plongé dans la violence depuis avril 2016, suite à la réélection contestée de Denis Sassou Nguesso.

Un bâtiment intelligent

A Brazzaville, on pense que l'apport de Pékin permettra de donner au bâtiment toutes les commodités de la modernité technologique. D'après les sources du ministère de l'Aménagement du territoire, le futur parlement sera construit sur une superficie de 4,5 hectares. Il comprendra sept salles de réunion de 50 places, une salle de presse, deux salons VIP, deux salles de commissions permanentes et auxiliaires, ainsi qu'une salle de soins de santé. L'édifice abritera également un hémicycle de 500 places pour l'Assemblée nationale et un autre de 300 places pour le Sénat congolais, des salles d'archives et bibliothèques, etc.

Pour rappel, les travaux de construction ont été confiés au groupe chinois Jiangsu Provincial Construction LTD et devront durer quelque 40 mois.

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Commentaires
a écrit le 25/05/2017 à 19:08 :
Pourquoi une telle polémique au Congo, pour un simple don du gouvernement chinois !?
Que ces politiciens contestataires et autres "droits-de-l'hommistes" congolais sachent que nous, ivoiriens, serions très heureux, si la Chine construisait gratuitement à Yamoussoukro, un tel édifice, comprenant un hémicycle de 500 places pour l'Assemblée nationale et un autre de 300 places pour le Sénat...
Abidjan, notre capitale économique est une ville saturée d'environ 5 millions d'habitants. Depuis mars 1983 les députés ivoiriens ont décidé du transfert de nos institutions à Yamoussoukro, une petite ville coquette, située au centre de la Côte d'Ivoire. Hélas, faute de moyen et de volonté politique, Yamoussoukro est demeurée, sur le papier, notre capitale politique et administrative. 34 ans après ce vote, aucune institution de la République n'y a été transférée.
Les ivoiriens accepteraient donc volontiers un tel geste de Pékin !!
Réponse de le 04/06/2017 à 12:11 :
Bien dit Siriki les congolais voient le Diable partout, Ils confondent le Bien par le Mal.En effet cette chance n'arrive pas à tout pays Africains mais helas pour des calculs politiques les congolais critiquent pour faire plaisir à je ne sais qui?.D'ailleurs ce n'est pas par hasard que la Chine a livré ce don au Congo, c'est par gratitude.

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