Découverte de pétrole au Zimbabwe : l’australien Invictus Energy nuance les propos du président Mnangagwa

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(Crédits : Reuters/DR/LTA)
Hier, jeudi 1er novembre, le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa s'est enthousiasmé devant les médias de la découverte d’importants gisements de pétrole et gaz naturel au Nord du pays. Mais dans une note à la Bourse australienne dans la soirée, la firme australienne en charge du projet, Invictus Energy, a presque démenti.

« Aucune découverte de pétrole ou de gaz n'a été faite », déclare Invictus Energy dans une note à l'Australian Securities Exchange (ASX), ce vendredi matin, rapporte Reuters. La firme répond ainsi à la demande de confirmation de la Bourse australienne après l'annonce hier par le président Emmerson Mnangagwa de la découverte d'importants gisements de pétrole et de gaz naturel au nord du pays, près de la frontière avec le Zimbabwe.

Pas de forage, pas de confirmation

« Invictus nous a informés que les conclusions sont positives et indiquent des gisements de pétrole et de gaz dans la région. Le résultat communiqué par Invictus constitue un développement passionnant pour notre pays », a déclaré le président de République devant la presse locale qu'il avait réuni juste pour l'occasion.

Winston Chitando, le ministre des Mines, est allé plus loin déclarant qu'Invictus Energy tablait sur une surface d'« environ 200 km2 ». Et de préciser : « ce qui en fait le plus grand gisement encore inexploité d'Afrique ».

Selon Invictus Energy cependant, « l'estimation prospective des ressources pour le prospect de Muzarabani concerne des accumulations non découvertes qui présentent à la fois un risque de découverte et un risque de développement ».

« Bien que le bassin de Cabora Bassa possède tous les éléments d'un système pétrolier en état de marche, une découverte ne peut être confirmée que par le forage d'un puits d'exploration », conclu la firme.

30 ans plus tard, le pétrole à tout prix ?

La sortie médiatique du président de la République a pourtant enthousiasmé les Zimbabwéens. Mais faut-il souligner, les présentes conclusions d'Invictus Energy sur l'éventualité d'un potentiel pétrolier et gazier au nord du Zimbabwe résulte d'une nouvelle analyse des données de l'enquête réalisée au début des années 1990 par ExxonMobil. En effet, convaincu du potentiel local à l'époque, le géant pétrolier américain avait passé plusieurs années à tenter en vain d'explorer le sous-sol zimbabwéen avant de quitter le pays en 1995.

Basé à West Perth en Australie et coté à l'ASX, Invictus Energy est la propriété Scott Macmillan, un ingénieur pétrolier natif du Zimbabwe. L'homme a pourtant pris part à la conférence de presse donnée par le président hier, sans toutefois faire de déclaration publique. Il semble qu'il a été interpellé par la bourse australienne pour confirmation, car en règle générale, les découvertes avérées de gisements pétrolier et gazier font explosé les cours boursiers des compagnies. Et bien de fois, certaines sociétés exploratrices ont joué sur ce facteur pour faire le buzz sur les marchés financiers.

En réalité, Invictus est optimiste, mais la firme ne veut juste pas aller vite en besogne, puisque dans une interview accordée au média Proactive Investors début octobre, Scott Macmillan déclarait bien : « C'est un actif(atout) fantastique que nous avons pris il a été précédemment exploré par Mobil il y a plus de 30 ans et il a été assis inerte, a fermé à clef pendant les 25 ans passés. Le bassin est très passionnant et la part de superficie que nous avons prise continent la perspective Muzarabani. C'est la plus grande structure séismicalement définie non-forée onshore en Afrique. Elle a un potentiel de plusieurs milliards de pieds cubes ».

Dans un contexte de crise économique sans précédent, le Zimbabwe est en quête de souffle. Le pays, riche en minerais, n'a jamais pu concrétiser l'espoir de devenir producteur d'or noir, car il y a justement 25 ans, ExxonMobil avait dû ranger son optimisme après plusieurs années de travaux infructueux.

Invictus Energy prévoit d'investir 20 millions de dollars dans des travaux d'exploration, lesquels devraient démarrer dans deux ans. Au bout de la période, tout le monde voudra bien savoir ce qui a empêché ExxonMobil de décrocher le jackpot il y a trente ans.

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