Finance climat en Afrique : Axa, Axis et HDI, ces assureurs qui se positionnent pour le transfert des risques

Axa XL, Axis Specialty et HDI Global Specialty -aux côtés du Foreign Commonwealth and Development Office du Royaume-Uni- viennent de sceller un accord avec la Banque africaine développement pour le transfert des risques liés au financement climatique. Un partenariat public-privé (PPP) novateur sur une thématique à fort enjeu.
Ristel Tchounand
(Crédits : Yves Herman)

Alors que le monde entier se mobilise pour assurer les lendemains de la planète face aux dérèglements du climat, la question du financement s'est érigée en condition à la victoire climatique. Pour mitiger les risques y afférant, Axa XL -la division américaine du géant français dédiée aux risques des entreprises et aux risques de spécialités, le britannique Axis Specialty et l'allemand HDI Global Specialty, -aux côtés du Foreign Commonwealth and Development Office du Royaume-Uni- ont accepté de conclure avec la Banque africaine de développement (BAD) un partenariat de transfert des risques liés au financement climatique portant sur une garantie de 2 milliards de dollars. Un partenariat public-privé (PPP) que la Banque -représentée par sa Vice-présidente en charge des finances Hassatou N'sele- qualifie de « transaction innovante ».

Dénommé « Marge de Manœuvre Souveraine », cet accord vise à faciliter l'accroissement des engagements financiers de l'institution financière panafricaine en faveur du climat. Il couvrira les prêts « actuels et futurs » octroyés sur une durée maximale de 15 ans à onze pays emprunteurs du guichet non concessionnel, dont l'identité n'est pas révélée. Face aux effets des changements climatiques en Afrique, la Banque avait résolu d'augmenter de doubler son soutien financier à la cause climatique à 25 milliards de dollars d'ici 2025, dont 67% dédié à l'adaptation.

Combiner les capacités du public et du privé

Les engagements d'Axa, Axis et HDI -tous cotés à la London Stock Exchange- permet à la BAD de rehausser à l'immédiat ses financements en diminuant la valeur de ses fonds propres alloués aux opérations souveraines, de manière à renforcer sa mise immédiate dans les autres domaines de financement climatique. Dans le détail, le trio des assureurs supporte une première tranche de pertes de 400 millions de dollars, tandis que le FCDO se positionne sur 1,6 milliard de dollars.

Si pour le Royaume-Uni il s'agit de démontrer la détermination des autorités britanniques à « investir dans des projets liés au climat » en Afrique, les trois assureurs privés, qui ont développé chacun une stratégie climat ambitieuse, se félicitent de participer à ce PPP. « La combinaison des capacités uniques de fournir des prêts d'une Banque multilatérale de développement et de la couverture d'un assureur privé peut aider à débloquer de grandes quantités de capitaux pour aider davantage les pays et les secteurs ayant besoin de financement », a déclaré Nick Robinson, responsable du crédit et du risque politique chez HDI Global Specialty.

Pour Richard Lamb, responsable du crédit et des risques politiques chez Axis, ce partenariat permet à la firme britannique d' « aligner la force de [sa] souscription spécialisée avec la capacité du secteur de l'assurance londonien à collaborer pour soutenir un changement positif ».

Le risque climatique en tête du Top 10 des risques futurs

La notion de risque dans la cause climatique prend de l'ampleur. Pour la première fois en neuf ans, les risques liés aux changements climatiques arrivent en tête du classement des risques futurs, selon le rapport mondial publié le 24 octobre le groupe Axa, en collaboration avec  l'institut de recherche IPSOS et le cabinet d'analyse géopolitique Eurasia Group. Viennent ensuite les risques liés à l'instabilité géopolitique, à la cybersécurité... quand les risques d'instabilité financière et macroéconomique viennent respectivement aux huitième et neuvième rangs. « Cette tendance générale s'explique par le fait que le public estime insuffisant le niveau de préparation des pouvoirs publics à certains risques comme les changements climatiques, les tensions cyber ou géopolitiques », expliquent les auteurs de l'étude.

Un temps critiqués pour leur engagement jugé peu ambitieux en faveur du climat, la majorité des acteurs mondiaux de l'assurance -y compris ceux actifs en Afrique- se sont réajustés avec des stratégies visant, pour certains, à atteindre la neutralité carbone dans leurs activités commerciales d'ici 2030.

Ristel Tchounand
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