Maroc : un ministère des Affaires africaines pour le suivi des investissements sur le Continent

Le roi du Maroc, Mohammed VI, a décidé de créer un département des Affaires africaines en charge notamment des investissements marocains sur le Continent. Dans le discours qu’il a prononcé à l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire de l'automne, Mohammed VI a également plaidé pour un renouvellement du modèle économique du Royaume afin qu’il soit plus inclusif.
Le roi du Maroc, Mohammed VI, à l'ouverture de la première session de la 2e année législative de la 10e législature, le vendredi 13 octobre 2017 au siège du Parlement dans la capitale, Rabat.
Le roi du Maroc, Mohammed VI, à l'ouverture de la première session de la 2e année législative de la 10e législature, le vendredi 13 octobre 2017 au siège du Parlement dans la capitale, Rabat. (Crédits : MAP)

L'Afrique a été une fois de plus présente dans le discours prononcé, vendredi 13 octobre, par le roi Mohammed VI. Du haut de la tribune du Parlement, le roi du Maroc qui ouvrait à cette occasion la nouvelle session parlementaire, a annoncé «la création d'un ministère délégué auprès des Affaires étrangères, chargé des Affaires africaines, et plus particulièrement de l'investissement, ainsi que la mise en place de deux cellules de suivi, l'une au ministère de l'Intérieur et l'autre au ministère des Finances».

Le Maroc n'est pas le premier pays africain de se doter d'un tel département ministériel, mais si la diplomatie chérifienne a été particulièrement active sur le Continent ces dernières années, l'absence d'un ministère dédié sonnait comme le chaînon manquant de la politique africaine du Royaume. La création d'un ministère spécifique était d'ailleurs attendue depuis quelque temps au regard de l'impulsion que ne cesse de donner Mohammed VI à sa politique africaine et l'ampleur prise par les relations tant politiques qu'économiques entre le Royaume et plusieurs pays du Continent, dans lequel le Maroc est un des premiers investisseurs.

Lors du message à la nation qu'il avait prononcé depuis Dakar, le 6 novembre 20,16, Mohammed VI avait déjà plaidé pour que la future politique du gouvernement soit globale et intégrée vis-à-vis de l'Afrique. «Nous attendons également des ministres qu'ils attachent à l'Afrique le même intérêt qu'ils accordent à leurs missions et à leurs déplacements dans les pays occidentaux», avait alors ordonné le roi du Maroc. Depuis, le Royaume a réintégré l'Union africaine en janvier dernier après plus de trois décennies d'absence et se prépare désormais à intégrer la CEDEAO, ce qui va donner un nouvel élan à sa présence africaine.

[Lire aussi : Maroc : un nouveau gouvernement, des défis et une stratégie africaine]

Nouveau modèle de développement

Le modèle de développement a été l'un des autres sujets abordés par le chef d'Etat marocain lors de son traditionnel discours qui constitue une feuille de route pour les deux chambres qui composent le parlement marocain. Le Maroc a certes réalisé des progrès manifestes et qui sont mondialement reconnus, mais a reconnu Mohammed VI, «le modèle de développement national, en revanche, s'avère aujourd'hui inapte à satisfaire les demandes pressantes et les besoins croissants des citoyens, à réduire les disparités catégorielles et les écarts territoriaux et à réaliser la justice sociale».

Mohammed VI a donc appelé le gouvernement, le Parlement et les différentes institutions et instances concernées à reconsidérer le modèle de développement pour le mettre en phase avec les évolutions que connaît le pays.

«Aujourd'hui, les Marocains ont besoin d'un développement équilibré et équitable, garant de la dignité de tous, générateur de revenus et d'emplois, notamment au profit des jeunes; un développement qui contribue à instaurer un climat de tranquillité et de stabilité, et qui favorise une insertion réussie dans la vie familiale, sociale et professionnelle, que chaque citoyen appelle de ses vœux. Ils souhaitent aussi la généralisation de la couverture médicale et la facilitation de l'accès digne de tous à de bons services de santé».

Dans son discours du Trône du 29 juillet dernier, le roi du Maroc avait évoqué les difficultés qui empêchent l'évolution du modèle de développement marocain tout en critiquant sévèrement la classe politique et l'administration. «Les Marocains ont également besoin d'une justice équitable et efficace. Ils ont besoin d'une administration à leur service et au service de l'intérêt général, incitant à l'investissement, stimulant le processus de développement, loin de toute forme de clientélisme, de corruption et de prévarication», a réitéré cette fois également Mohammed VI.

Les tensions sociales avec les événements qu'ont connues ces derniers temps plusieurs régions du pays, notamment les manifestations de début d'année dans le Rif, ont certainement amplifié cette volonté du Maroc de revoir son modèle de développement, marqué par des progrès économiques, mais qui peine à réduire les disparités sociales, notamment la pauvreté et les inégalités sociales.

 «Aujourd'hui, les Marocains veulent que leurs enfants bénéficient d'un enseignement de qualité, qui ne se limite pas à développer des aptitudes de lecture et d'écriture, mais qui leur offre la garantie d'embrasser le monde du savoir et de la communication ; un enseignement de qualité qui leur permette d'accéder au marché du travail, et de s'y insérer aisément, et qui contribue à la promotion individuelle et collective. Et non un enseignement qui fonctionne comme une machine à fabriquer des légions de diplômés chômeurs».

Le roi du Maroc a par ailleurs appelé le gouvernement à élaborer «un échéancier rigoureux» pour le parachèvement de la mise en œuvre de la régionalisation avancée et l'élaboration d'une nouvelle politique intégrée et dédiée à la jeunesse.

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