L’Union africaine poursuit sa quête d’indépendance financière

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Photo de famille de la 32e session ordinaire de l'Assemblée générale de l'UA qui a réuni les chefs d'État et de gouvernement des 54 pays africains du 10 au 11 février 2019 à Addis-Abeba, en Ethiopie.
Photo de famille de la 32e session ordinaire de l'Assemblée générale de l'UA qui a réuni les chefs d'État et de gouvernement des 54 pays africains du 10 au 11 février 2019 à Addis-Abeba, en Ethiopie. (Crédits : DR)
Il y a deux ans et demi, l’UA annonçait lors de son 29e sommet à Kigali une série de réformes, consignées dans son agenda 2063. Un programme axé, en partie, sur l’indépendance financière de l’organisation, tributaire à près de 80% de l’aide étrangère pour son fonctionnement. Un ensemble de mesures coercitives ont été élaborées pour contraindre les Etats à passer à la caisse et une taxe de 0,2% sur les importations proposée pour financer l’union. Bilan.

L'indépendance financière figure en bonne place dans l'Agenda 2063 de l'Union africaine (UA). Ouverte en 2016, la question a été au menu des discussions de cette 32e session ordinaire de l'Assemblée générale de l'UA qui a réuni les chefs d'État et de gouvernement des 54 pays africains du 10 au 11 février 2019 à Addis-Abeba, en Ethiopie. L'UA, présidée en 2019 par le président égyptien Abdel Fatah Al-Sissi, a promis de poursuivre son exercice d'équilibre financier, en améliorant notamment son niveau de recouvrement. En juillet 2018, lors du 31e sommet de l'UA à Nouakchott, la comptabilité de l'Union africaine affichait un taux de recouvrement de 30% des cotisations. Une trésorerie soutenue essentiellement par des pays comme l'Egypte, le Nigeria, l'Afrique du Sud, l'Algérie, le Maroc, alors qu'une quarantaine d'Etats cumulent des arriérés et impayés.

Limiter la participation des pays gros contributeurs

L'organisme panafricain a ainsi imaginé des mécanismes pour équilibrer les charges, les contributions financières à répartir entre les grands et les petits pays. C'est ainsi qu'une réflexion a été lancée pour revoir les barèmes de cotisations des Etats afin de s'assurer que le total des contributions des cinq plus grands pays du Continent ne soit pas supérieur à 40% du total du budget de l'organisation continentale. Le but de la mesure est de contenir l'influence des pays les plus riches et gros contributeurs.

Entamées en 2016, lors du 29e sommet de l'UA à Kigali, ces grandes questions autour de l'indépendance financière de l'Union n'ont pas connu leur épilogue en 2019. Au cours de cette 32e session ordinaire de l'Assemblée de l'Union africaine qui a vu Paul Kagamé céder la présidence à l'Egyptien Abdel Fatah Al-Sissi, les discussions se sont néanmoins poursuivies. Elles ont tourné encore autour de la question des barèmes ou celle d'imposer des pénalités aux pays qui ne règlent pas leurs cotisations dans les délais impartis.

Amélioration de l'autonomie financière

Des efforts ont été néanmoins consentis par les pays africains au cours de l'année 2018 pour améliorer les finances de l'organisme panafricain. A la tribune de l'assemblée de cette 32e Session, le président sortant Kagamé a fait remarquer qu'en ce qui concerne les efforts déployés pour un financement durable de l'Union - le Fonds pour la paix renouvelé s'élevait désormais à 89 millions de dollars et que 50 États membres y contribuaient. «Cela démontre la force de notre résolution et de nos capacités collectives», a-t-il commenté. Sur cette dynamique, le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat a souligné les progrès constants en matière d'autonomie financière et de responsabilisation au sein de l'Union. «La réforme est irréversible», a-t-il déclaré.

Un nouveau dynamisme insufflé sous la menace de sanctions. En novembre 2018, lors du 11e sommet extraordinaire, une quarantaine de pays restaient «défaillants ou partiellement défaillants» dans le versement de leur cotisation annuelle. Le constat a conduit à l'adoption de sanctions contre les «mauvais payeurs».

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Sur cette base, les Etats mauvais payeurs risquent des pénalités sous forme de taxes supplémentaires, voire une exclusion des plus récalcitrants aux sommets et activités de l'union africaine, déterminée à réduire sa dépendance aux bailleurs de fonds.

L'évolution des dépenses de l'Union africaine

UA

L'indépendance financière de l'Union est l'une des priorités de l'agenda 2063 de l'Union africaine, sachant que le budget de fonctionnement de l'union a été estimé à 800 millions de dollars en 2018, dont plus 75% issus de la donation de puissances étrangères. Une dépendance contre laquelle l'organisation veut pallier par l'autofinancement.

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