Législatives au Bénin : Sauf coup de théâtre, l'opposition exclue du scrutin du 28 avril

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Le même jour, Patrice Talon a reçu les présidents de l'Assemblée nationale, de la Cour constitutionnelle, de la Cour suprême, de la Haute cour de justice, de l'Autorité de l'Audiovisuel (HAAC), de la Commission électorale (Cena) et le Médiateur de la République.
Le même jour, Patrice Talon a reçu les présidents de l'Assemblée nationale, de la Cour constitutionnelle, de la Cour suprême, de la Haute cour de justice, de l'Autorité de l'Audiovisuel (HAAC), de la Commission électorale (Cena) et le Médiateur de la République. (Crédits : Présidence Bénin)
La mouvance présidentielle, seule en lice pour le scrutin du 28 avril prochain. C’est le scénario qui se dégage au Bénin après l’échec des pourparlers ouverts entre le pouvoir et l’opposition pour aménager une sortie de la crise politique. En dépit des promesses, la séance de la quatrième session extraordinaire à l’Assemblée s’est clôturée sans mesure. Et la rencontre entre les chefs des institutions et le chef de l’Etat semble entériner l’idée de législatives sans l’opposition. Cette dernière continue de croire à une solution de dernière minute.

Le temps presse et la date du 28 avril approche à grands pas. Trois petites semaines seulement séparent les Béninois de leur rendez-vous avec les urnes pour choisir les 83 députés qui vont siéger au Parlement monocaméral à Porto-Novo pour la prochaine législature. Pourtant, leurs options pourraient se limiter à un choix entre deux partis appartenant à la... mouvance présidentielle.

«Propositions rejetées!»

Le scénario se précise à mesure que les législatives approchent. Sans compromis sur la nouvelle loi électorale, l'opposition béninoise pourrait être privée de participation à ce premier scrutin du mandat de Patrice Talon. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé. La quatrième session extraordinaire du parlement, s'est terminée en queue de poisson. Malgré les consultations préliminaires menées avant la séance plénière par Adrien Houngbédji, le président de l'Assemblée nationale, aucune mesure concrète pour une sortie de crise n'a été validée.

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Mis en place pour soumettre à l'hémicycle des propositions de sortie de crise, le comité paritaire tablait sur un retoquage de la loi électorale afin d'accorder une dispense aux partis de l'opposition sur les dispositions du nouveau Code électoral et de la loi régissant l'organisation des partis politiques.

A la recherche de délai de grâce pour permettre la conformité des partis aux nouvelles règles, le mandat de l'actuel assemblée serait prorogé et la date des législatives sans doute reportée. «Propositions rejetées!», répondent les députés.

La suite s'est jouée dans les salons feutrés du Palais de la Marina. Le même jour, Patrice Talon a reçu les présidents de l'Assemblée nationale, de la Cour constitutionnelle, de la Cour suprême, de la Haute cour de justice, de l'Autorité de l'Audiovisuel (HAAC), de la Commission électorale (Cena) et le Médiateur de la République. En l'absence d'un consensus dont pouvoir comme opposition se rejettent la responsabilité, le communiqué publié après la rencontre semble entériner l'idée de législatives sans opposition.

Des marches d'opposition pour rythmer la campagne électorale

«Regrettant cette absence de consensus, les présidents des institutions appellent à la poursuite du processus électoral et à la tenue des élections à bonne date», indique le communiqué de cette task-force institutionnelle. «Toutefois, ils invitent l'ensemble des acteurs à poursuivre résolument le dialogue pour améliorer la qualité des textes en vigueur dans la perspective des échéances ultérieures», conclut le texte.

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Entre les lignes, la réunion semble pousser dans le sens du respect du calendrier électoral ultérieur. Le Conseil des ministres de ce 3 avril s'est engouffré dans la brèche pour valider cette proposition de continuer le processus électoral, celui-là même qui sera régi par les nouvelles règles à l'origine de la polémique.

Une posture qui n'a pas manqué de provoquer une levée de boucliers dans les rangs de l'opposition qui rappelle d'ores et déjà que la campagne électorale qui s'ouvre ce 12 avril pourrait être rythmée par des manifestations de protestations contre des élections non-inclusives. Des autorités coutumières aux institutions sous-régionales, les appels à un dialogue pour trouver une solution mutuellement acceptable, se multiplient. A Cotonou, on espère qu'il sera entendu pour dénouer le problème et épargner l'image d'une démocratie béninoise longtemps citée en exemple.

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