Signé mais secret, ce que l’on sait de l’Accord de paix en Centrafrique

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Ce mardi 6 février, après une cérémonie solennelle démarrée avec beaucoup de retard dû à des «raisons logistiques», le gouvernement de Faustin Archange Touadéra a signé avec les représentants des 14 groupes armés, un accord de paix pour la fin de la crise en Centrafrique.
Ce mardi 6 février, après une cérémonie solennelle démarrée avec beaucoup de retard dû à des «raisons logistiques», le gouvernement de Faustin Archange Touadéra a signé avec les représentants des 14 groupes armés, un accord de paix pour la fin de la crise en Centrafrique. (Crédits : DR)
La plus grande inconnue de l’heure reste la question des concessions faites par le Gouvernement de Faustin Archange Touadéra aux groupes armés. Une question sensible qui pourrait renseigner sur le contenu exact de l’accord de paix que les différentes parties ont signé ce mardi en fin d’après-midi lors d’une cérémonie solennelle à Bangui. Celui-ci ne devrait être rendu public que lors du Sommet de l’Union africaine(UA), prévue les 10 et 11 février à Addis-Abeba après que les dernières signatures soient apposées sur le document. Voici ce que l'on sait de l'Accord de Khartoum.

Le texte paraphé au Soudan un jour auparavant, puis signé ce mardi 6 février en fin d'après-midi, est tellement secret que le Groupe de travail de la société civile sur la crise centrafricaine (GTSC) s'est fendu d'un communiqué qui frise le coup de pression.

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Cette ONG locale demande dans un communiqué repris par l'AFP « au gouvernement de porter à la connaissance du peuple les clauses de l'accord de Khartoum afin que ce dernier soit rassuré de ce que ses préoccupations soient prises en compte». La menace qui s'en suit est à peine voilée. «A défaut, le GTSC appelle le peuple centrafricain à descendre massivement dans la rue pour exiger de l'élite dirigeante la publication de l'accord», poursuit le même texte.

Paraphe à Khartoum, cérémonie solennelle de signature à Bangui

Ce mardi 6 février en fin d'après-midi, après une cérémonie solennelle démarrée avec beaucoup de retard dû à des «raisons logistiques», le gouvernement de Faustin Archange Touadéra a signé avec les représentants des 14 groupes armés, un accord de paix pour la fin de la crise en Centrafrique.

Réunis à Khartoum depuis dix jours, les différentes parties ont fini par trouver un accord paraphé ce mardi 5 février, sous l'égide de l'Union africaine (UA) et l'Organisation des Nations Unies. Si depuis le paraphe du texte arraché au prix de longues négociations, les clauses étaient restées secrètes, l'on espérait qu'à sa signature solennelle, il serait rendu public. Il n'en rien. Du moins pour l'instant.

« Les négociations de Khartoum n'étaient pas secrètes. L'accord ne peut donc pas être secret. L'accord n'est pas encore rendu public pour des questions de formalités de principes, du fait qu'il reste quelques signatures qui seront apposées à Addis-Abeba pendant le sommet de l'Union africaine dans les prochains jours. Ensuite, l'accord sera diffusé dans les moindres détails y compris ses annexes», écrit dans un communiqué, Ange Maxime Kazagui, le ministre de la Communication de la Centrafrique.

Selon certaines informations, trois signatures manqueraient au bas du document signé ce mardi à l'Assemblée nationale à Bangui. Tous les moyens diplomatiques et logistiques sont déployés pour obtenir que les signatures soient apposés en marge du sommet de l'Union africaine (UA) prévu les 10 et 11 février 2019 à Addis-Abeba.

Une paix qui tient à des signatures manquantes

Dans les détails, l'on sait que l'accord consacre outre la «cessation de toute violence contre les civils», l'entrée des membres de groupes armés dans un gouvernement d'union nationale à recomposer. Les nouveaux entrants pourront également prétendre à des postes tels que la Primature (une des revendications des groupes) et les autres institutions. Cela signifie-t-il que les responsables ou suspects d'exactions vont passer entre les mailles du filet judiciaire?

«Il n'y a aucun élément de compromission, ni anticonstitutionnel dans cet accord», assure encore le communiqué du gouvernement. Sur le plan judiciaire, une commission provisoire inclusive devrait préparer la mise en place d'une Commission Vérité et réconciliation. Cette dernière traitera «au cas par cas», les plaintes des victimes concernant certains acteurs. Les auteurs ou suspects de «crimes graves» devront quant à eux, répondre devant la justice internationale, sous-entendu la Cour pénale internationale (CPI).

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Désormais, ce huitième accord de paix, qui devrait permettre de pacifier une région en proie à une crise politique depuis 2013, ne tient plus qu'à quelques signatures près de l'objectif. A Bangui, les populations s'impatientent de connaître le contenu de l'accord. Dans la sous-région et chez les parrains des négociations, on retient son souffle dans l'attente des signatures manquantes pour une paix qui ne tient qu'à un fil

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