Ethiopie : Ahmed Abiy, un premier ministre pour calmer la crise

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(Crédits : DR)
Un geste d’ouverture en direction du peuple Oromo. Au terme d’un congrès électif ce mardi 27 mars, le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF) a désigné Ahmed Abiy comme nouveau chef de la majorité parlementaire. A 41 ans, ce dirigeant issu du peuple Oromo, devrait logiquement devenir le successeur de Hailemariam Desalegn, Premier ministre démissionnaire depuis la mi-février. De quoi calmer la fièvre contestataire antigouvernementale en Oromia.

Le temps des Oromo est venu ! Majoritaire en Ethiopie, cette ethnie dénonçait par une contestation entamée depuis 2015, la prédominance des Tigréens et leur emprise sur la vie publique. Un geste d'ouverture en leur direction vient peut-être de leur être destiné par la coalition au pouvoir.

Ahmed Abiy, culture croisée pour un futur Premier ministre

Ahmed Abiy est bien parti pour devenir le prochain Premier ministre du pays. Pour son entrée presque déjà actée au Palais Ménélik, il doit encore obtenir la confiance d'un parlement largement dominé par le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF), la coalition au pouvoir. Une simple formalité pour cette formation politique assurée d'une confortable majorité de 346 députés sur les 547 de l'hémicycle.

A 41 ans, ce député au parlement et membre du conseil exécutif de l'EPRDF a été porté, quelques semaines seulement avant sa nouvelle nomination, à la tête de l'Organisation démocratique du Peuple oromo (OPDO), un des partis alliés dans la coalition gouvernementale. Un tremplin pour ce leader oromo dont la personnalité fait l'unanimité du fait de sa culture croisée.

De père musulman et de mère (issue de l'ethnie Amahara) chrétienne orthodoxe, Ahmed Abiy est chrétien protestant et polyglotte maîtrisant avec l'anglais, les langues dominantes des ethnies d'Ethiopie. Ingénieur en informatique et cryptologie formé au Kenya puis en Afrique du Sud et à Londres, Ahmed Abiy a intégré dans sa jeunesse, l'armée de résistance au Derg, la junte qui renversa en 1977 l'Empereur Haile Sélassié. Mais sa carrière militaire n'a pas fait ombrage à sa carrière politique

Le temps des Oromo est venu !

Militant de la première heure de l'OPDO, le parti des Oromo dont il était devenu député de l'Oromia, le futur premier ministre a d'abord servi en tant que ministre des Sciences et Technologies (2016-2017) après avoir été directeur du Centre fédéral de l'Information.

Avec sa nomination comme chef de la coalition gouvernementale et bientôt Premier ministre, le quadragénaire est la personnalité la plus en vue pour calmer la crise de défiance vis-à-vis du gouvernement qui prend sa source dans la région Oromo depuis 2015. Une crise qui avait conduit à la démission le 15 février dernier de Hailemariam Desalegn, qui avait échoué à résorber la contestation dans la région de cette ethnie majoritaire après la violente répression de l'état d'urgence.

Un soulagement donc pour les Oromo qui voient pour la première fois une personnalité issue de leur clan accéder à ce niveau de représentativité au sein de l'Etat. Pour autant, le temps presse. Les premiers pas d'Ahmed Abiy seront passés à la loupe pour espérer détecter le changement dans la gestion de la cohésion nationale.

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